Les faits se sont produits dans un marché de Madagali.  Selon des témoignages, les deux kamikazes se sont rendus dans la journée de vendredi dans ce marché très fréquenté avant de se faire exploser. «Les deux kamikazes se sont fait passer pour des clientes lorsqu’elles ont déclenché leurs ceintures explosives, l’une dans la section du marché où l’on vend de la nourriture, l’autre près des stands de vêtements», a relaté Yusuf Muhammad, représentant de la municipalité de Madagali. Il a également fait état d’un nombre élevé de blessés. «Il y avait des cadavres et des personnes blessées partout, dans un bain de sang», témoigne un vendeur du marché interrogé par un media local.

L’information a été tout d’abord rapportée par les médias locaux, avant d’être confirmée par l’armée nigériane. Pour le moment les forces de défense nigérianes  se sont déjà mises a  quadriller le secteur pour éviter qu’une nouvelle attaque soit perpétrée, a rassuré  le porte-parole de l’armée, Badare Akintoye.

Des services de sécurité nigérians enquêtant sur le lieu de l'attentat.

Des services de sécurité nigérians enquêtant sur le lieu de l’attentat.

Boko Haram est pointé du doigt

Quoi que ce double attentat suicide n’a pas été revendiqué jusqu’à l’heure qu’il est, le procédé utilisé n’est pas loin d’être celui du groupe armé nigérian Boko Haram, qui sème la terreur dans la région du lac Tchad depuis 2009. Madagali – qui se trouve à l’entrée de la forêt de Sambisa, actuel fief de l’une des factions de Boko Haram – a souvent été la cible de ce groupe djihadiste. En décembre 2015, la ville  avait également été le théâtre d’un attentat-suicide revendiqué par la secte islamiste Boko Haram et qui avait coûté la vie à une trentaine de  personnes. Cela était survenu juste quelques mois seulement après que l’armée nigériane venait de reprendre la ville aux terroristes de Boko Haram en août 2014.

En effet, ces événements de Madagali viennent constituer un nouveau coup dur pour le président nigérian Muhammadu Buhari, qui a déclaré mercredi, lors du Sommet pour la sécurité de Dakar, que la «situation est sous contrôle»«[L’armée] est désormais entrée dans la forêt de Sambisa et en ce qui concerne la présence de Boko Haram dans la région du Lac Tchad, je pense qu’ils sont “finis”», avait-il alors déclaré avec fierté.

Boko Haram, secte salafiste extrémiste transformée en mouvement djihadiste à la mort de son fondateur Mohammed Yusuf a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés dans le nord-est du Nigeria depuis 2009. Les terroristes ont très souvent pris pour cibles les villes du nord nigérian et camerounais avec à la clé d‘énormes conséquences sur des populations ainsi que des morts.