La République du Ghana a désormais un nouveau président depuis ce vendredi 9 décembre dans la soirée. Le chef de file de l’opposition ghanéenne prend la place du président sortant John Dramani Mahama à l’issue des élections présidentielles auxquelles ont pris part 10,7 millions de Ghanéens. Nana Akufo-Addo, qui se présentait pour la troisième fois à la fonction suprême, a remporté le scrutin avec 53,3% des voix, contre 44,4% pour son adversaire. L’annonce a été faite la soirée de ce vendredi 9 décembre par la commission électorale.  «C’est mon rôle et mon privilège de déclarer Nana  Akufo Addo président de la République du Ghana», a déclaré Charlotte Osei, présidente de ladite  commission.

Des centaines de partisans, habillés de blanc de pied en cape, se sont rassemblés devant la modeste résidence de M. Akufo-Addo pour célébrer leur victoire 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Le président sortant John Dramani Mahama, qui aspirait à  un second mandat, n’a pas tardé à appeler le chef de l’opposition, Nana Akufo-Addo, pour le féliciter  de sa victoire à la présidentielle, a affirmé  à l’AFP (Agence France Presse) Georges Lawson, le porte-parole de son parti le Nouveau congrès démocratique (NDC), alors que l’opposition fêtait déjà sa victoire dans les rues d’Accra, à coups de feux d’artifice. Des centaines de partisans, habillés de blanc de pied en cape, se sont rassemblés devant la modeste résidence de M. Akufo-Addo pour célébrer leur victoire 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

Les principaux candidats à la magistrature suprême au Ghana.
Les principaux candidats à la magistrature suprême au Ghana.

«Il a appelé pour concéder sa défaite et nous sommes extatiques», s’est exclamé la porte-parole du principal parti d’opposition, le Nouveau Parti Patriotique (NPP), Oboshie Sai Cofie. La publication officielle des résultats est intervenue plusieurs heures après que le candidat du NPP avait déjà prononcé jeudi soir un discours où il s’affirmait vainqueur de l’élection présidentielle, alors que  la Commission électorale ne s’était pas encore prononcée.

Pas de contestation

Au Nouveau congrès démocratique (NDC), camp perdant, l’on n’est pas le seul à reconnaitre les résultats. Plusieurs observateurs indépendants se sont également prononcés jugeant transparentes ces élections qui viennent de se dérouler au pays. «Je pense que les Ghanéens peuvent être extraordinairement fiers», a déclaré l’un des observateurs du scrutin, Johnnie Carson, de l’Institut national démocratique du Ghana.  «Le Ghana s’est distingué pendant ses 25 dernières années comme étant un pays d’intégrité et de transparence», a-t-il ajouté. En effet, mis à part les quelques violences sporadiques avant et pendant le vote, ainsi que quelques  tensions au lendemain de l’annonce non-officielle de la victoire de M. Akufo-Addo, le scrutin s’est déroulé généralement sans incident majeur et, surtout, le climat d’entente dans lequel les résultats ont été publiés et acceptés par les uns et les autres.

Des électeurs le jour du vote.
Des électeurs le jour du vote.

Qui  est Nana Akufo Addo ?

Né à Kyebi, dans l’est du Ghana, M. Akufo-Addo a grandi dans une famille de l’élite politique nationale, et sa maison faisait office régulièrement de siège de son parti. Son père, Edward Akufo-Addo, a été lui-même président à la fin des années 1960, et fait partie des «Big Six» (les Grands Six), tels qu’on désigne les pères de l’indépendance et de la nation ghanéenne (ex Côte-de-l’Or).

Avocat, il a exercé en France et en Angleterre avant de revenir au Ghana. Mais ce n’est qu’en 1992, lorsque le pays a retrouvé la démocratie après des décennies de régimes militaires, que M. Akufo-Addo s’est engagé auprès du NPP. Nana Akufo-Addo, ancien député, ancien ministre de la Justice et des Affaires étrangères sous le président John Kufuor, l’emporte à 72 ans. Il se présentait pour la troisième fois à la magistrature suprême. A chaque fois, il avait été battu de très peu mais avait accepté sa défaite. Le président sortant John Dramani Mahama lui rend donc la politesse. En 15 ans, c’est la troisième alternance que vit le Ghana.