Apres une tentative avortée le samedi 11 décembre, la délégation  de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est attendue à Banjul, la capitale gambienne, ce mardi 13 décembre 2016. Ce après l’interdiction, samedi dernier, à la délégation d’atterrir. Composée  de la présidente sierra-léonaise Ellen Johnson Sirleaf, de ses homologues nigérian, Muhammadu Buhari, et ghanéen, John Dramani Mahama, l’équipe a pour mission de convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir, contrairement à ses déclarations contestant les résultats des scrutins de début décembre 2016. En effet, Yahya Jammeh, perdant aux dernières élections présidentielles du 1e décembre 2016, conteste les résultats publiés par la commission électorale et appelle aux nouvelles élections depuis le weekend dernier, une semaine seulement après les avoir reconnus, acceptant alors sa défaite.

Le président sortant Yahya Jammeh semble décidé à aller au bout de sa logique. «L’intervention des puissances étrangères ne changera rien», a-t-il prévenu.

Malgré des multiples pressions tous azimuts depuis la fin du scrutin et son revirement, le président sortant continue de maintenir sa position de ne pas reconnaître les résultats. L’Union africaine dans un communiqué a annoncé la convocation de son conseil de paix et sécurité. Ban Kimon, le secrétaire général des nations Unies, s’est dit de son côté «consterné par l’attitude de Yahya Jammeh». Déjà, samedi soir, le conseil de sécurité de l’ONU a appelé Yahya Jammeh à «respecter le choix du peuple souverain de la Gambie et à transférer, sans conditions ni retard injustifié, le pouvoir au président élu, Adama Barrow». Même son de cloche du côté de l’union européenne qui a qualifié d’«inacceptable», le rejet des résultats de l‘élection.

Yahya Jammeh, le président sortant qui refuse de reconnaître le résultat des urnes.
Yahya Jammeh, le président sortant qui refuse de reconnaître le résultat des urnes.

Amnesty International a pour sa part appelé «les forces de sécurité à faire preuve de retenue si les Gambiens décident d’exercer leur droit à protester pacifiquement». Alors que la cour pénale internationale, par la voix de sa présidente Silvia Fernández de Gurmend, dit «observer comme tout le monde la situation dans le pays». Le président sortant Yahya Jammeh semble décidé à aller au bout de sa logique. «L’intervention des puissances étrangères ne changera rien», a-t-il prévenu. Dans un communiqué dimanche 11 décembre, son parti l’Alliance pour la réorientation patriotique et la construction (APRC) a déclaré  qu’il s’apprêtait à contester le résultat devant la Cour suprême qu’il compte saisir à partir de ce mardi 13 décembre étant donné que ce lundi Le 12  marquant le 10e jour après l’annonce des résultats des élections est férié. M. Jammeh a notamment pointé une erreur de comptabilisation, reconnue au demeurant par la Commission électorale indépendante (IEC), faisant état d’«enquêtes» sur l’abstention qui ont révélé, selon lui, que de nombreux électeurs n’avaient pu voter en raison d’informations erronées.

Selon la Commission électorale indépendante, M. Barrow du Parti démocratique unifié, l’avait emporté avec 45,6 % des voix devant M. Jammeh, 36,7 %.

«Tout comme j’ai loyalement accepté les résultats, en croyant que la Commission électorale était indépendante, honnête et fiable, je les rejette dans leur totalité. La Gambie ne sera ni colonisée, ni réduite en esclavage, une seconde fois», lançait-il ce weekend à la télévision nationale. Le président élu Adama Barrow pour sa part appelle la population au calme suite à la volte-face du président sortant Yahya Jammeh, promettant de trouver une solution pacifique consistant à «ouvrir un canal de discussion avec M. Jammeh pour essayer de le convaincre de faciliter une transition douce du pouvoir». Revenant ainsi sur sa décision d’appeler la population gambienne à manifester fait le samedi 11 décembre dans la matinée.

Selon la Commission électorale indépendante, M. Barrow du Parti démocratique unifié, l’avait emporté avec 45,6 % des voix devant M. Jammeh, 36,7 % et Mama Kandeh, ancien député du parti au pouvoir, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction, et candidat d’une nouvelle formation, le Congrès de la Gambie démocratique, à 17,6 %.