Si son modèle est de plus en plus copié, le  Togo dispose aujourd’hui de plusieurs centres de formation, le centre Sporting club de Lomé de Carmelio Akoussah est l’un des tout premiers. Créé au début des années 90, il est resté pendant une décennie un vivier pour les équipes de 1ère division et de l’équipe nationale.

En effet, en dehors de Sheyi Adebayor le plus connu des pensionnaires de son centre et Ballon d’Or Africain en 2008, on peut compter Djima Oyawolé (ancien sociétaire de FC Metz en France), Olufadé Adékanmi (ex-lillois et premier joueur togolais à marquer dans la ligue des champions en Europe), le longiligne défenseur Nibombé Daré qui a fait les beaux jours du FC Mons en Belgique, l’ex-gardien de but des Epervier et rescapé de l’attentat de Cabinda en janvier 2010, Kodjovi Obilalé, Prince Segbéfia (ex-sociétaire d’AJ Auxerre, France), etc. qui ont tous éclos sous la direction de Carmelio Akoussah. Il a su leur inculquer une culture tactique et technique, des éléments de base fondamentale indispensables à tout joueur qui veut atteindre le sommet ou réussir sa vie dans le football.

Des joueurs de l’épopée des éliminatoires de la Coupe du  monde de 2006 et la phase finale de la CAN de la même année en Egypte sont sortis de Sporting club de Lomé

Beaucoup des joueurs de l’épopée des éliminatoires de la Coupe du  monde de 2006 et la phase finale de la CAN de la même année en Egypte sont sortis de Sporting club de Lomé. Sur les 23 Eperviers qui ont participé à la Coupe du monde de 2006 en Allemagne, sept (07) sont sortis de ce centre. Ce qui fait de Sporting club de Lomé, une fabrique de stars.

Toutefois, certains n’ont pas eu la chance d’évoluer dans les championnats européens. Néanmoins, ils sont des stars dans le championnat national, à l’instar de Jean-Robert Klomegah champion du Togo de la saison 2016-2017 avec l’AS Togo Port, Venance Combé, ancienne gloire de l’Etoile filante de Lomé, entre autres.

Carmelio Akoussah, avec des jeunes joueurs de son centre (Ph. Fabrice A.)

La méthode Akoussah

 Camelio Akoussah a réussi à transmettre aux pensionnaires de son centre la rigueur, l’abnégation au travail. Son secret, « c’est la discipline, le sérieux au travail ». « Nous travaillons sur le plan technique, tactique. Sur le plan théorique, j’amène des tableaux, nous discutons avec les joueurs, nous visionnons des matches à la maison quand le terrain n’est pas praticable », confie-t-il.

Souvent j’allais dans leur maison, pour voir ce qui se passe, les problèmes qu’ils rencontrent. Et à la fin de l’année, ceux qui réussissent à l’école, sont récompensés

Aussi le formateur devenu instructeur  d’élite de la Confédération africaine de football (CAF) a-t-il allié football et école. « Il y a aussi le suivi des joueurs. Souvent j’allais dans leur maison, pour voir ce qui se passe, les problèmes qu’ils rencontrent. Et à la fin de l’année, ceux qui réussissent à l’école, sont récompensés. Dès fois ceux qui ne peuvent pas poursuivre les études sont envoyés en apprentissage. L’objectif c’est de ne pas avoir des joueurs chômeurs dans le centre », souligne le directeur de Sporting club de Lomé.

Très tôt, il va faire de son centre, un club mixte. Sur le plan féminin, Ayokovi Gabiam, du club Amis du Togo a été l’une des meilleures joueuses du championnat féminin. Aujourd’hui en Europe, elle donne envie aux filles de joueur au cuir rond car elle était une manieuse de ballon. Tout comme Bertille Konou et Gracia Afangninou (joueuse à FC Athléta, un autre club phare du pays) sont formées par Carmelio Akoussah.

Paradoxalement, les infrastructures n’ont pas évolué malgré la panoplie des pépites qui ont éclos au Sporting club de Lomé. Le centre partage toujours le terrain d’entraînement avec Entente II, un club de légende de la capitale togolaise ! Il  ne dispose pas non plus de structure adéquate, comme en voit aujourd’hui dans les pays où le football est devenu une véritable industrie. Ce qui est un peu déconcertant.

Carmelio Akoussah, diplômé de l’Institut national de jeunesse et sport (INJS) de Lomé, ancien enseignant d’éducations physiques et sportives (EPS) et ancien directeur technique national de l’équipe nationale du Togo, reste malgré tout optimiste. Même s’il déplore que certains talents de la nouvelle génération ne se font pas violence pour réussir comme leurs aînés notamment Shéyi Emmanuel Adebayor, Olufade Adekanmi et consorts, il peut être fier de ceux qui assurent déjà la relève. Nibombé Daré (poursuit actuellement une formation d’entraîneur en Belgique) et Olufade Adekanmi lui emboîtent le pas. Ce dernier est actuellement le coach de Sémassi Sokodé, un des grands clubs de la région centrale du pays.