« Nous sommes des citoyens, démocrates et militants du Togo, d’Afrique, de France et d’autres continents (Europe, Amériques, Asie, Océanie). A l’initiative du Parti des travailleurs du Togo, nous avons décidé de nous adresser à vous par cette « Lettre Ouverte », préoccupés par la nécessité que les plus élémentaires principes d’éthique, de morale, de démocratie et de justice soient respectés dans les relations entre personnes, peuples et Etats. Nous voulons obtenir que vous restituiez au peuple togolais, les 5 milliards de Fcfa (8 000 000€) que, lors de votre voyage « officiel » au Togo, les 28 et 29 octobre 2016, vous avez secrètement sollicités et obtenus du président togolais Faure ESSOZIMNA EYADEMA-GNASSINGBE en vue de la campagne de l’élection présidentielle française de cette année 2017 dans laquelle vous ambitionniez alors de vous engager », lit-on dans une correspondance adressée le 07 mars 2016 à l’ancien Premier ministre français et maire d’Evry (banlieue parisienne), Manuel Valls, co-signée par une vingtaine d’hommes politiques et d’activistes togolais.

C’est depuis janvier 2017 que le Parti des Travailleurs de Claude Améganvi mène une campagne à coups de déclarations, de conférence de presse et de pétition pour dénoncer celui qu’il désigne par le « corrompu Manuel Valls », suite à « des révélations de sources proches du régime, émanant de personnalités elles-mêmes écœurées par l’incroyable cynisme de Faure GNASSINGBE à l’endroit de son propre peuple, qui, selon lui,  indiquent que, lors de son voyage officiel de fin 2016 au Togo, Manuel VALLS, alors qu’il était encore Chef du gouvernement français, aurait reçu un « cadeau » de 5 milliards de F CFA pour sa campagne en France en vue de l’élection présidentielle de 2017 dans laquelle il envisageait de s’engager » .

Sous couvert d’un voyage officiel, vous aviez en réalité organisé ce qui n’était qu’un voyage privé dont le seul objectif était d’aller « encaisser » les 5 milliards de F CFA que vos entremetteurs avaient préalablement négociés à votre profit »

Claude Améganvi et les siens croient dur comme fer, sans forcément apporter de preuves, que c’est suite à ce don que le Français s’est fendu d’une déclaration élogieuse à l’égard du président togolais Faure Gnassingbé disant de ce dernier qu’il va « dans le bon sens » ; une affirmation qualifiée par M. Améganvi de « stupéfiants éloges adressés au dictateur togolais » Faure GNASSINGBE, arrivé au pouvoir dans un bain de sang qui a fait de 500 à plus de 1000 morts selon, respectivement, l’ONU et la LTDH, et qui, s’irritent-t-ils, « continue à piller, ruiner et détruire notre pays ! »

« L’histoire contemporaine, elle, retient surtout que le clan EYADEMA-GNASSINGBE, au pouvoir depuis 50 ans maintenant est la plus longue et la plus sanglante dictature familiale dans le monde après celle de la Corée du Nord. Un régime de type monarchique, hier dirigé par Etienne EYADEMA qui fit effraction dans l’histoire mondiale en revendiquant, le 13 janvier 1963, l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, père de l’indépendance togolaise et premier président démocratiquement élu du Togo. Ce fut lors du premier coup d’Etat sanglant de l’Afrique indépendante. Coup d’Etat notoirement fomenté par le gouvernement Charles De GAULLE – Jacques FOCCART », ajoutent les signataires de la lettre qui poursuivent que « Dans quelques semaines, le 14 avril 2017 marquera la 50e année de règne des EYADEMA-GNASSINGBE, un clan familial congénitalement illégal et illégitime, jamais reconnu par le peuple togolais ».

La correspondance adressée à l’homme politique français est appuyée par une pétition mise en ligne le 22 mars.

Posted by Claude Ameganvi on Wednesday, March 22, 2017

« M. Manuel VALLS, nous ne pouvons ni comprendre, ni accepter que ces 5 milliards de F CFA (environ 8 000 000 €) vous aient été donnés alors que cet argent appartient au Peuple togolais. Plus pathétique est le fait que, sous couvert d’un voyage officiel, vous aviez en réalité organisé ce qui n’était qu’un voyage privé dont le seul objectif était d’aller « encaisser » les 5 milliards de F CFA que vos entremetteurs avaient préalablement négociés à votre profit », avance le courrier dont les auteurs croient savoir que « suite à ses investigations, la DGSE (service de renseignement extérieur chargé de l’espionnage et du contre-espionnage de la France) a confirmé que c’est Pacôme Yawovi ADJROUROUVI (né le 14 mai 1963), l’adjoint de Manuel Valls à la mairie d’Evry (Essonne, France), ancien camarade de classe de Faure GNASSINGBE, qui aurait négocié l’obtention de cette somme ».

« Dans ces conditions, poursuit le document, l’organisation même de ce voyage n’apparait-elle pas comme un détournement caractérisé de biens publics (l’avion du GLAM – Groupe de Liaisons Aériennes Ministérielles) et de fonds publics (frais de prise en charge du séjour de votre délégation à Lomé) à des fins privées de financement illicite d’une campagne électorale ? ».

La pétition vise donc à saisir la justice française pour « corruption active »  « Blanchiment d’argent simple et aggravé », « financement illicite de campagne électorale », « dépassement de plafond de financement » de campagne électorale.

L’action aboutira-t-elle ? En tout cas la mobilisation reste encore très faible autour de la pétition.