La plupart des femmes atteignent difficilement voire rarement l’orgasme lors des relations sexuelles. Il y a certaines qui n’accèdent jamais à cette jouissance « suprême ».

Sophie, (nom d’emprunt) travaille dans une entreprise dans la banlieue de Dakar. Comme beaucoup de femmes, la jeune dame, la trentaine, se dit mal à l’aise d’aborder ce genre de sujet. Pour elle, on doit en parler avec tact pour aider les couples dont les femmes ne connaissent pas d’orgasme, de jouissance donc. « Je ne sais pas exactement ce qu’est la jouissance. Mais pendant les rapports sexuels avec mon mari, je crie très fort  et je me sens mouillé au niveau du bas ventre. Mais je précise bien que je ne suis pas femme fontaine», confie notre interlocutrice, avec gêne.

Marième, (nom d’emprunt) est étudiante à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar. Divorcée et mère d’une fille de quatre ans, la jeune peulh n’a pas mis les gangs pour nous parler de ses ébats sexuels. «Ooooh !!! C’est le plaisir extrême, l’orgasme. Le fait d’y penser seulement, je me sens mouillée. C’est en ces moments où je sens le goût du désir. Et il m’arrive même d’insulter mon partenaire à cause du plaisir qu’il me procure », dit-elle en riant.

Professionnelle de l’éducation, Charlotte, (nom d’emprunt), estime que la période de la jouissance est sans doute le meilleur moment de sa vie. Elle qualifie même l’orgasme de bonheur extrême. «Pendant ces moments là, je suis prête à offrir à mon mari tous mes biens, ma voiture de fonction et même mon terrain qui est à l’entrée de Thiès. Il sait comment me faire jouir surtout la manière dont il m’amène au 7ème ciel. Je pense qu’il faut un bon partenaire pour la jouissance », nous confie-t-elle avec assurance.

Amina, (nom d’emprunt), vient de se marier. Abordant la question de la jouissance, la nouvelle mariée accepte de nous raconter ses premières nuits de noce. « Pour les premiers contacts, j’ignorais l’orgasme. Mais une fois que mon partenaire m’a pénétré, j’ai senti une vibration. Mes pieds ne tenaient plus. Après je ne pouvais plus me retenir, je criais et le serrait très fort. Quand il m’a laissé, j’ai continué les cris et c’est par là que j’ai su c’était l’orgasme vaginal ».

Avis d’expert…

De l’avis du gynécologue Abdoulaye Diop, il faut une longue consultation même chez un spécialiste, avant que la femme accepte timidement d’aborder le sujet de la jouissance.

D’après Dr Abdoulaye Diop, l’absence de plaisir chez la femme peut s’expliquer par l’élimination d’une cause médicale : une infection génitale. Il estime que cette apparente frigidité n’a pas d’origine pathologique.

Pour étayer son argumentaire, le gynécologue fait une comparaison du plaisir masculin et celui du féminin. L’homme a un plaisir « en cloche. C’est-à-dire, il débute vite, atteint rapidement son paroxysme, puis, dès l’orgasme, le plaisir descend et s’éteint ». Il précise que l’éjaculation chez un homme est synonyme d’orgasme chez la femme.

On note une grande différence chez la femme. « Le plaisir arrive lentement. Parfois même, il faut plusieurs dizaines de minutes, mais lorsque le plaisir suprême est atteint, il peut durer longtemps et elle peut enchaîner plusieurs orgasmes. Contrairement à l’homme, qui ne peut en avoir qu’un à la fois en général. On parle de plaisir en plateau », explique Dr Abdoulaye Diop.

Pour un rapport sexuel satisfaisant, il faut pouvoir fusionner le sommet de la cloche avec le sommet du plateau, de manière imagée, dira le gynécologue.

Donc, selon Dr Diop, « si un homme veut accéder au plaisir avec sa femme, il doit prendre le temps de s’occuper d’elle en premier lieu ». Il renchérit : «  s’il se concentre sur son plaisir à lui en premier, il risque d’arriver à son orgasme (éjaculation) alors que sa partenaire n’a même pas encore dépassé le stade de début d’excitation ».

Conseils du gynéco…

« Il faut prendre le temps de connaître et d’explorer sa partenaire. Ainsi, au fil du temps, vous découvrez la bonne corde à actionner pour la faire vibre ». Pour lui, si l’homme est bien attentif, bien patient et persévérant, il peut arriver à faire accéder à sa femme à la jouissance avec plusieurs astuces. « C’est pour dire que le premier organe érogène de la femme (comme pour l’homme), c’est son cerveau », conclut-il.