Après le rejet du projet de modification constitutionnelle actuelle par le sénat le 18 mars, le Président de la République islamique de la Mauritanie, déçu, ne baisse pas de bras. Mohamed Ould Abdelaziz annonce vouloir consulter directement la population en se fondant sur l’article 38 de  la loi fondamentale.  « Par ce rejet, nous sommes arrivés à une situation de blocage. Or, nous avons une porte de sortie : aller au référendum conformément à l’article 38 de la Constitution », a-t-il laissé entendre lors d’une conférence de mercredi soir.

Sur la date de la tenue du référendum, le président mauritanien laisse un flou. Aucune date n’a été encore annoncée, mais Mohamed Ould Abdelaziz précise que cette consultation référendaire se fera le plus rapidement possible.

Pourquoi le rejet du Sénat ?

Assemblée Nationale de la Mauritanie (Photo: alakhabr)

Le projet de modification constitutionnelle, en vigueur depuis 1991, doit être adopté par chacune des deux chambres.

Cependant, ce projet, adopté par les députés le 09 Mars dernier, a été rejeté par le Sénat. 33 sénateurs sur les 56 qui siègent à la Chambre haute ont voté contre le projet de modification constitutionnelle. Parmi lesdits sénateurs vingt-quatre (24) appartiennent pourtant à la majorité présidentielle. Ce qui n’est pas du goût de Mohamed Ould Abdelaziz, «Le fait que des sénateurs de la majorité votent contre l’avis de leur camp, traduit un dysfonctionnement dans notre démocratie et est inacceptable au plan moral et éthique », a déploré le président. « Nous ne pouvons pas admettre que les 33 sénateurs qui ont voté contre les amendements, tiennent tout un peuple en otage », a-t-il ajouté.

Que prévoit le texte ? 

Mohamed Ould Abdelaziz, Président de la République Islamique de Mauritanie (photo: alakhbar)

Le projet de modification de la Constitution prévoit la suppression du Sénat. Ce dernier sera remplacé par des conseils régionaux. Il est prévu aussi de changer le drapeau national de la République Islamique de Mauritanie. La Haute cour de justice sera supprimée et le médiateur de la République et du Haut conseil islamique.

Des partis politiques de l’opposition, formant le FNDU, forum national pour l’unité et la démocratie, ont dénoncé ces amendements prévus dans le projet de modification de la Constitution. Le FNDU avait même appelé les membres du Sénat à refuser de « signer leur arrêt de mort ».