Construite et financée par la Chine à travers un prêt, cette œuvre d’art aux dimensions exceptionnelles, va ouvrir davantage le Mozambique au reste du monde. Le pont de Maputo-Catembe, le plus long en Afrique, est un géant de 3 kilomètres de long et 60 mètres au dessus du niveau de la mer. Ce joyau va permettre de « survoler » la baie de Maputo mais aussi de relier en un temps record la capitale du Mozambique au Sud du pays. De même, il rapprochera le Mozambique de l’Afrique du Sud.

Le projet, s’il sera un objet de soulagement pour désenclaver plusieurs ville du pays,  s’exécute à une période difficile pour l’économie mozambicaine. Même s’il a été conçu à une époque florissante. Mais les porteurs du projet ne veulent pas se laisser ébranler par la crise économique que traverse le pays. Pour eux, rien ne devrait perturber la sérénité et l’avancement du chantier. D’ici fin 2017, le pont devrait être livré et les usagers pourraient y rouler sans entrave.

Sur RFI.fr, Silva Mgaia, Le président de Maputo-Sul qui dirige les travaux, a décrit combien ce projet a fait déplacer des familles entières, 400 signale-t-il ; un des motifs du ralentissement du chantier, explique-t-il. Esquive-t-il ainsi les motifs économiques ? Rien n’est moins sûr. Cependant, on sait que l’Etat du Mozambique pense rentabiliser ce projet par un système de péage.

A ce pont, sont annexés d’autres projets de construction de routes. Et il faudra bien boucler le budget des 785 millions de dollars, y compris la part de l’Etat.

Jusqu’ici, c’est le Nigeria qui dispose du plus long pont suspendu du continent. Inauguré en mai 2013, ce dernier avait été construit par des allemands. 1. 358mètres de longueurs. Lorsque l’axe Maputi-Catembe sera inauguré, il sera alors le nouvel ouvrage qui suscitera admiration sur le continent en termes d’infrastructure routière.

Le Mozambique peut-il financer sa part de l’ouvrage ? Cette question restera le sujet de discorde au sein de la société civile mozambicaine. Mais une fois l’œuvre réalisée, on pourrait mesurer son réel impact sur la vie socio-économique du pays. Pour l’heure, le plus grand défi sera la transparence dans la gestion des fonds pour la réalisation de cet ambitieux projet, histoire de ne donner trop tôt raisons aux langues critiques. Situation qui, au cas échéant, ne manquera pas de ternir l’éclat de cet chef d’œuvre.