Icône africaine de la musique africaine, célèbre représentant de la SAPE (Société des ambianceurs et des personnes élégantes), mouvement international se distinguant par ses coutumes vestimentaires né aux deux Congo, Papa Wemba continue de vivre, un an après sa mort. Et continue de collectionner les  reconnaissances posthumes au niveaux nationale et internationale.

Une journée africaine, un festival et un prix en mémoire de son nom

Au niveau continental, deux mois après sa disparition, l’Union africaine décréta le 24 avril comme journée de la musique africaine. C’est en mémoire de ce chanteur africain qui a été le deuxième Congolais à signer avec un label international (Real World de Peter Gabriel ), après Tabou Ley Rochereau.

Papa Wemba (Crédit : Radio Okapi)

En Côte-d’Ivoire, la place du festival de musique urbaine d’Anoumabo (Femua) à Abidjan portera le nom de Papa Wemba cette année 2017, pendant les sept jours que va durer le festival, du 24 au 30 avril 2017.

« Quand la mort a frappé Papa Wemba, nous avons été dans un moment de consternation et de tristesse. Malgré toutes les dispositions prises en amont pour parer à une telle situation, nous n’avons rien pu faire pour le ramener à la vie. Nous avons perdu l’illustre, l’un de ceux qui ont le plus marqué l’histoire de la musique africaine. Les autorités responsables, les peuples et les groupes congolais nous ont assuré leur soutien. Il nous fallait continuer malgré tout. De son vivant, Papa Wemba avait l’importance de notre festival. Nous nous devions, en sa mémoire et pour le souvenir de Pépito ( Batteur du groupe Magic system mort une semaine apres Papa Wemba), de poursuivre et de mener à bien cette dixième édition. Nous sommes très croyants. Nous nous sommes remis à Dieu pour nous rétablir. Cette dixième édition, c’est aussi une manière de dire qu’il ne faut jamais baisser les bras », a déclaré à Le Monde A’salfo, de son vrai nom Salif Traoré, fondateur et directeur du festival.

Papa Wemba (Crédit : MédiaCongo)

Au niveau national, il y a aussi le «  Prix Papa Wemba jeune talent » du festival Kin-Malebo Feskim, que le gouverneur de Kinshasa a organisé dans la capitale congolaise du 22 au 29 avril. « Cet  événement culturel, qui est une première à Kinshasa, va constituer un cadre approprié pour vendre l’image de sa culture musicale et sensibiliser l’opinion sur l’impact de la culture pour le développement durable de la cité », a dit le gouverneur André Kimbuta.  « Celle-ci, a-t-il poursuivi, servira également de vitrine de créativité culturelle capable d’attirer les touristes, de consolider les acquis de Kinshasa retenue depuis décembre 2015 comme ville créative de l’UNESCO dans le domaine musical, et de valoriser la journée africaine de la musique décrétée le 24 avril de chaque année, date coïncidant avec la mort de l’artiste musicien  Shungu Wembadio, Papa Wemba. »

Toujours aussi vivant comme jamais

Joss Kalim, que Papa Wemba appelait affectueusement « La Grande », est l’une des dernières stars congolaises à avoir collaboré avec « Jules Presley ». Après avoir contribué à la chanson un million ya ba soucis, le roi de la rumba congolaise avait prêté sa voix dans une autre chanson de Joss Kalim. Le titre « Stranger », étranger en anglais, sortira bientôt selon la star que This Is Africa a pu joindre.

Papa wemba et Joss Kalim (milieu) artiste congolaise, l’une des ceux qui l’ont cotoyé ses derniers jours (Source : Joss Kalim)

« Pour moi c’est comme s’il était encore vivant, il y a un an qu’il est mort mais je n’ai jamais réalisé qu’il est vraiment parti. Pour moi c’est juste comme si il avait fait un voyage et qu’il allait revenir. Je mets ses morceaux et je le sens toujours présent. Papa (Elle l’a toujours appelé Papa) m’avait promis de venir manger du poulet chez moi à son retour de Côte-d’Ivoire car il aimait ma recette. Dieu merci j’avais eu l’idée de faire le clip juste après le studio audio, tous les autres artistes qui ont fait des featuring avec Papa pleurent car ils n’ont pas de clip, c’est une chance pour moi de l’avoir fait », a confié Joss Kalim à This Is Africa.

Naty Lokole est un journaliste chroniqueur musical très connu en République Démocratique du Congo. Il connaît bien papa Wemba pour l’avoir fréquenté. Avec lui, il a fait plus de 40 interviews. De lui, il se souvient comme d’un homme d’exception : « C’était la seule grande star congolaise que tu pouvais appeler mercredi pour une émission jeudi et elle venait ! » témoigne-t-il. «  On n’avait pas qu’une relation professionnelle mais surtout amicale. C’était aussi quelqu’un de très ponctuel  », ajoute-t-il. « A la commémoration d’une année de sa mort, c’est un regret total de voir que rien de grand n’est prévu au Congo.  Alors que la Côte-d’Ivoire lui dédie tout un festival, au Congo rien à part le prix qu’on a inséré dans le festival Kin-Malebo, initié par le gouverneur de Kinshasa, mais à part ça c’est un silence total», complète-t-il, déçu.

A sa mort, Papa Wemba avait été décoré, à titre posthume, « Commandeur de l’ordre national de Côte d’Ivoire », la plus prestigieuse décoration. Au Congo aussi le président Joseph Kabila l’avait décoré à titre posthume « Grand officier de l’Ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba ».

Pour Papa Wemba, le proverbe « L’artiste ne meurt jamais car il vit éternellement à travers ses œuvres » reste vrai.

Vous pouvez suivre l’une des dernières interviews de Papa Wemba en cliquant  ici.