Feyisa Lilesa, l’athlète éthiopien de la résistance

Feyisa Lilesa à la fin de sa course à Rio le 21 août 2016.

Feyisa Lilesa à la fin de sa course à Rio le 21 août 2016.

Le champion olympique a été choisi «pour avoir brisé les règles du jeu ». Ce coureur du marathon né en 1990 a gagné la médaille de bronze en 2011 et la médaille d’argent aux jeux olympiques de Rio en 2016. Mais c’est un geste politique qui l’a fait remarquer du grand public. Le 21 août 2016, le jour des finales des jeux olympiques de Rio, alors qu’il traverse la ligne finale du marathon, il lève les mains en forme de X, un signe qui symbolise la résistance  du peuple Oromo d’Ethiopie, qui subit de violentes répressions du gouvernement. C’est pour attirer l’attention du monde sur les violations massives des droits de l’homme en Ethiopie qu’il a décidé de faire ce geste politique normalement interdit sur les terrains sportifs. Et ça a marché. Depuis, les medias et les associations internationales de lutte pour les droits de l’homme ne cessent de rapporter le martyre des peuples Oromo et Amhara qui résistent contre le projet de les expulser de leurs terres. Au même mois d’août 2016, l’organisation Human Rights Watch rapportait que les forces de sécurité de l’Ethiopie avaient tué plus de 500 manifestants pacifiques depuis novembre 2015. «Etre athlète m’a permis d’être la voix de mon peuple», a-t-il dit au journal britannique The Guardian.

Depuis son geste héroïque, Feyisa Lilesa n’est pas retourné dans son pays de peur de subir la répression. Il a été accueilli aux Etats-Unis où il continue à s’entrainer.

Evan Mawarire, le pasteur zimbabween qui ose défier Robert Mugabe

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Le pasteur Mawarire ne se contente pas d’enseigner la Bible. Le 19 avril 2016, il poste une vidéo devenue très populaire où il critique le pouvoir, habillé du drapeau zimbabwéen, avec le hashtag #ThisFlag. En mai, le pasteur appelle les Zimbabwéens sur les réseaux sociaux à s’habiller des drapeaux et dire tout le mal qu’ils pensent du gouvernement. #ThisFlag est depuis devenu un grand mouvement d’opposition qui organise une grande manifestation en juin pour dénoncer les conditions économiques pitoyables dans lesquels vivent les zimbabwéens. En représailles, le gouvernement arrête plusieurs personnes. Mawarire est devenu le symbole de la résistance contre un pouvoir sénile qui réprime tout désir du changement.

Le président Robert Mugabe au pouvoir depuis 1980, a menacé que les Mawalires auront des ennuis s’ils continuent de braver le pouvoir. «Nous savons comment traiter nos ennemis qui veulent changer de régime», a martelé le vieux président.

Le journal sud-africain Daily Maverick vient d’appeler Evan Mawarire «l’Africain de l’année 2016».

Basma Abdel Aziz : dénoncer la dictature par la littérature

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Cinq ans après le printemps arabe qui a secoué la Tunisie, l’Egypte et d’autres pays du Maghreb et  du Moyen Orient, l’écrivaine et psychanalyste égyptienne Basma Abdel Aziz a choisi la fiction pour dénoncer l’arbitraire dans son roman The Queue. L’histoire : un contrôle  intransigeant est établi après les «Evénements honteux» dans un pays non spécifié du Moyen Orient. Les gens doivent faire la queue derrière La Porte (The Gate) pour chercher la permission, même pour faire les choses les plus élémentaires, mais cette porte ne s’ouvre pas et la queue devient trop longue. «La fiction m’a donné un grand espace pour dire ce que je voulais dire sur le pouvoir totalitaire», dit-elle au New York Times. The Queue a été comparée à 1984 de George Orwell et Le Procès de Franz Kafka.

Ce n’est pas seulement dans la fiction que Basma Abdel Aziz exprime son désamour de la tyrannie. «Quand son université était contrôlée par les Frères Musulmans, elle était parmi les rares femmes à refuser de porter un hijab», écrit Foreign Policy. Son combat acharné contre toute forme d’injustice lui a valu le surnom de «La rebelle».

Mohamed Ben Attia : Hedi, un vent de liberté 

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Alors que Basma Abdel Aziz a choisi la littérature pour aborder les vicissitudes du Printemps arabe, c’est à travers le film Hedi que le réalisateur Mohamed Ben Attia montre les conséquences de cet événement dans la vie de tous les jours des Tunisiens qui cherchent plus de liberté. Hedi est «la brillante étude de caractère d’un «monsieur-tout-le-monde» qui rêve d’une autre vie que la sienne, une métaphore, aussi, d’une Tunisie sur laquelle a soufflé un vent de liberté, mais qui reste entravée par ses chaînes sociales et économiques», résume Paris Match. On dira qu’une révolution ne vient jamais seule.

Tegla Loroupe: l’espoir des réfugiés

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Les réfugiés sont souvent perçus comme des misérables, dangereux, transmetteurs de maladies, exportateurs de terrorisme et que sais-je encore. L’ancienne athlète kenyane Tegla Loroupe, ambassadrice de l’ONU pour le sport, a préféré montrer que les refugiés sont des gens normaux qui ont des talents comme tout le monde, en entrainant une équipe de 10 refugiés pour les Jeux Olympiques de Rio de cette année. C’était la seule équipe en effet qui ne portait pas un drapeau national. L’idée ? Attirer l’attention du monde sur la crise des refugiés. «Les gens traitent ces refugiés comme des criminels. Nous devons les traiter avec respect», a dit Tegla Loroupe. Son objectif est de promouvoir la paix à travers le sport, mais aussi et surtout de venir en aide aux victimes des guerres en Afrique. C’est pour cela qu’elle a créé Tegla Loloupe Peace Foundation.

Tegla milite contre l’excision, et a créé une école où elle encadre et nourrit plus de 400 enfants vulnérables, dont des orphelins du Sida.

Jean-Marie Ntahimpera