La première année de Jean-Pierre Essombe Mambingo au collège, il passe directement en classe de 5ème. « La classe de sixième a compté pendant ses cours de vacances. Il avait de très bons résultats. Le directeur de l’école m’a fait comprendre que mon fils avait des aptitudes exceptionnelles. Il m’a par la suite dit qu’il était apte à aller en classe supérieure sans même passer par la sixième », relate Eitel Mambingo, le papa du jeune surdoué.

A cette époque, le jeune enfant seulement âgé entre 6 et 7 ans, faisait même déjà des remarques sur les épreuves d’examen. Une pratique qui énervait ses camarades de classe et éveillait de plus en plus la curiosité de ses professeurs. « Il avait des difficultés et cela le frustrait parfois. Je l’ai enlevé  dans cette école à seulement deux mois de classe pour l’inscrire dans un autre établissement scolaire », confie le père de l’enfant.

Le BEPC à 8 ans

C’est à l’âge de 8 ans que le jeune surdoué Jean-Pierre Essombe Mambingo obtient son Brevet d’études du premier cycle (BEPC), diplôme qui n’est normalement accessible qu’après 10 ans d’études. Pour avoir l’autorisation de passe cet examen, la délégation régionale de l’enseignement secondaire avait dû lui délivrer une autorisation spéciale. «  Pour bon nombre de personnes, il était trop jeune pour faire cette classe. J’ai du me battre du côté de l’administration pour obtenir gain de cause. Au préalable, ils ont fait quelques tests psychotechniques », évoque Eitel Manbingo. Même processus du côté de l’examen de probatoire. Sauf qu’à l’opposé du BEPC, le processus administratif a été bien plus difficile cette année. «  Quand je suis retournée à la délégation pour obtenir une autorisation, elle a refusé. Les responsables m’ont dit que je leur faisais une grosse blague. Ils m’ont renvoyé au Ministère », affirme-t-il avant d’ajouter. « Quand je suis arrivé le lendemain au ministère avec mon fils, l’on m’a fait comprendre que tout dépendait de l’office du baccalauréat. Les responsables de l’office l’ont mis à l’épreuve avant de nous délivrer cette autorisation ».

Au cabinet du ministre pour l’obtention d’une autorisation

Aujourd’hui, il est dans l’attente des résultats de cet examen qui se fait en première et qui fait office de passeport pour la classe de terminale dans le sous-système scolaire francophone au Cameroun.   S’il est admis, il abordera cette classe à l’âge de 11 ans et pourra égaler en 2018, à 12 ans, le record du plus jeune bachelier camerounais détenu jusqu’à présent par le jeune Bamba du collège moderne bilingue des Lauréats de Douala, reçu en 2006.

Un parcours exceptionnel

Orphelin de mère, le petit surdoué né prématuré, est encadré par son père. Ce dernier a découvert l’intelligence de son fils à l’âge de 2 ans. «  Il a tout fait rapidement. Je ne me rappelle pas l’avoir vu ramper à quatre pattes comme  les enfants de 7 à 8 mois. Il a parlé tôt. A un an et demi, il articulait déjà bien les mots », se rappelle son père. Au bas âge, Jean-Pierre Essombe Mambingo manifestait déjà l’envie pour l’école.  Il avait deux ans et demi quand, il rentre à la maternelle, petite section.  La même année scolaire, le petit entre en grande section.

« C’est même à partir de là qu’il révèle ses capacités intellectuelles impressionnantes pour les calculs. Il répondait aux questions sans passer les bâtonnets comme les camarades de son âge », révèle le père de Jean-Pierre Essombe Mambingo. A cet âge, le petit manifestait déjà un désintérêt pour les enseignements de cette classe et ne prenait presque jamais les notes. « Il trouvait cela trop faible. Un jour, l’une de ses maitresses lui a donné la note de zéro à un devoir de mathematiques. Il est venu me voir pour me demander si ses réponses étaient fausses. Or, ce n’était pas le cas. Je suis allée à l’école pour avoir des comptes. Sa maitresse m’a fait comprendre que c’était parce qu’il brulait les étapes », raconte Eitel Mambingo.

Le jeune Jean Pierre Essombe, a obtenu son Certificat d’études primaire à l’âge de 5 ans. L’âge auquel de nombreux enfants de son âge sont encore à la maternelle. Le petit Essomba a fait de la Sil au CM2 en l’espace d’une année. «  Il a composé d’une manière peu orthodoxe. C’était quasiment une bagarre », se souvient son père. Le petit surdoué a été refoulé à la porte de plusieurs établissements scolaires. « Personne ne voulait l’introduire dans une classe supérieure. On voulait à chaque fois le mettre en classe inférieure. Mais après des examens de niveau. De nombreux enseignants ont pu faire le constat qu’ils pouvait faire immédiatement la classe de CM2, celle qui ouvre la porte au collège ».

« Les épreuves de mathématiques pour lui, c’est un jeu d’enfant. Ses réflexes sont vraiment assez développés. Il n’hésite  pas à poser des questions. Il est tout le temps entrain de mettre les enseignants au challenge »

Pythagore

C’est donc à l’école primaire que le petit obtient le surnom de « Pythagore ». D’après ses proches, il est excellent en mathématique, physique et Chimie. Et obtient des notes situées entre 17 et 20/20.  « Les épreuves de mathématiques pour lui, c’est un jeu d’enfant. Ses reflexes sont vraiment assez développés. Il n’hésite  pas à poser des questions. Il est tout le temps entrain de mettre les enseignants au challenge », relève son enseignant M. Gael Yssekesseck Bekona, également promoteur du groupe d’études et de programme d’aide scolaire (GPAC).

Troisième né d’une fratrie de quatre enfants, ce petit génie, avec des gestuelles d’enfant de son âge, reste tout de même stable malgré les difficultés rencontrées dans son parcours. «  Comme je suis petit. Mes camarades de classe me reprochaient mon niveau intellectuel. Ils me demandaient de rentrer au CM2. En réponse, je leur disais que je suis pas arrivé dans cette classe par magie », relève-t-il sur un ton d’enfant de son âge. Les provocations  de ses camarades de classe ne l’empêchent pas de savoir avec précisions où il va.  Le  petit mathématicien envisage de devenir ingénieur en électromécanique et faire de la robotisation quand il sera plus grand.

Dans la famille Mambingo, les enfants semblent être particulièrement intelligents. La petite sœur du jeune Phytagore est âgée de 8 ans et fait déjà la classe de 5ème.