A trente-trois ans, Yaya Touré vient de raccrocher les crampons. Mettant ainsi un terme à sa carrière internationale, alors qu’il évolue sous la tunique de Manchester City, en Angleterre. Sur son site internet, le footballeur aux 113 sélections explique sa décision. Une longue lettre de deux pages dont la rédaction fut, à en croire Yaya Touré, «le match le plus difficile de (s)a vie». «Après 14 ans au plus haut niveau, je suis sûr que c’est le bon moment pour moi ! L’âge (puisque j’ai 33 ans aujourd’hui), le rythme très dense des entraînements, la multitude des matchs…ne sont pas les raisons pour lesquelles je prends cette décision», explique l’athlète. Qui ajoute que le football lui a donné «tant de choses» et qu’il ne se sent plus capable de se fixer de nouveaux objectifs, «en tant que joueur avec les Eléphants de Côte d’Ivoire». «(…) Cette décision que je prends est venue petit à petit, elle a lentement mûri dans ma tête. J’ai surtout considéré qu’il fallait laisser terminer les matches des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) prochaine. Il était également important pour moi que je ne perturbe pas la dynamique de la sélection nationale», exprime-t-il. Malgré sa situation délicate en ce moment avec son club de Manchester City, où son entraîneur, Pep Guardiola, le fait très peu jouer, Yaya Touré se dit prêt à «apporter beaucoup de choses aux footballeurs, aux jeunes de (s)on pays, du continent africain et du monde entier».

Yaya Gnégnéri Touré est né le 13 mai 1983 à Bouaké et grandi à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Formé à l’Académie Mimosifcom d’Abidjan dont il est de la troisième promotion, le cadet de Kolo Touré quitte les bords de la lagune Ebrié à l’âge de 18 ans.

Parcours

Tout a commencé il y a 20 ans très exactement ! C’est en 1996 que l’aventure débute, à l’Académie de Sol Béni, fondée par le Français Jean-Marc Guillou. Natif du quartier de Sokoura, à Bouaké, dans le centre de la Côte d’Ivoire, le jeune prodige Yaya Gnégnéri Touré y trace les sillons de sa carrière de footballeur professionnel. Au fil du temps et à force de travail, il a su s’imposer comme le véritable patron dans l’entrejeu de la sélection ivoirienne et de Manchester City. Il n’a que huit ans lorsque que la Côte d’Ivoire remporte sa première Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 1992. Le gamin d’alors est marqué par les performances des poulains du coach Yeo Martial avec pour lieutenants des figures comme Abdoulaye Traoré, Diaby Sekana, Serge Alain Maguy, Saint Joseph Gadji Céli ou Alain Gouaméné.

Yaya Touré sur le gazon avec la tunique des Eléphants qu'il ne portera plus.

Le puissant milieu de terrain central qu’il est devenu entre-temps, soulève, en 2015 la Coupe d’Afrique des Nations, remportée pour la seconde fois par les Eléphants face au Black Stars du Ghana. En Côte d’Ivoire, l’on se rappelle avec émotion que les Eléphants avaient lourdement chuté à la dernière marche de cette prestigieuse compétition africaine en 2006 et en 2012. «A partir de 2006, les gens disaient toujours que la Côte d’Ivoire était la meilleure équipe, mais nous n’arrivions pas à le prouver», a confié le footballeur. Qui ajoute : «2015 a été extraordinaire parce que je l’ai partagé avec mon frère (Kolo Touré), et soulever le trophée en tant que capitaine était incroyable». Son énergie habituelle lui a permis de guider son équipe et de montrer l’exemple comme avec cette puissante volée inscrite lors de la victoire en demi-finale contre la République démocratique du Congo.

Yaya Gnégnéri Touré est né le 13 mai 1983 à Bouaké et grandi à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. Formé à l’Académie Mimosifcom d’Abidjan dont il est de la troisième promotion, le cadet de Kolo Touré quitte les bords de la lagune Ebrié à l’âge de 18 ans. Direction : le club de Beveren en Belgique. Son aventure le mènera par la suite au Metalurg Donetsk en Ukraine, à l’Olympiakos en Grèce et à l’AS Monaco, en France. En 2007, Touré signe à Barcelone, en Espagne. Il y joue plus de 100 matchs et fait partie de l’équipe historique qui a remporté six trophées en 2009. Il y réalisera trois saisons fructueuses sanctionnées par un sextuplé inédit dans l’histoire du football : Ligue des champions, Championnat d’Espagne, Coupe du Roi, Super Coupe d’Europe, Super Coupe d’Espagne et Coupe du Monde des Clubs.

Récupérateur de formation, il est désormais un patron incontestable du milieu de terrain dans son club de Manchester City, où il atterrit ensuite. Là, il marque un nombre important de buts décisifs, notamment le seul but de la finale de FA Cup 2011. Largement considéré comme l’un des meilleurs milieux de terrain de sa génération, il a de nouveau montré sa valeur incommensurable à la fois en club et en sélection en 2015.

Hors du terrain

Ce qu’il faut savoir, c’est que celui que ses fans appellent affectueusement «Ordinateur», adore les choses simples. L’homme au caractère trempé est parfois incompris. Yaya Touré n’est pas particulièrement attiré par les gadgets électroniques.  Le meilleur joueur africain 2011, 2012, 2013 et 2014 a par contre la main sur le cœur. Il fait régulièrement don d’équipements de football à des enfants d’Afrique de l’Ouest. Et se pose ainsi comme un véritable serviteur au service du continent noir. Pour preuve, il est aussi engagé contre le racisme. Musulman pratiquant, Yaya Touré vit à fond ses convictions religieuses. Pour la petite anecdote, l’ex-capitaine des Eléphants une fois après un match de championnat face à Newcastle United, refuse le verre de champagne traditionnel offert à l’homme du match à l’issue de la rencontre. Il est en parfait accord avec ses convictions religieuses.

Pour remplir son armoire à trophées, l’ancien académicien a évolué pour plusieurs clubs dans six pays différents. Les performances du frère cadet de Kolo Touré ont attiré l’attention de l’Europe.

C’est après cet épisode que les dirigeants de la Premier League introduisent un verre d’eau de rose et une boisson à la grenade comme alternative pour les joueurs musulmans. Cadet de Kolo Touré et grand frère d’Ibrahim Touré – décédé le 19 juin 2014 après un court combat contre un cancer – le longiligne milieu de terrain a gardé intact son sens de la famille et a également quatre autres frères et deux sœurs. En octobre 2013, il  rejoint une campagne de lutte contre le braconnage d’éléphants, devenant un ambassadeur de bonne volonté pour le programme environnemental de l’Organisation des Nations Unies. Yaya quitte certes le Parc à Eléphant mais reste attaché au maillot Orange qui lui a permis de vivre des moments inoubliables.

Il croule sous le poids des trophées

A Bouaké où il est né le 13 mai 1983, Yaya Touré ne s’est jamais imaginé un seul instant qu’il pouvait être le joueur Ivoirien le plus titré. Eh bien, c’est le cas. Celui qui a rêvé d’être attaquant depuis sa tendre enfance n’a rien à envier à ces nombreux avant-centres dont on dit énormément de bien. Le poste de milieu de terrain lui a bien réussi. Son élogieux palmarès l’atteste. Pour remplir son armoire à trophées, l’ancien académicien a évolué pour plusieurs clubs dans six pays différents. Les performances du frère cadet de Kolo Touré ont attiré l’attention de l’Europe. Yaya Touré a joué à Beveren en Belgique (2001-2004), au Metalurg Donetsk en Ukraine (2004-2005) à l’Olympiakos en Grèce (2005-2006) et à l’AS Monaco en France (2006-2007).

En 2007, l’ex-capitaine des Eléphants rejoint le FC Barcelone où il connaîtra ses années de gloires. L’Ivoirien est au sommet de son art avec le fameux sextuplé inédit sur l’ensemble de l’année 2009. Yaya Touré a étoffé son palmarès et remplit son armoire à trophées avec la Ligue des Champions, le championnat d’Espagne, la Coupe d’Espagne, la Coupe du monde des clubs, la super Coupe de l’UEFA et la Liga en 2010. Mais son aventure européenne ne s’arrête pas en Espagne. Elle s’étend en Angleterre où l’Ivoirien devient l’une des pièces maîtresses de Manchester City. Yaya arbore le numéro 42 avec fierté et remporte 6 titres avec le club anglais (2 championnats, 2 Coupes de la Ligue, 1 Charity Chield, 1 Coupe d’Angleterre).

Avec les Eléphants, «42» a soulevé le trophée continental en 2015 et réussi à effacer deux douloureuses finales (2006, 2012). Il aussi participé à 3 coupes du Monde (2006, 2010, 2014). Les distinctions individuelles il en collectionne aussi. Triple ballon d’Or africain (2011, 2012, 2013, 2014), le natif de Bouaké a été aussi désigné par deux fois footballeur africain de l’année de BBC (2013, 2015). Yaya croule sous le poids des trophées. Un capitaine courage aux nombreuses étoiles scintillantes.