Un rapport de 2010 dit qu’il y aurait plus de 3000 enfants qui n’ont pas de domicile et qui errent dans les rues de Bujumbura et dans d’autres villes du Burundi. Ce nombre doit avoir sensiblement augmenté depuis 2015 où le Burundi est retombé dans une crise politique et économique de grande ampleur. Ces derniers temps, ces enfants sont pourchassés par la police qui tente de les contraindre de retourner dans les campagnes d’où ils sont venus, sans succès.

Selon les estimations des associations locales, plus de 50% des enfants décèdent dans les quatre premières années qui suivent leur arrivée dans la rue.

Le repas du dimanche

Pour redonner à ces enfants un espoir, des jeunes se sont organisés dans l’association YSBP (Youth Building in Synergy to end Proverty). Cette association scolarise les enfants qui n’ont pas de moyens et un éducateur est chargé de les suivre. Ils sont également logés et nourris.

Chaque dimanche, les membres de cette association offre aux enfants de rue un repas, le « SundayMeal », depuis 3 ans. Le Président et Représentant Leïs-Bruel Haragirimana de cette association explique que «le « SundayMeal » est une composante du programme « Feed a child » (Nourrir un enfant). Ce programme consiste à insérer (ou réinsérer) les enfants de la rue dans une vie sociale normale », complète Leïs-Bruel Haragirimana, représentant légal de YSBP, ajoutant que « l’enfant passe dans l’un de nos deux centres d’accueil ou il reste jusqu’à ce qu’on retrouve ses origines. Si la relation entre l’enfant et un des membres de sa famille se passe bien, l’enfant retourne grandir dans son milieu familial. Cela peut prendre deux à quatre ans ». Le YBSP a un projet ambitieux de pouvoir créer et coordonner un grand centre éducatif.

Les jeunes de l’association YBSP donnent de la nourriture aux enfants de la rue.
Photo @YBSP

Parmi ces enfants abandonnés et laissés à eux même, figurent aussi des enfants «chefs de ménage». Ces enfants s’occupent des leurs petits frères et sœurs et jouent des rôles qui ne sont pas normalement les leurs. Ces «chefs de ménage» font face aux problèmes liés à leur alimentation, leur santé et leur scolarité. Certaines organisations luttant pour les droits des enfants ont créé des centres de réinsertion et de réinstallation de ces enfants dont les parents sont décédés suite aux maladies ou à cause de la guerre.

Des enfants vendues dans les pays arabes
En 2014, une association canadienne a dénoncé un large réseau de trafic de jeunes filles qui impliquait aussi de hautes autorités. Des jeunes filles étaient recrutées des villages, et leurs trafiquants, souvent d’anciennes prostituées, leurs promettaient des emplois en ville. Les filles étaient alors vendues principalement dans les pays arabes comme Oman, Liban, etc où elles sont condamnées à de lourds travaux domestiques et à l’esclavage sexuel.

Les nombreux témoignages de ces filles disaient que leurs documents de voyage étaient modifiés pour qu’elles soient majeures sur papier. Leurs noms étaient changés pour paraitre musulmanes. La Police de l’Air et des Frontières (PAFE) était impliquée parce qu’elle leur fournissait de faux documents de voyage. La même police a toujours nié ce trafic disant que « chaque personne avec des documents en ordre avait le droit de voyager où bon lui semble ». Depuis, les jeunes filles vendues dans ces pays ne cessent de crier au secours pour qu’on les ramène dans leur pays.

En ce jour où nous célébrons la journée mondiale de l’enfant africain, c’est une occasion d’interpeller le gouvernement pour qu’il se souvienne qu’il est responsable de tous les enfants de son pays et qu’il a la responsabilité de soutenir les enfants en difficulté. L’effort des ONG ne suffit pas pour garantir à ces enfants le bel avenir qu’ils méritent.