Selon la lettre de suspension, cette infirmière travaillant dans un centre de santé communautaire d’Odumase dans la Région Orientale sera aussi privée d’une partie de son salaire du mois de juillet dans le cadre de sa punition.

«Mon équipe vous suspend du travail pendant deux semaines avec un effet immédiat en raison de votre refus de respecter mes instructions verbales vous empêchant d’amener votre bébé au travailler», a écrit le directeur municipal des services de santé Martin Osafo Osei dans la lettre.

« Plus encore, vous avez été avertie à plusieurs reprises contre cette conduite », continue la lettre. « Ce développement pourrait affecter votre salaire mensuel pour juillet 2017 pendant la période de suspension » a conclu le directeur.

Pourtant, selon la Loi sur le travail (loi 651) du Ghana, section 57: «(6) Une mère allaitante a le droit d’interrompre son travail pendant une heure pendant ses heures de travail pour s’occuper de son bébé. (7) Les interruptions de travail effectuées par une mère allaitante pour prendre soin de son bébé doivent être considérées comme des heures de travail et payées en conséquence».

Les défenseurs des droits des femmes dénoncent la misogynie

Les défenseurs des droits des femmes considèrent cette affaire comme une nouvelle preuve de la misogynie qui handicaperait la société ghanéenne. C’est du moins l’avis du site Ghana Celebrities qui commente : « Le Ghana au fil des ans est devenu fièrement le pays où les femmes sont ouvertement discriminées simplement pour avoir subi leurs fonctions biologiques normales et personne ne réagit.  Des étudiantes ont été empêchées de passer leurs examens parce qu’elles sont enceintes, même au niveau tertiaire où celles qui étudient sont adultes, certaines entreprises ont des politiques de maternité horribles qui punissent les femmes parce que ce sont elles qui portent les enfants. La liste d’horreurs continue encore et encore.  La dernière institution à rejoindre cette glorieuse liste est le Service de santé du Ghana, qui a suspendu une mère allaitante pour allaiter son enfant au travail ».

Suite à l’indignation suscitée par la médiatisation de l’affaire, le Service de Santé vient d’annuler la suspension de l’infirmière. « Le directeur municipal a été interrogé et il s’est rétracté, a retiré la lettre et a présenté ses excuses à la femme en question après une réunion avec ses supérieurs. L’affaire a été réglée », a déclaré la porte-parole du du Service de Santé du Ghana, Rebecca Ackwonu.

Madame Adu-Kyie peut maintenant “amener son bébé au travail”, a-t-elle dit.