A la tête du G20 en 2017, l’Allemagne compte faire de l’Afrique une priorité. Dans le document « L’Afrique et l’Europe : un nouveau partenariat pour le développement et la paix », édité cette année 2017 par le gouvernement allemand, on apprend que « 2017 est l’année de l’Afrique en Allemagne et dans l’Union Européenne. L’Afrique est la priorité thématique de la présidence allemande du G20 ».

L’Allemagne veut profiter de sa présidence du G20 pour susciter une nouvelle forme de partenariat avec le continent africain. Mais pas dans les mêmes termes qu’avant. « Nous avons besoin  d’un changement de paradigme dans la coopération avec nos partenaires africains (…) Nous ne devons pas tout modifier mais améliorer un certain nombre de choses, les faire plus rapidement et de manière plus conséquente », avertit-on déjà dans ce qu’on peut considérer comme le document-politique du nouveau partenariat préconisé par l’Allemagne à l’égard de l’Afrique.

La conférence « Compact with Africa » tenue les 12 et 13 juin en Allemagne en marge du sommet du G20, apparaît comme le lancement de cette nouvelle ère insufflée par la diplomatie allemande. Plusieurs partenariats, qui prendront une forme de parrainage, sont conclus entre d’un côté des pays du G20 et de l’autres des pays africains invités. La Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Ghana sont, eux, les trois premiers « enfants chéris » de l’Allemagne qui promet leur accorder un chèque de 100 millions d’euros chacun, en plus d’autres facilités. D’autres pays comme le Maroc, le Rwanda et le Sénégal seront eux parrainés par des pays comme la France, l’Espagne et la Grande Bretagne.

 « Nous voulons abandonner le principe du saupoudrage pour aller vers un soutien ciblé des pays réformateurs », avertit le document de politique africaine d’Allemagne. « Conjointement avec les autres acteurs européens et internationaux, nous entendons fonder, avec les Etats africains les plus réformateurs, des partenariats réformateurs incitatifs, favorisant ainsi un développement durable accéléré. A cet effet, nous allons rendre plus flexibles les instruments de la politique de développement de manière à réagir plus vite et de manière plus ciblée aux mutations politiques », promet-on.

« Cela veut dire qu’à l’avenir, nous coopérerons plus intensément avec les Etats réformateurs et qui le prouvent notamment à travers leur fiabilité, l’Etat de droit et la participation politique de leurs citoyens », poursuivent les Allemands. Voilà là où beaucoup de pays africains risquent de pousser des jurons, puisque non-éligibles. Et si finalement, ce nouveau partenariat était plus destiné à faire le tri, et davantage isoler les pays encore sous le joug des potentats et monarchies qui écument le continent.

Au demeurant, au Sommet Europe-Afrique en vue en fin d’année 2017, en Côte d’Ivoire, l’Allemagne et ses partenaires européens ne manqueront pas d’insister sur les nouveaux paradigmes qui conditionneront désormais leurs appuis.