D’après un rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), le nombre de chômeurs dans le monde a grimpé de presque un million pour atteindre 197,1 millions de personnes, ce qui représente un taux de chômage de 5,75%.
Une des solutions au chômage est d’encourager l’entrepreneuriat féminin. En Afrique, les femmes se sont toujours battues pour faire vivre leurs familles, mais la majorité d’entre ces entrepreneurs féminins se trouvent dans l’informel. L’accès au financement reste une de leurs grandes barrières. Selon Breuil Munganga de la Maison Bujana en RD Congo, « il n’est pas difficile d’entreprendre quand on est une femme. Le plus gros problème est le manque de fonds pour se lancer dans les grosses affaires. Rares sont les femmes entrepreneures qui ont un chiffre d’affaires annuel de plus de 30.000 dollars. C’est pourquoi la plupart des femmes évoluent dans l’informel et dans les tout petits business. »

Ainsi la corrélation est forte entre la grande entreprise et la disponibilité du financement bancaire. Selon Monsieur E. Kounou, un analyste financier dans un cabinet d’ingénierie financière de Cotonou au Benin, « les banques appréhendent une probabilité de défaut élevée du financement accordé aux petites et moyennes entreprises, sans distinction du genre de la personne qui les dirigent. Cependant, la proportion de femmes entrepreneuses reste faible dans les portefeuilles des banques qui considèrent qu’elles ont parfois le désavantage de ne pas avoir la courbe d’expérience des hommes dans plusieurs domaines d’activité ».

Heureusement, tout n’est pas perdu, car, selon toujours M. Kounou, « finalement, le taux de remboursement de crédits est plus élevé chez les femmes que chez les hommes ».

Elles ont besoin de soutien

Pour cette raison et du fait du rôle social central joué par les femmes, de grandes institutions financières œuvrent depuis plusieurs années à faciliter leur accès au financement bancaire. Ainsi, le communiqué qui a sanctionné la signature du mémorandum signé par la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Société Financière Internationale (SFI) le 22 Mai 2017, à Ahmedabad (Inde), et visant à promouvoir les investissements qui profitent aux femmes en Afrique dit que « l’Affirmative Finance Action for Women in Africa (AFAWA), de la BAD tirera parti des instruments d’inclusion financière, du renforcement des capacités, de la formation, du mentorat, du partage des connaissances pour responsabiliser les femmes entrepreneures en mobilisant environ 3 milliards $ sur 10 ans ».

Ensuite, le communiqué mentionne le programme « Banking on Women » où la SFI joue un rôle de catalyseur pour les partenaires et les institutions financières, permettra d’aider les entreprises appartenant à des femmes de manière soutenue. Ces initiatives viennent rendre justice à toutes ces femmes pionnières qui ont depuis longtemps bravé les pesanteurs sociales de toutes sortes pour émerger dans un monde des affaires souvent dominé par les hommes.

En effet, des jeunes femmes africaines mieux outillées intellectuellement créent leurs entreprises et réussissent. Elles prennent progressivement le relais de celles qu’on appelle les « Nana Benz », en Afrique de l’Ouest, ces femmes qui pour la plupart n’ont pas fait d’études, mais qui ont pu conquérir le continent en construisant des entreprises commerciales prospères.

L’union faisant la force, les femmes ont réalisé qu’elles peuvent améliorer leurs vies en se mettant ensemble. C’est le cas de la Maison Bujana, fondée par 4 jeunes femmes natives du Sud-Kivu en RDC. Soucieuses d’apporter leur contribution dans la grande bataille pour l’amélioration des conditions de vie des femmes défavorisées, elles font des merveilles dans la couture et l’artisanat dans la ville de Bukavu. La Maison Bujana vend plusieurs articles dont des habits, sacs, bijoux et autres objets décoratifs confectionnés dans ses ateliers. Elle fait bouger les lignes, même s’il y a encore des améliorations à apporter au niveau de la finition.

Le manque de créativité
Même si l’entrepreneuriat féminin est une réalité sur le continent, il s’observe un manque criant de créativité aussi bien en ce qui concerne les services et produits offerts. Breuil Munganga le déplore : « Le manque de créativité est un autre problème chez la plupart des femmes qui font du business chez moi en RD Congo. Les femmes ont peur d’échouer et se lancent sur des sentiers battus. Nombreuses sont les femmes qui se sont lancées dans le commerce des pagnes dits « africains» parce que, pour elles, c’est moins risqué que de se lancer dans la vente de voitures ou de monter une entreprise de transformation des produits laitiers, par exemple. »

Quelques produits de la Maison Bujana .
Source: Archives

Des pistes de solutions existent, malgré tout, pour mitiger les faiblesses constatées ici et là. Une des solutions réside dans le mentorat. En effet, le mentorat permet de partager l’histoire des parcours de ceux et celles qui ont réussi dans l’entreprenariat. Assimilé au coaching, le mentorat permet aux nouveaux entrepreneurs d’acquérir des conseils avisés et du savoir-faire de la part des mentors qui ont l’expérience. Il devient donc important de créer des cadres de rencontres entre femmes entrepreneurs. Heureusement, avec Internet, les femmes ont l’opportunité d’apprendre des autres qui ont réussi et qui réussissent dans le monde entier. L’accès au savoir, qui est la clef du succès dans les affaires, n’a plus de limites.