Suite aux multiples pressions de la communauté internationale et des organisations de société civile, le gouvernement du Cameroun a consenti au retour d’Internet jeudi 20 avril dans les parties anglophones. Dans un communiqué, le ministre de la Communication Issa Tchiroma a appelé les populations des régions concernées à rester vigilants pour dénoncer toute activité des « extrémistes, sécessionnistes, et ennemis de la République ».

La coupure d’Internet dans les deux régions anglophones à l’Ouest du Cameroun est intervenue après une série de manifestations violemment réprimée par les forces de l’ordre et plusieurs interpellations dont celles des deux leaders Barrister Nkongho Agborballa, président du Consortium des organisations de la société civile du Cameroun anglophone et du Dr Fontem Neba. Les deux leaders attendent d’ailleurs leur procès pour ce 27 avril.

Sur les dix régions au Cameroun, deux sont anglophones. Ces deux régions s’estiment lésées dans la répartition des richesses nationales et dans les politiques nationales. Les récentes manifestations sont nées des revendications des magistrats et des enseignants, rejoints plus tard par les étudiants et la population, d’une justice sociale et d’un traitement équitable avec les zones francophones. Comme toute réponse, les autorités ont fait abattre une répression disproportionnée sur les manifestants et coupé Internet dans ces régions. Une manière, selon les manifestants, de les faire taire.

La longue coupure d’Internet a suscité une pluie de réactions de condamnation dans le monde. Le hastag #bringBackOurInternet a même été lancé sur les réseaux sociaux en solidarité aux populations victimes de ce qui est considéré comme une violation massive de droits de l’Homme.

Avec le rétablissement d’Internet, pour beaucoup, l’autre défi est la libération de toutes les personnes interpellées lors des manifestations.