Aphrodisiaques, plantes médicinales…on en voit de toutes sortes à la 17e édition de la Foire internationale de l’agriculture et ressources animales (FIARA 2017). Et il est difficile de dépasser plus de trois stands sans en apercevoir. Ils viennent pour la plupart du Mali, du Burkina et du Bénin. « Je viens du Burkina. Nous vendons des médicaments issus des plantes. Comme vous pouvez le voir, il y en a qui soignent l’impuissance sexuelle, l’éjaculation précoce chez les hommes et beaucoup de produits aphrodisiaques », liste Salif. Il s’empresse d’ajouter que les clients se font encore désirer, comme les éditions précédentes, même s’il ne désespère pas de voir de fortes affluences à la fin du mois. Habitué de la FIARA, il dit ne pas se faire de soucis quant à l’écoulement de ses marchandises. « A la fin de la Foire, il y a des revendeurs qui viennent racheter tout le reste, même si on est obligé de casser parfois les prix », assure-il.

Diverses recettes aphrodisiaques en vedette à la FIARA

A quelques mètres de Salif, un autre stand. Si les tissus sont soigneusement exposés en haut, en bas, les produits aphrodisiaques constituent le décor. Et sur les sachets de poudre, on retrouve la posologie de ces médicaments que les exposants, maliens,  jugent très efficaces. «Nos produits sont connus partout dans la sous-région », explique une dame d’une forte corpulence. Si les autres vendeurs écoulent leurs produits au ralenti, ce n’est pas le cas pour elle. «Dieu merci, ça se passe bien pour nous. Aujourd’hui, les aphrodisiaques se vendent bien ; mais cela se fait dans la discrétion, c’est pourquoi la forte affluence n’arrange pas toujours les choses», dit-elle d’un ton moqueur.

Ces produits coûtent entre 20.000 et 35.000 Franc CFA, mais, chez plusieurs exposants, ils se vendent comme de petits pains. Ils sont très connus par la junte féminine qui ne se fait pas prier pour s’en procurer.

« Rester toujours jeune et pour pouvoir serrer mon époux »

Les stands de produits aphrodisiaques sont fréquentés par des jeunes filles et des dames dont la tranche d’âge varie de 25 à 60 ans. Elles achètent généralement des produits servant à « se refaire une certaine virginité » et la « Bague anti-grossesse ». Cette dernière caracole à la tête des ventes.

Aida Diop (nom d’emprunt) habite à Rufisque, dans la banlieue dakaroise. Après son premier enfant, elle a senti un relâchement de son appareil génital. Très timide et gênée de parler des choses « intimes », la jeune mariée arrive à lâcher quelques mots, le sourire au coin. « Je suis venue me ravitailler en  astuces de femmes. Je viens d’acheter le Cristal en Menthe. C’est pour resserrer le vagin après l’accouchement. Ça me permet de rester toujours jeune et pour pouvoir serrer mon époux. C’est un homme public, donc je dois mettre les bouchées doubles pour qu’il évite de regarder ailleurs », confie-t-elle, entre autres propos.

Des aphrodisiaques exposés à la FIARA

Bon à savoir

Selon les spécialistes, si la prise occasionnelle d’aphrodisiaques peut permettre de stimuler le désir ou agrémenter la vie sexuelle, elle ne règle pas pour autant de façon pérenne les troubles rencontrés au cours des relations sexuelles, mais retarde juste leur prise en charge par un médecin.

Le site santemedecine.net révèle que de nombreux experts affirment qu’aucun produit ne possède réellement la possibilité de créer ou d’augmenter le plaisir sexuel. Certains aphrodisiaques, selon la même source, peuvent même être dangereux. Il est ainsi recommandé de requérir l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de consommer certaines plantes. C’est pour éviter les surdoses et les éventuels effets secondaires.