Depuis le début des opérations d’enrôlement des électeurs en décembre dernier au Nord-Kivu, les agents de la CENI (commission électorale nationale indépendante) et les kits d’enregistrement ont subi une dizaine de cas d’enlèvements et de confiscations de matériels avec au bout des demandes de rançons en échange de leur libération.

Dans certaines zones de cette région de l’Est du plus grand pays francophone d’Afrique, l’enrôlement a dû commencer avec un retard de plusieurs semaines, à cause de l’insécurité.  Dans la localité de Katanga par exemple, le groupe Mai-Mai Nduma defense of Congo (NDC) avait  bloqué les activités dans un centre d’enrôlement en janvier dernier,. Ces miliciens avaient demandé des milliers de dollars comme rançon. Et actuellement ces miliciens font leur propre deuxième enrôlement dans le territoire Walikale avec du matériel de la CENI volé.

Cette attaque renforce ma volonté de travailler pour la Nation. Mon désir est que le plus grand nombre de personnes soit enrôlé. Car c’est des élections que viendra notre développement.

Christian Muraganeza figure parmi les nombreuses victimes de cette forme d’insécurité. Cet agent public a échappé a la mort après avoir été battu par des bandits qui voulaient lui prendre de l’argent, des documents et sa moto. « Je travaille sur l’axe Ngungu, je suis du service de Contrôle technique territorial. Je rentrais vers la ville le soir avec ma moto qui porte des inscriptions de la CENI quand des bandits armés m’ont barré la route et ont directement coupe le contact de la moto. Je me suis débattu, ils m’ont mis sur terre en me frappant au visage avec les crosses de leurs armes et des coups de pieds. Ils disaient qu’ils savaient que j’avais de l’argent et des documents sensibles. Ils voulaient que je les leur livre et que je leur donne aussi la moto. Heureusement que tout l’argent je l’avais déjà remis aux agents pour leur paie. Je craignais seulement pour les documents sensibles que j’avais. Ils allaient me tuer quand une patrouille des FARDC (Force armées de la république démocratique du Congo) est passée à côté, ils se sont sauvés », a témoigné Christian Muraganeza, visage boursoufflé et parlant à peine.

Trainant encore des séquelles de cette attaque, Christian ne se laisse pourtant pas affecté. «  Cette attaque renforce ma volonté de travailler pour la Nation. Mon désir est que le plus grand nombre de personnes soit enrôlé. Car c’est des élections que viendra notre développement.  Je demande juste aux autorités militaires et sécuritaires de nous assister », insiste-t-il.

A l’instar de Christian Muraganeza, plusieurs habitants de Nord-Kivu ont été victime de cette vague d’insécurité qui déferle sur la province; ce qui d’ailleurs risque de freiner le processus d’enrôlement.

Il faut dire qu’en dehors  de l’insécurité, il y a aussi deux autres facteurs qui peuvent hypothéquer le processus d’enrôlement en cours : le mauvais état des voies de communications dans plusieurs localités et le déficit de matériel  dans certains centres d’inscription.  Nous sommes pourtant dans la province qui compte le plus grand nombre d’électeurs .