1. « Bite?» traduit littéralement par « Comment? »

« Bite » est notre « salutation» nationale depuis la nuit des temps à Bujumbura. Ce mot peut être utilisé à tout moment que ce soit le matin, midi ou le soir. Celui qui l’utilise correctement même s’il est étranger peut alors être considéré comme un vrai Bujumburien.

  1. «Ego» et «Oya»

Voilà  notre «oui»  et «non» mais à Bujumbura ça fait plus sympa de dire le oui et le non en insistant sur la dernière lettre et ça donne Egooooo et Oyaaaaaa.

  1. « Karibu » : un mot swahili pour dire en Kirundi « Kaze » (Bienvenue).

Ce mot est devenu un nom ou un prénom pour certains. Même si le swahili n’est pas officiellement la langue du pays, l’expression est tellement populaire que rares sont des personnes qui peuvent vous souhaiter le  « Karibu » dans une autre langue.

  1. « Tumuku tumukwe »Vient du swahili « Tumukule tumukwepe »

« Tumuku tumukwe » est un code pour dire quelque chose à ses amis de façon que les non-initiés n’y comprennent rien.

A l’origine, c’est un diminutif du Swahili « tumukule tumukupe » (Bouffons son argent et fuyons). Un serveur qui aurait assisté à la naissance de l’expression dans les années 1980 nous a raconté son histoire.  Une fille aurait amené ses copines à son rendez-vous galant. Ne voulant pas rester avec le monsieur, la fille aurait dit à ses amies « Tumuku tumukwe » (Bouffons son argent et fuyons) en n’ajoutant pas le « le » et le « pe » de la fin pour que le monsieur n’y comprenne rien. En fait, il parlait parfaitement le Swahili.

  1. « Sipendi Ujinga» Vient du Swahili. « Sipendi » qui signifie« Je n’aime pas » et «Ujinga» qui peut être traduit par  « ridicule », « ignorance », « stupidité ».

A Buja, comme on appelle affectueusement la ville de Bujumbura, les jeunes utilisent cette expression pour se moquer les uns des autres ou pour critiquer ce qui ne marche pas. Si tu es un utilisateur des réseaux sociaux, tu dois avoir vu au moins une fois le fameux hashtag #SipendiUjinga avec toutes les blagues qui vont avec. L’expression s’est tellement popularisée que ces derniers temps, des T-shirts « Sipendi Ujinga » sont commercialisés et ont beaucoup de succès.

Vue de Bujumbura (Photo Flickr / Stephan Krasowski)

  1. « Gufaiblissa » : ce verbe mélange du kirundi et du français signifie « Rendre faible »

Pour les « boyi » (cuisiniers) et les nounous, le dimanche après-midi est un moment à ne jamais rater. Ils se rencontrent à l’église pour la messe du soir. La plupart arrivent en retard, restent dehors, parlant de popotins du quartier et guettant de potentielles nouvelles conquêtes. Les dimanches soir, sur la cour de l’église, c’est surtout une occasion de faire de nouvelles rencontres. Tous sur leur 31, fleurant bon, leur parfum fait maison ou « You », (un parfum aux odeurs exotiques parait-il), les « boyi » en profitent pour appâter  les filles avec des mots doux, ou des petits cadeaux.

  1. « ATV » : En toutes lettres « Arrivés tardivement en ville»

L’abréviation prend son ampleur après la crise politique de 1993 quand beaucoup de gens de la campagne se sont installés en ville. Comprenez par ville la capitale Bujumbura. Les « ATV » sont donc ces campagnards « venus tardivement en ville », et donc qui ne sont pas forcément les réflexes citadines.  Mais après quelques années en ville, les « ATV » se permettent avec humour et un peu de moquerie se vanter de n’être pas au bas de l’échelle puisqu’après eux sont venus les « ATTV »  (Arrivés Très Tardivement en ville).

  1. «Hezbi» est une adaptation de l’anglais « Has-been »

«Hezbi» se dit d’une personne qui autrefois était populaire ou influente, mais qui n’est plus à la mode. Aujourd’hui, «Hezbi» est un nom donné à une personne pour se moquer d’elle parce qu’elle qui ne fait pas les choses aussi bien que les gens de son rang, qu’elle est en déphasage, surtout dans un groupe.

  1. « Towneur»

De l’anglais « town », (ville), « towneur » désigne un garçon ou une fille de la ville. Et pour certains, appartenir à cette catégorie est plus important que toute autre identité. « Towneur » est devenu synonyme de « connaisseur », de branché, de smart, et qui maitrise bien la vie citadine et son environnement.

  1. « Come from» : est traduit en français comme «qui vient de ».

En été, la ville de Bujumbura se remplit de vacanciers, des Burundais revenus d’Europe, d’Amérique, d’un peu partout dans le monde et en profitent pour s’amuser. Ces vacanciers sont appelés  « come from ». Ils  sont charmants. Ils ont une fraicheur qui attire les autres jeunes restés à Buja avec leurs vêtements et autres accessoires. Tout le monde les aime car ils dépensent sans compter. Et ils font bouger Bujumbura.