L’appel à la marche a enregistré un grand engouement sous l’initiative des communautés catholiques et protestantes du pays. Au moins 2.000 personnes ont envahi les artères de la capitale économique Blantyre et environ 1.000 autres dans la capitale politique Lilongwe. Sur les banderoles que brandissait on pouvait lire «l’avortement est un crime» ou «l’homosexualité est une abomination».

A travers ces manifestations, les organisateurs ont voulu protester contre un projet de loi déposé par le gouvernement et qui prévoit l’autorisation de l’avortement, jusque-là illégal, dans l’hypothèse où la grossesse est provoquée par un viol ou lorsque l’enfant à naître met en danger la santé de la mère.

Le gouvernement malawite a en effet annoncé, depuis plus d’un mois maintenant, la tenue de «consultations publiques» auprès de la population en vue de modifier la loi qui réprime les relations homosexuelles. Cette loi, mise en place depuis le régime colonial, a vivement été critiquée par les organisations de défense de droits humains et plus particulièrement des homosexuels.

Pour le prêtre catholique Francis Tambala, l’un des initiateurs de la manifestation, voter une telle loi c’est faire l’apologie de la mort. «Nous nous opposons à la culture de la mort et à cette menace faite à la vie humaine», a-t-il lancé mardi à une chaine de radio locale à Blantyre.

Contre l’homosexualité aussi

L’assouplissement de la loi sur les unions de personnes de même sexe, voilà un autre grand souci. Le gouvernement malawite a en effet annoncé, depuis plus d’un mois maintenant, la tenue de «consultations publiques» auprès de la population en vue de modifier la loi qui réprime les relations homosexuelles. Cette loi, mise en place depuis le régime colonial, a vivement été critiquée par les organisations de défense de droits humains et plus particulièrement des homosexuels.

«L’avortement et l’homosexualité sont néfastes et scandaleux», clame Francis Tambala. Les allégations de ce prêtre catholique, tout comme les manifestations de ce mardi en général dans les deux grandes villes du Malawi, ne sont pas cependant vues de manière positive par tout le monde. C’est l’exemple de  Gift Trapence, un défenseur de la cause gay, qui estime que c’est un débat qui ne tient pas. Il dénonce notamment l’influence que l‘église veut étendre sur ces questions et appelle plutôt à se concentrer sur les «vrais problèmes», notamment «les pannes d‘électricité, l‘économie en crise et la corruption». «Les églises ne peuvent pas imposer leurs vues à toute la société», a-t-il martelé, interrogé par l’AFP (Agence France Presse).