Le président gambien Adama Barrow a annoncé ce vendredi sur sa page facebook que son gouvernement ne célébrera pas l’anniversaire du coup d’Etat mené par son prédécesseur Yahya Jammeh le 22 Juillet 1994.

« La démocratie ne peut pas célébrer l’autocratie. Mon gouvernement est élu démocratiquement et nous promouvons les principes de la démocratie sur lesquels il a été élu au leadership. Il serait inconcevable, compte tenu de la perspective historique évidente, de s’attendre à ce que le coup d’Etat militaire du 22 juillet se fasse célébrer comme une fête nationale dans la Nouvelle Gambie ».

A l’issue de ce coup d’Etat contre le pouvoir élu mais corrompu de Dauda Jawara, le capitaine Yahya Jammeh a instauré une dictature militaire qui a duré 22 ans et a fait de l’anniversaire de son coup d’Etat un jour férié en le rebaptisant «Journée de la Révolution du 22 juillet». « En tant que Gambiens, nous connaissons tous l’importance de cette date, une date de la prise illégale du pouvoir contre un gouvernement constitutionnel et démocratiquement élu. C’est un jour que les démocrates ne peuvent célébrer en tant que jours férié », a conclu Adama Barrow.

L’ombre de Yahya Jammeh sur la « Nouvelle Gambie »

Adama Barrow à créé la surprise en gagnant les élections de décembre 2016 contre Yahya Jammeh. Ce dernier a reconnu sa défaite mais s’est rétracté et a refusé de quitter le pouvoir. Grace aux pressions diplomatiques et militaires de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Jammeh a été obligé de s’exiler en Guinée équatoriale avant que son successeur prenne le pouvoir en Janvier 2017.

Mais malgré l’éloignement de Yahya Jammeh, son ombre plane toujours sur la Gambie. L’armée sénégalaise annonçait en Juin que des anciens escadrons de la mort proches de Yahya Jammeh roderaient dans les pays voisins, notamment en Mauritanie, en Guinée Bissau et en Guinée Conakry,  et chercheraient à déstabiliser la Gambie.