La crise des réfugiés a beaucoup inquiété les pays Occidentaux, qui craignent de voir déferler sur leurs territoires des « hordes » de réfugiés qui risquent de voler des emplois à leurs citoyens, importer le terrorisme et même faire disparaitre la culture Occidentale.

Mais les pays Occidentaux n’accueillent qu’une petite minorité. 85% des réfugiés se trouvent dans les pays pauvres, principalement au Moyen Orient et en Afrique.

Sur le continent africain, c’est le conflit au Sud-Soudan qui crée le plus de réfugiés. D’après le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), plus de 3,3 millions de Sud-Soudanais avaient fui leur maison fin 2016. La majorité d’entre eux trouvent refuge dans l’Ouganda voisin.

Le Tchad aussi accueille plus de 800 000 réfugiés fuyant Boko Haram ou la guerre en Libye. La crise au Burundi provoquée par la décision du président Pierre Nkurunziza de s’octroyer un troisième mandat illégal en 2015 a poussé plus de 400 000 Burundais à se réfugier dans le pays voisins.

Si les pays africains font des efforts pour accueillir les réfugiés qui fuient les conflits dans les pays voisins, un grand défi reste à relever : l’éducation des enfants réfugiés. Beaucoup d’enfants de cette catégorie qui sont en âge d’aller à l’école n’y vont pas. L’ancien premier ministre britannique Gordon Brown écrit : « Les données montrent que l’exclusion scolaire que les réfugiés éprouvent devient plus prononcée avec l’âge. Alors que 91% des enfants fréquentent l’école primaire, seulement 51% des enfants réfugiés le font. Et c’est encore pire pour les adolescents. Près de 84% des adolescents du monde entier fréquentent l’école secondaire, contre seulement 22% des adolescents réfugiés. Et alors que quelque 34% des jeunes du monde entier vont à l’université, seulement 1% des jeunes réfugiés obtiennent une éducation supérieure ».

Plus de la moitie des enfants non scolarisés dans le monde sont en Afrique

Si ces données ne concernent pas seulement l’Afrique, celle-ci a le plus d’enfant non scolarisés dans le monde. Mais curieusement, elle reçoit peu d’aide alloué à l’éducation. Voilà ce que dit l’UNESCO : « L’aide n’est pas attribuée selon les besoins. L’Afrique subsaharienne, qui a plus de la moitié des enfants non scolarisés dans le monde, reçoit maintenant moins de la moitié de l’aide à l’éducation de base qu’elle a obtenue en 2002. Cela représente 26% de l’aide totale à l’éducation de base, à peine plus que les 22 % Alloué à l’Afrique du Nord et à l’Asie occidentale, où 9% des enfants ne sont pas scolarisés ».

En cette journée où nous célébrons la Journée Mondiale des Réfugiés, il est important que tout le monde comprenne que les enfants réfugies d’Afrique ont les mêmes droits que les autres, et qu’ils doivent bénéficier de « l’éducation pour tous », pour pouvoir bénéficier des mêmes opportunités que tous les autres. Les pays africains qui accueillent ces enfants ont suffisamment de défis pour scolariser leurs propres enfants, et ne pourront pas s’occuper de leur éducation tous seuls. La communauté internationale doit accroitre sa contribution, si vraiment elle veut construire un monde plus juste.