Elle est femme et mère de famille, 36 hivernages à son compteur, Sophie Diouck est une amoureuse de l’automobile et de la mécanique. Sa passion l’a poussée à devenir la première femme conductrice de bus de transport en commun au Sénégal. Portrait !

  

En Afrique et au Sénégal, le métier conducteur de bus de transport public est particulièrement monopolisé par les hommes. A Dakar, capitale du Sénégal, une femme s’impose depuis février 2017 au volant. Sophie Diouck qui fait office de pionnière dans ce domaine. Avec ses 20 d’années d’expérience dans le milieu automobile, cette femme Sérère (une ethnie au Sénégal), mère de trois enfants affiche une grande assurance et sérénité. Entre le volant et Sophie, c’est un long compagnonnage.

« J’ai toujours aimé la mécanique et les voitures. Au départ, j’étais mécanicienne mais j’ai très tôt été attirée par le volant car mes clients qui venaient au garage dépanner leurs voitures faisaient appel à mes services pour les déplacements de celles-ci. Par la suite, ils m’ont incitée à me reconvertir en chauffeur », ajoute Mme Diouck.

Les années passent et les ambitions de Sophie Diouck se bonifient. Pour elle, il ne suffit plus de réparer seulement les voitures. La conduite, pourtant dominé exclusivement par les hommes, attire la mécanicienne. Elle s’essaie à la conduite des camions. Elle fait aussi du taxi. Malgré les défis, les contraintes sociales, elle ne renonce pas à sa passion.a

 » Dans les rues de Dakar, je ne voyais que des hommes au volant des bus. Je me suis dite pourquoi je ne pourrais pas devenir chauffeur de bus. Au début, certains essayaient de me décourager en me disant qu’ils ne prennent pas de femmes mais malgré tout j’ai toujours cru que je pouvais y arriver et aujourd’hui j’y suis », se souvient-elle.

On peut être femme et rester professionnelle au volant

Sophie Diouck, conductrice de bus Dakar Dem Dik

Vu les capacités professionnelles de Sophie Diouck, qui n’ont rien à envier à celles des hommes, la société publique de transport ‘Dakar Dem Dik’ (partir-revenir en langue wolof) lui fait confiance en lui confiant le volant de ses bus. Curiosité à Dakar. Mais l’innovation ne fait pas que des admirateurs parmi les clients. La société, par le biais du responsable de la cellule de communication a dû faire une sortie pour rassurer l’opinion.

« Une communauté est faite d’hommes et de femmes. Malheureusement nous avons un métier qui est très orienté vers le genre masculin. Mais les innovations sont en train de venir. Et la seule condition qu’on a posée sur la table c’était qu’elle puisse avoir son permis de conduire pour véhicule de transport en commun, qu’elle ait des aptitudes techniques et passe les tests techniques pour être recrutée. C’était les seuls critères. Maintenant, il y a un travail d’adaptation, c’est à elle de le faire. C’est à elle de prouver qu’elle a sa place parmi nous », a rappelé Mamadou Silèye Anne  de la société Dakar Dem Dik’.

Le transporteur public de la capitale sénégalaise ne compte pas s’arrêter à l’expérience de Sophie. Elle tient à promouvoir le recrutement des femmes qualifiées pour renforcer son personnel, une façon également de répondre au défi de l’équilibre social.

Et c’est parti pour Sénégal Dem Dik…

 

D’ailleurs, après avoir assuré le transport urbain et péri urbain à Dakar et sa banlieue, la société publique de transport vise à couvrir les autres régions du pays. Son projet, le ‘Sénégal Dem Dik’ démarre avec 45 bus sécurisés, confortables et climatisés. Pour la première phase, 4 villes accueillent les bus de ‘Sénégal Dem Dik’ : Fatick, Kaolack, Tivaouane et Touba. Une nouvelle phase qui va nécessiter la recrutement de nouveaux agents, y compris au sein de la gente féminine.