L’histoire de la ville de Ouidah fascine et impressionne. Aucun touriste ne veut visiter le Bénin sans toucher du doigt la réalité de cette cité qui a été l’un des points névralgiques de la traite négrière et un point culminant dans le commerce triangulaire et les rapports commerciaux très lointains entre l’Afrique noire et ses colonisateurs d’hier. Aujourd’hui, même plusieurs siècles après ces évènements qui ont marqué le monde entier, Ouidah garde encore les séquelles de son passé et s’en sert au présent, sans doute pour se construire un meilleur avenir. Tout dans cette ville est symbole et histoire. Les rues ont la leur, les mûrs aussi, sans oublier les édifices, les quartiers et même les hommes.

Tout dans cette ville est symbole et histoire. Les rues ont la leur, les mûrs aussi, sans oublier les édifices, les quartiers et même les hommes.

Autrement, c’est une ville à histoire, ou du moins une ville historique qui aligne mille et une curiosités à découvrir. La forêt sacrée, le temple des pythons, la route de l’esclave, les forts coloniaux… constituent quelques-unes des vestiges les plus connus dans cette ville. Pourtant, Ouidah offre plus de merveilles, parfois peu connues que l’office de tourisme de la ville s’emploie de plus en plus à valoriser et à mettre en exergue. Grâce au répertoire de  cette structure sous tutelle de l’hôtel de ville, on en sait de mieux en mieux sur les merveilles de chacune des localités de la ville.

Ouidah, la porte du non retour. Un lieu chargé d'histoire. Photo Mehouênou.

Ouidah, la porte du non retour. Un lieu chargé d’histoire. Photo Mehouênou.

Un parcours touristique impressionnant

Ouidah s’offre à ses visiteurs au choix, surtout en ce qui concerne son passé esclavagiste. Pour ceux qui veulent remonter au cœur de l’histoire, la visite commence depuis le royaume Ouéda de Savi. Point névralgique au 16ème siècle du commerce avec les européens et plaque tournante du commerce des esclaves avec Abomey, ce royaume, encore existant, conserve les traces des premiers contacts entre le colonisateur et la population autochtone. En découvrant Ouidah depuis Savi, on se plonge dans le souvenir de la traite négrière dont les impacts demeurent visibles un peu partout dans les régions environnantes. Ce parcours lointain permet de rallier la route des esclaves, de la parcourir en suivant les étapes empruntées par ces bras valides d’antan avant leur embarquement dans les navires.

Dans chaque quartier de Ouidah, le visiteur peut choisir les attraits qui l’intéressent.

Tout Ouidah étant histoire, tourisme et découverte, la ville abrite sous son escarcelle un ensemble de sites touristiques publics comme privés appartenant à des familles ou à des collectivités comme c’est le cas avec le temple des pythons, une des plus grandes attractions de la ville. Du coup, il devient difficile de procéder à une réglementation et d’imposer les normes.

A Avlékété et Ahloboé par exemple, on peut découvrir en dehors d’une faune et d’une flore aquatique exceptionnelle, des terroirs villageois protégés contre les ennemis, établit vers le XVè siècle au bord de la lagune, de même que de nombreux lieux de culte et espaces sacrés. A Docomey, le fort portugais du 18è siècle continue d’être l’objet de beaucoup d’attention. Sungbodji ! Voilà une localité au cœur du commerce des esclaves. La documentation de l’Office de tourisme de Ouidah renseigne que sa création remonte en 1727 et est lié au dit commerce. La place Zomaï, la concession kakanaku, l’arbre du retour, ainsi que la porte du non retour y sont aussi présents.

Que de découvertes !

Un peu plus loin vers Tovè I et II, un autre pan de l’histoire de la traite esclavagiste offre ses vestiges à travers la concession des Kpassènon, implantation liée aux premiers contacts avec le blanc et les navires de la traite, construit depuis 1776, la concession Tchiakpè, lieu d’accueil et de regroupement des esclaves venus de Savi….

Mais Ouidah ne vend pas que son passé de plaque tournante du commerce esclavagiste. Son architecture, l’histoire de son peuple, la culture locale, les divinités du panthéon, l’art culinaire et vestimentaire, l’artisanat… sont autant de découvertes qui épatent et ravissent ses visiteurs, à l’instar du village de Djègbadji. Ce village semi-lacustre qui fait le bonheur des productrices et vendeuses de sel fait aussi l’objet d’une grande curiosité. Mais la visite à Ouidah impose, sans aucun doute, une balade dans les couvents et temples Vodoun qui dévoilent une croyance particulière et une adoration à des dieux dont les bienfaits traversent les frontières. Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II Houwamènou, en sa qualité de premier responsable du culte Vodoun au Bénin, est formel. «Ce n’est par hasard que de plus en plus, des expatriés demandent à être initiés à nos cultes», dit-il. Il précise par ailleurs que cette option se justifie par le bonheur que procure la fidélité et la croyance en ces dieux qui, du reste, insiste-t-il, n’existent que pour faire le bien, procurer le bien-être et châtier les malfaiteurs. Ainsi, dans chaque quartier désormais, le visiteur de Ouidah sait à quoi s’attendre et peut choisir les attraits qui l’intéressent.

Sa majesté Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II Houwamènou, Photo Mehouênou.

Sa majesté Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II Houwamènou, Photo Mehouênou.

Des fêtes populaires aussi

Dans la cité des Kpassè comme on l’appelle, tout est histoire. Chaque quartier, chaque rue, chaque monument et édifice a son histoire, voire sa vocation. A côté des attraits touristiques comme le mémorial de Zoungbodji, le mur des lamentations, le fort portugais, le fort français, le fort William des anglais, le temple des pythons, la forêt sacrée, le temple Mahou Adimoula, le complexe culturel Daagbo Hounon, la place aux enchères…. La ville de Ouidah, et c’est l’une de ses particularités, a aussi ses fêtes populaires. Le 10 janvier, elle partage la fête du Vodoun avec les autres localités du Bénin.

C’est une ville qui aligne mille et une curiosités : La forêt sacrée, le temple des pythons, la route de l’esclave, les forts coloniaux.

Mais, selon l’actuel dépositaire de ce culte au Bénin, Daagbo Hounon Tomadjlèhoukpon II Houwamènou, la plage de Ouidah, lieu de célébration par excellence, est l’endroit de la plus grande attraction pour cette célébration. «L’effervescence même du 10 janvier se vit ici à Ouidah», insiste-t-il. En dehors de cette fête, Ouidah célèbre aussi, le 4 octobre, la fête Burian des afro-brésiliens.

Le 8 septembre, les jumeaux sont honorés à travers une grande fête populaire, tandis que le 25 décembre est réservé à la danse masquée Aguidissou. A ces fêtes populaires, il faut associer aussi de nombreuses autres manifestations ludiques et culturelles qui drainent du monde et qui contribuent également à son rayonnement touristique. Chacun de ses évènements attire des étrangers qui continuent de chercher à percer le mystère de cette ville qui vit et rayonne au rythme du tourisme. «Ouidah est digne d’intérêt», témoignera alors Emile Ologoudou, diplomate, enseignant de sociologie et un des sages de la ville.