Mbala Mbuta Biscott, Matumona Rhum, Patou Kabangu, Tambwe Patiyo Diouf, Alain Kaliyituka Dioko, Tresor Mputu Mabi, Junior Baometo, Firmin Mubele, Siyo Zonatiyo Jeancy… sont des noms très connus dans le milieu sportif Congolais et plus particulièrement le football. Ces sportifs qui ont joué pour les Léopards (équipe nationale de football de la RDC) ont pour la plupart été révélés au grand public par les championnats locaux de football.

La majorité de ces joueurs aux multiples talents ne sont pas passés par des centres professionnels d’encadrement pour devenir des pro-dans la pratique de ce sport. Outre le manque de moyen pour acquérir cette formation, l’absence d’écoles de foot est l’une de causes de ce manque de formation professionnelle pour des jeunes talents. Si actuellement la donne a changé dans les grands centres urbains avec l’avènement de plusieurs centres d’encadrements de footballeurs, dans les milieux ruraux, les chances pour les futures stars du football Congolais sont réduites. « La rue est le seul endroit où se pratique le sport. Sans encadrement, des jeunes talentueux se perdent en embrassant des domaines qui ne sauront pas mettre en valeur leur talent de footballeur. Ce qui n’allait pas être le cas s’ils étaient au préalables encadrés par des spécialistes », déplore Bruno Bla, international ivoirien, ancien joueur de l’Olympique Lyonnais et entraineur de plusieurs clubs au niveau du continent Africain qui a aussi dirigé deux clubs de la première division, le MK Étanchéité et le FC Shark Club en République Démocratique du Congo.

Les jeunes joueurs de Ujana (Crédir Ujana)

D’un désespoir à la gloire

Le  centre Ujana (Jeunesse en langue Swahili, une de quatre langues nationales du Congo-Kinshasa) a d’abord connu plusieurs difficultés au départ avant d’atteindre une période de stabilisation et de gloire note le site internet du centre. « Après avoir fait face à plusieurs difficultés liées à une totale absence d’appui d’institutions publiques responsables du football sur le territoire de la RDC, il a murit en expérience et en connaissance », reconnait le responsable de cet initiative privée avant de lister quelques uns de moments ayant marqué l’envol de Ujana: «  En 2006, toujours animé par sa détermination, Ujana obtient un partenariat et un appui technique de la part d’un important club Européen, l’International de Milan, plus notamment connu comme Inter de Milan. 2012  a été l’année décisive marquée par la signature d’un accord avec le ministère national des sports qui prend conscience de l’importance d’un impact social d’une telle dynamique et de la qualité des infrastructures sportives qui permettent aux footballeurs congolais d’améliorer leurs performances dans les meilleures conditions » fait remarquer le promoteur de ce projet.

De nos jours, Ujana est devenu une référence dans l’encadrement des jeunes gens de 6 à 18 ans qui veulent évoluer dans le milieu du football Congolais (RDC) voire mondial. Ujana rêve de conquérir les autres pays d’Afrique par l’ouverture de centre socio-sportifs dans les années à venir. Le centre occupe un espace de quatre (4) hectares qui est donné en location à l’initiateur du projet, dans l’enceinte du complexe omnisport du Stade Tata Raphaël, un lieu mythique qui avait accueilli le 30 octobre 1974, le combat du siècle (Rumble in the Jungle ) entre Mohamed Ali et Georges Foreman pour le titre de champion du monde poids lourds de la boxe. Ce centre dispose de l’architecture des deux blocs avec de terrains de foot dont deux terrains de jeux aux dimensions réglementaires de la Fédération Internationale de Football Association, FIFA; de deux (2)  terrains de mini-football et de 7 autres mini-stades, tous conformes aux normes internationales. Tous ces services sont complétés par un parking réservé aux usagers du centre de formation, couvrant une superficie de 10.000 mètres.  Dans son actif, le centre a déjà formé plus de trois milles (3000) joueurs selon les dernières statistiques publiées par le centre. Le centre dispose également d’un club de football  de seniors, un club de joueurs de moins de vingt ans et celui de cadets. « Le centre Ujana, une pépinière pour le football Congolais, a aussi donné plusieurs joueurs professionnels aux équipes de la capitale Congolaise », affirme Alain Tsepuk’.

Le Centre Ujana veut susciter les futures stars du football congolais (Crédit Ujana)

Lors de leur stage dans la ville de Viareggio en Italie au cours de l’année en cours, les joueurs de ce centre de formation Congolais ont retenu l’attention des grands clubs Européens. « Les clubs Italiens, Portugais, Français et Grecs n’ont pas pu s’empêcher de s’intéresser particulièrement à neuf (9) de nos joueurs, retenus pour les tests en Europe », écrit le site internet d’Ujana en énumérant les noms de joueurs retenus entre autres Bola Lobota, Luzolo Sita, Ngimbi Mvumbi, Muzungu Lukombe, Likuta Luezi, Diala Docta, Numbi Monga, Osonga Shomba, Kamalanduako Kama et les quatorze (14) équipes européennes qui ont sollicité ces joueurs: Juventus, Fiorentina, Benfica, Torino, Pro Vercelli, Entella, Pisa, Sassuolo, Khallithea, Sporting Braga, Troyes, Niort, Academica Coimbra.

Le social, deuxième pilier de l’action du centre Ujana

Le centre a mis en place une approche sociale pour mettre ses activités au bénéfice de populations défavorisées de Kinshasa. Dans le cadre de son action sociale, Ujana développe une organisation de soutien aux enfants défavorisés provenant pour la plupart du camp militaire Kokolo, le camp militaire Lufungula ainsi que des foyers pauvres de communes urbano-rurales de la capitale Congolaise. Chaque jour les entraineurs de l’académie de football Ujana forment plus de 300 enfants  provenant des différentes institutions (écoles publiques, centre de rééducation, orphelinats,…). « Cet encadrement entre dans le but de leur offrir un cadre d’épanouissement sportif en suscitant la passion du football et l’espoir de pouvoir un jour devenir des footballeurs professionnels. Nous offrons la même formation aux élèves que nous encadrons aux enfants issus des couches sociales les plus défavorisées, tant les filles que les garçons », témoigne Marco Ragini entraîneur de l’Amical Club Ujana.