Les temps passent, le monde change et les femmes du Cameroun cliquent avec l’évolution du monde. Leur présence sur la toile ne se limite pas au chats ou au fun. Une étude d’Internet Sans Frontières (ISF), qui s’intéresse à la question depuis 2015, avec l’appui de la Web Foundation et l’agence de développement suédoise, révèle qu’au-delà du contact avec les proches notamment la famille et les amis, les camerounaises voient le Net comme moteur de développement économique et comme vecteur d’acquisition de connaissances et de nouvelles compétences. #MoiCamerounaiseDunet, la campagne qui vise à allumer les projecteurs sur ce que femme camerounaise fait d’Internet!

#MoiCamerounaiseduNet, le hashtag du 08 mars 2017

Le 08 mars c’est la journée de la femme. Et c’est à ce jour de l’année 2017 que l’organisation non gouvernemental ‘Internet Sans Frontières’ avec le soutien de la ‘Web Foundation’ a lancé sa campagne numérique dénommée « #MoiCamerounaiseduNet ».  C’est un hashtag (mot-clé) pour permettre aux femmes de la capitale camerounaise de mettre en exergue ce qu’elle font d’Internet; une campagne pour mettre en valeurs les expériences quotidiennes des usagers d’Internet, qu’elles soient entrepreneuses, étudiantes ou même des chercheuses d’emploi.

Selon Julie Owono, responsable Afrique de l’ONG Internet Sans Frontières, «  Il est aujourd’hui indéniable que la démocratisation de l’accès à Internet des femmes constitue un levier de croissance essentiel pour les économies émergentes ».

Internet, un tremplin professionnel

Carine, étudiante en 3e année de Biochimie à Yaoundé. Crédit Photo: ISF

Lors de la campagne de l’ONG ISF, des femmes camerounaises se sont illustrées de par leur dynamisme, leur créativité et de leur dévouement. C’est à l’image de Carine, étudiante en 3e année de Biochimie à Yaoundé. Cette future biochimiste, estime qu’Internet à une importance capitale dans ses études universitaires. Cela lui permet de d’approfondir ses cours et faire d’éventuelles recherches sur son avenir professionnel.  Joindre l’utile à l’agréable, Carine passe un peu de son temps sur Internet pour chasser le stress des cours à la faculté, chatter avec la famille ou encore trouver des amis. Malgré les difficultés d’accès à Internet, Carine ne peut pas s’en. Pour un volume de données de 525 Mb, la jeune étudiante paye presque 2000 francs CFA (3euros) par semaine. « Le débit est très faible vue le nombre d’étudiants qui se connectent au même moment » déplore Carine qui caresse le rêve d’une meilleure accessibilité : « Si seulement j’avais accès à un Internet  à un coût abordable, et de meilleure qualité, avec un WIFI à la portée de tous les étudiants à la faculté… ».

« Internet est mon outil de travail »

Arielle, informaticienne et entrepreneuse camerounaise. Crédit Photo: ISF

Entre elle et Internet, c’est une histoire de fidélité. Arielle consacre plus de 7500 francs CFA (plus de 11euros) par semaine pour un volume de 14 giga de données. Informaticienne de formation et entrepreneuse, Arielle est très connectée sur la toile. En quelques clics, elle a crée un organisme de formation aux outils numériques et une association faisant la promotion des femmes dans les technologies de l’information et de la communication. Aujourd’hui, elle évolue dans le monde numérique. « J’ai grandi avec la culture Internet  (…). Je n’aurais pas souhaité connaitre l’époque où l’accès à l’information en temps réel était rudimentaire », confie-t-elle. Arielle souhaite que la qualité et le prix de la connexion soient accessibles à tout le monde.

Selon les études de l’ONG Internet Sans Frontières, les femmes camerounaises ont 50% moins de chance d’accéder à Internet que leurs concitoyens hommes. Les principales raisons tournent autour du coût trop élevé de la connexion ou le salaire mensuel minimum qui est d’environ 55 euros. Les femmes qui sont économiquement plus vulnérables ont donc du mal à accéder à Internet. Il y a également le défaut de l’alphabétisation numérique qui frappe la gent féminine au Cameroun, mais pas seulement.

Une chose est certaine, la révolution numérique ne pourra se faire en Afrique dehors de plus de la majorité de la population. Qui a dit tant vaut la femme, tant vaut la Nation, tant vaut l’Afrique.