L’exemple le plus frappant est celui du Nigeria, leader économique en Afrique de l’Ouest, mais dont 90% des exportations ne sont faites que du pétrole. Quand les prix du pétrole chutent sur le marché international, toute l’économie nationale en souffre. C’est le cas aussi des pays comme l’Algérie, la Libye, le Tchad, l’Angola ou encore le Soudan du Sud dont le pétrole constitue plus de 75% des exportations.

D’autres pays vivent en grande partie de l’exportation des minéraux. Le Botswana et le Mali dépendent à plus de 75% de l’extraction de l’or, qui constitue aussi plus de 50% des exportations de la Guinée. La Zambie continue à se reposer sur le cuivre, le Niger sur l’uranium et le Burkina Faso sur les pierres précieuses.

Les bons élèves

Pourtant, il y a un certain nombre de pays comme le Sénégal, le Maroc, le Madagascar et les pays de l’Afrique de l’Est qui ont pu éviter de dépendre des revenus générés par un seul produit. Le fait qu’ils exportent des produits diversifiés les protège contre les crises externes, leur permettant un taux de croissance plus stable.

Beaucoup de pays en Afrique de l’Est ont pu promouvoir activement la diversification de leurs exportations. Les pays qui affichent un taux de croissance solide en Afrique de l’Est suite à cette diversification sont notamment l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda. Leurs perspectives de croissance sont soutenues par la stabilité politique et la mise en place des politiques plus favorables à l’amélioration du climat des affaires. Tous ces pays ont pu afficher un taux de croissance de plus de 6% depuis 2010, alors que les pays qui dépendent d’un seul produit gravitent autour des 2%.

Recettes  pour une meilleure diversification

Bien qu’il n’y ait pas de recette simple pour le succès, le rapport propose certains ingrédients pour une diversification économique réussie: des investissements dans les infrastructures des secteurs clés; des politiques commerciales et industrielles efficaces; l’adoption des nouvelles technologies; la promotion d’un environnement propice pour les deux investisseurs locaux et internationaux.

Cependant, c’est la gouvernance qui doit déterminer comment les revenus des ressources sont réinvestis dans le capital humain nécessaire pour faire croître des économies africaines solides, avec des modèles de développement équitable, plutôt que de continuer à dépendre des aléas des prix des matières premières ou des produits sans grande valeur ajoutée.