Plusieurs chefs d’Etat et des gouvernements, mais également des responsables militaires participent depuis ce lundi 5 décembre 2016 à la troisième édition du forum international de Dakar sur la paix et la sécurité. Comparativement aux deux éditions précédentes, les parties prenantes se penchent beaucoup plus cette fois ci sur la lutte contre le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme. C’est autour du thème  «L’Afrique face à ses défis sécuritaires : regards croisés pour des solutions efficientes» que des responsables politiques, sécuritaires, militaires, experts, chercheurs et membres de la société civile  discuteront pendant deux jours pour s’accorder sur des propositions de solutions.

Ce lundi 5 décembre, date du lancement de ce grand rendez-vous international sur la sécurité en Afrique, a été marqué par certaines déclarations telle que celle du président hôte Macky Sall qui appelle tout le monde à participer à la lutte contre la radicalisation. «C’est une affaire de tous : chefs coutumiers familles ou parents…» Le chef de l’Etat sénégalais a également insisté sur l’importance de l’éducation, de la formation sur tous les plans et de l’emploi, mais surtout sur l’importance de dissocier l’islam a l’extrémisme. Le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, de son côté, s’est appesanti sur la nécessité de la sensibilisation. «Les armes peuvent détruire le matériel ou les structures d’un mouvement terroriste mais l’idéologie est plus difficile à combattre», a déclaré ce représentant de la France à ces échanges. Federica Mogherini la haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la sécurité a pour sa part salué le souci du changement de la jeunesse africaine, rappelant le lien entre la sécurité et le développement.

Le président sénégalais Macky Sall lors de la cérémonie d'ouverture du forum.

Le président sénégalais Macky Sall lors de la cérémonie d’ouverture du forum.

Pour Mankeur Ndiaye, ministre sénégalais des Affaires étrangères, le thème vaut son pesant d’or. «Le Forum de cette année permettra d’approfondir le dialogue stratégique entre les parties prenantes africaines et les partenaires internationaux, d’animer des réflexions et des visions partagées sur les menaces, en plus de décider des réponses les plus appropriées pour faire face aux défis du monde, anticiper sur les crises et les tensions», a-t-il déclaré dans son discours à l’occasion de la cérémonie d’ouverture de ces assises. Selon le patron de la diplomatie sénégalaise, il sera ici question d’approfondir le diagnostic, de partager des expériences de prévention et de lutte contre le terrorisme, la radicalisation et l’extrémisme violent et, surtout, de proposer des réponses efficaces impliquant tous les acteurs, notamment les collectivités locales, les populations, en particulier les jeunes et les femmes, les médias et le secteur privé.

En tant que branche scientifique du forum et son organisateur de cette année, le Centre des hautes études de défense et de sécurité (CHEDS) avait déjà mis en place il y a quelques mois un groupe de travail. Celui-ci a dégagé des axes de réflexion que sont la gouvernance, la conflictualité, la coopération et l’information. Son responsable, le général Paul Ndiaye lors du lancement officiel du forum en juillet dernier se disait très convaincu que seule la solidarité entre les Etats peut les aider à faire face à ces nombreux défis sécuritaires, d’où l’importance de discuter.

«Dans un contexte régional marqué par la lutte contre le radicalisme, l’extrémisme violent, la criminalité transfrontalière, les impacts négatifs sur les changements climatiques, les difficultés de contrôle des flux migratoires (….), le principal défi pour les pays africains reste la création de synergies par les Etats, le renforcement de la solidarité dans la construction d’une communauté collective», expliquait le général Ndiaye a l’agence de presse chinoise Xhinua. Il a expliqué que le caractère informel de ce grand rendez-vous diplomatique sur l’Afrique favorisera «le dynamisme des débats, l’identification et la sélection des luttes à envisager et la continuité à préserver sur le difficile chemin du développement».