Fredros Okumu, des sandales contre Zika

Docteur Fredros Okumu, un des grands spécialistes des maladies tropicales, étudie les moustiques et les maladies qu’elles causent depuis 2008. Il dirige le centre de recherche Ifakara Health Institute en Tanzanie. En 2016, quand le virus Zika a frappé 73 pays majoritairement de l’Amérique latine et des Caraïbes, Fredros et son équipe ont été associés aux recherches pour endiguer le moustique Aedes aegypti qui cause cette maladie. Comme il n’y a pas encore de vaccin pour la maladie, l’équipe de Fredros a créé des sandales à bas prix servant de répulsifs, qui fournissent une protection contre zika, le paludisme et les autres maladies causées par les moustiques. En novembre 2016, l’Organisation mondiale de la Sante a déclaré que Zika «n’est plus une urgence mondiale».

Jehiel Oliver, le tracteur intelligent

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La majorité des agriculteurs en Afrique continuent à utiliser des méthodes rudimentaires. C’est pourquoi beaucoup de pays ne parviennent pas à produire suffisamment pour nourrir leur peuple. L’entrepreneur nigérian Jehiel Oliver a créé un tracteur intelligent pour parer à ce problème. «Le tracteur intelligent est un tracteur à deux roues, doté d’une antenne GPS qui permet de suivre son utilisation, et d’un système de télématique qui permet de collecter et de transférer les données dans les zones sans accès internet comme les zones rurales», a expliqué Jehiel à Ecce Africa.

L’objectif de Jehiel est de permettre à chaque paysan d’utiliser le tracteur pour maximiser la production. La machine coûte 4.000 dollars, mais chacun peut la louer pour pas cher chez Hello Tractor, l’entreprise que Jehiel a créée, en envoyant un SMS à l’entreprise. Comme quoi, même en Afrique, la technologie et l’agriculture peuvent faire bon ménage.

Dada Masilo : conjuguer le ballet et la musique africaine

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Le ballet a toujours été considéré comme une danse des Blancs. Mais la danseuse sud-africaine Dada Masilo l’a fait sien, avec un effort de le conjuguer avec la musique africaine. Mais la native de Soweto tient aussi à bouleverser les tabous, en jouant des scènes aux significations parfois sexuelles et non conventionnelles: «Je veux ouvrir des conversations sur des questions comme l’homophobie et la violence domestique, parce que ce sont des réalités à la maison», dit-elle au New York Times.

A 25 ans, Dada Masilo est devenue une star internationale et ses performances sont appréciées partout dans le monde.

Yolande Hyjazi enseigne la contraception aux femmes dans les salons de coiffure de Conakry

Dans un salon de coiffure de Conackry, la sensibilisation en oeuvre.

Dans un salon de coiffure de Conackry, la sensibilisation en oeuvre.

La Guinée est l’un des pays où on utilise peu les méthodes contraceptives modernes : seulement 7,5% des gens vivant en couple ou mariés y recourent. S’en suivent alors beaucoup de grossesses non désirées. Yolande Hyjazi, directrice pays de Jhpiego, une organisation qui s’occupe de santé reproductive, a eu l’idée d’enseigner les méthodes contraceptives dans les salons de coiffure. Les femmes y passent au moins 3 heures à faire des tresses, une bonne occasion pour aborder les sujets délicats. Le magazine The Guardian raconte comment Kamara, l’une des collaboratrices de Jhpiego, procède avec ses clients :

«Au début, c’est le bavardage habituel de salon. Quelle pluie, hein? D’où êtes-vous? Que fais-tu ce week-end?  … Bientôt les questions de Kamara deviennent plus personnelles. Bah a-t-elle un mari? Un petit ami? Ensuite, la question essentielle. Sait-elle qu’il existe des moyens d’éviter de tomber enceinte? Avec chaque manucure, pédicure et coiffure au salon Miskaa, les clients reçoivent un traitement gratuit: une quantité énorme de conseils contraceptifs».

Le programme a été exécuté dans cinq salons à Conakry, la capitale, depuis 2012 et se développe dans les sept principales villes de la Guinée cette année.

Moka Lantum ou comment lutter contre la mortalité infantile au Kenya

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Les premières 48 heures sont cruciales pour la santé d’un nouveau-né, mais moins d’une femme sur quatre et leurs bébés ont accès aux soins de santé pendant cette période au Kenya. Moka Lantum, patron de 2020 MicroClinic Initiative a remarqué que l’une des raisons pour lesquelles beaucoup de femmes rurales ne viennent pas accoucher à l’hôpital est qu’elles n’ont pas d’habits convenables pour les enfants.  Pour pallier à ce problème, il a créé avec ses partenaires Operation Karibu, un programme qui donne aux femmes qui accouchent dans les centres de santé des habits gratuits pour enfants. Le programme fournit aussi un transport d’urgence financé par un système de micro-assurance. Les mères sont aussi suivies par le personnel de santé pendant les 30 premiers jours après l’accouchement. Résultat : une mortalité infantile nulle. Generation Karibu compte alors s’implanter dans 6 nouvelles localités les plus pauvres du Kenya.

Jean-Marie Ntahimpera