D’après le journal Le Monde, la France a autorisé depuis le mois de janvier l’exportation de sept cargaisons d’atrazine vers la Chine, la Suisse, le Pakistan, le Soudan, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan. Ce pesticide fabriqué principalement par l’entreprise suisse Syngenta, est interdit en France depuis 2001 et en Europe depuis 2004 car il est très polluant.
Outre l’atrazine, Syngenta exporte un autre pesticide interdit en Suisse et dans l’Union européenne, le paraquat. Selon les documents recueillis par l’ONG suisse Public Eye, entre 2012 et 2016, quatre exportations de paraquat et treize d’atrazine ont été enregistrées depuis la Suisse vers des pays comme le Cameroun, l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Inde, le Pakistan, le Perou et la Thaïlande.

L’actrice Melanie Winiger au Public Eye Awards 2008, Davos, Schweiz, © nitsch.ch L’ONG Public Eye a organisé un contre-événement au Forum Économique de Davos de 2000 à 2015 où il attribuait le Public Eye Award aux entreprises irresponsables au niveau environnemental ou social

« Malgré sa dangerosité, écrit Public Eye, Syngenta continue de vendre l’herbicide paraquat dans plus de cent pays, le plus souvent sous la marque « Gramoxone ». Il est utilisé notamment dans les plantations de bananes, de café, d’huile de palme, de coton, de caoutchouc, d’ananas ou encore dans les vergers. Des exploitations agricoles de toute taille l’utilisent dans les champs de maïs ou les rizières. »

Les pesticides empoisonnent 25 millions de personnes par année
Public Eye vient de lancer une campagne contre l’exportation de ces pesticides et demande leur interdiction:
« De nombreux pesticides sont hautement toxiques pour l’être humain. Mais souvent, les paysans et les paysannes en Afrique, en Amérique du Sud, en Amérique centrale et en Asie du Sud-Est ne disposent pas d’équipements de protection adaptés, ou s’ils en possèdent, ils n’ont pas les connaissances nécessaires pour les employer efficacement. Par conséquent, des millions d’intoxications sont à déplorer. En 1990 déjà, l’OMS estimait le nombre d’empoisonnements dus aux pesticides à 25 millions par année (sans les suicides). Le nombre de personnes empoisonnées chaque année est sans aucun doute encore plus élevé aujourd’hui ».
Les pesticides causeraient des maladies chroniques telles que le Parkinson ou le cancer. Certains pesticides perturberaient la reproduction des hommes et des animaux.
Public Eye demande que pour autoriser un pesticide dans les pays en développement, il faut tenir compte des conditions réelles, sur place, dans lesquelles le produit va être utilisé. « Jusqu’ici, on s’est souvent basé sur des hypothèses correspondant uniquement à la situation qui prévaut dans les pays industrialisés ».