Roseline Alda Capo Chichi est une véritable Self-made-woman. La trentaine, elle s’impose aujourd’hui comme une femme en pleine réussite dont les ambitions s’enflent au gré des années. Avec des moyens de bord, seule, il y a seulement quelques années, elle est aujourd’hui à la tête d’une unité de fabrication d’engrais organiques employant une dizaine d’employés, tout en assurant aussi la production d’ananas biologiques, de papayes et de quelques autres fruits et produits agricoles sur une superficie de 2,5 hectares. Son espace de travail est située dans la commune d’Allada, localité périurbaine située à 50 kilomètres environ de Cotonou, la capitale économique du Bénin. Sur son site, la jeune promotrice produit du Compost, un engrais organique, qu’elle rend accessible et disponible aux producteurs de toute la région et des communes voisines.

Depuis mars 2006, Roseline Alda Capo Chichi est passée de la précarité à une autre phase d’entreprenariat. Aujourd’hui, elle forme aussi bien des femmes que des hommes à la fabrication du Compost.

Son apport a permis aux producteurs de la région de tourner la page de l’utilisation des engrais chimiques pour ne s’en tenir qu’au compost. Conséquence, en plus de préserver leurs terres, ils y gagnent en coût, en rendement et limitent l’effet des produits chimiques sur leur santé et sur l’environnement. Mieux, ils épargnent une masse importante du fait de l’absence des délais contraignants de commande et d’attente de livraison. Roseline Capo Chichi a aussi changé son train de vie depuis lors. Mais son activité a connu son essor grâce à une subvention du Projet d’Appui à la Diversification Agricole (PADA), l’une des deux composantes du Programme cadre d’appui à la diversification agricole (PROCAD) financé par la Banque mondiale. Plus de dix millions de francs CFA ont été apportés à son entreprise contre un apport personnel de 4,5 millions de francs CFA. Depuis mars 2006, elle est passée de la précarité à une autre phase d’entreprenariat. Aujourd’hui, elle forme aussi bien des femmes que des hommes à la fabrication du Compost.

Eugénie Faïzoun, une femme en pleine réussite

Pour rejoindre la ferme piscicole de dame Eugénie Faïzoun dans la localité de Zinvié-Zounmê (Abomey-Calavi), il faut parcourir environ 45 minutes de route en voiture sur une voie assez dégradée. C’est sur cet espace de quatre hectares qu’elle se bâtit depuis des années et passe comme un exemple de réussite. La cinquante révolue, elle totalise plus d’une vingtaine d’années d’expérience, 21 précisément, dans le domaine de la pisciculture et s’affiche comme une personne ressource dont l’expertise est très sollicitée. Partie sur un léger investissement, «sans formation ni grands moyens», elle est devenue, au bout de quelques années, une piscicultrice épanouie.

Eugénie Faizoun. Photo  Gratien Capo.
Eugénie Faizoun. Photo Gratien Capo.

Cette activité, elle dit l’avoir démarrée avec de nombreuses difficultés et une incapacité à faire face à la forte demande sur le terrain. Il lui a donc fallu une subvention financière d’environ quinze millions pour l’installation de son unité de production d’alevins de Tilapia monosexe mâle, et de Clarias lazera. Actuellement, elle met en exploitation un site de quatre hectares avec 21 étangs couvrant une superficie de 5230m², 16 bassins, 5 bacs hors sol, un lac artificiel en cours de création, un forage, une écloserie, une provenderie et un château d’eau.

Elles réussissent et épatent !

D’une capacité initiale de 20.000 à 25.000 alevins, elle dit être passée aujourd’hui à 125.000 alevins de Tilapia et 75 alevins de clarias. Elle reçoit de nombreuses sollicitations en raison de la qualité des alevins produits sur son site. Ce qu’elle justifie par la qualité de l’aliment qu’elle produit. Si, il y a quelques années, comme nombre de pisciculteurs, elle se voyait dans l’obligation d’importer l’aliment qui lui revenait à environ 800F le kilogramme, aujourd’hui, Eugénie Faïzoun produit elle-même un aliment de meilleure qualité qu’elle revend à 300F le kilogramme. Bien nourris et très bien entretenus, certains des poissons élevés sur son site pèsent 500g et constituent une autre source de revenus pour Eugénie Faïzoun. C’est avec sourire qu’elle énumère quelques-unes des réalisations faites pour son bien-être personnel et pour sa postérité, grâce à cette activité qui, dit-elle, lui assure une vie paisible. Le leadership des femmes et les rôles qu’elles prennent dans le développement ne sont pas toujours les mêmes. Toutes n’ont pas opté pour être des promotrices. Certaines se plaisent dans d’autres fonctions toute aussi capitales.

Pendant longtemps, la vie aux champs, l’engagement aux côtés des producteurs, la fierté de les voir récolter leurs cultures avec sourire constitueront le quotidien de Nina Déssovassi. Et elle ne semble pas s’en plaindre !

Nina Déssovassi elle, est agent d’encadrement. Nous l’avons rencontrée dans un champ d’ananas à Tangbo-Djèvié, localité situé à une soixantaine de kilomètres de la capitale économique du Bénin, lundi 17 octobre. Elle y était venue, comme à ses habitudes, pour des constats sur le terrain et des échanges avec les producteurs. Sur le périmètre où officiait la jeune agent d’encadrement sous un soleil de plomb, se dresse, à perte de vue, de jeunes pouces d’ananas en pleine croissance. Son travail, s’assurer de la mise en application par les producteurs des enseignements et instructions reçus. Dans d’autres communes comme Tori, Zè, Allada et Toffo… Elle fait aussi parler sa riche expérience. Et ce depuis des années. Son travail, elle le décrit comme passionnant et s’y sent à son aise. Pendant longtemps, la vie aux champs, l’engagement aux côtés des producteurs, la fierté de les voir récolter leurs cultures avec sourire constitueront le quotidien de Nina Déssovassi. Et elle ne semble pas s’en plaindre !