Le 11 Juillet, le monde célébrait la Journée mondiale de la population. Le thème de cette journée était : « Planification familiale : « Donner aux populations la capacité d’agir, contribuer au développement des pays ». Cette journée a presque coïncidé avec les propos controversés du président français Emmanuel Macron au G20 qui disait que l’Afrique a des « problèmes civilisationnels » parce que les femmes y ont en moyenne « 7 ou 8 enfants ». Si les propos de Macron ont pu choquer, ils ont le mérite de faire réfléchir sur les défis que pose la surpopulation de l’Afrique.

Dans un article publié dans le magazine américain Foreign Policy, le journaliste nigérian Remi Adekoya prouve chiffres à l’appui que Macron a raison sur la nécessité de maitriser le haut taux de natalité des Africains.

« Sur le point démographique, certains critiques se sont concentrés sur l’affirmation erronée de Macron selon laquelle la femme africaine a en moyenne «sept ou huit enfants»; En effet, le seul pays africain avec un taux de fécondité aussi élevé est le Niger, avec 7,6 enfants par femme. Mais si le président français a légèrement exagéré, son point de vue sous-jacent sur les tendances démographiques dangereuses était sain. Dans 19 des 54 pays d’Afrique, la femme moyenne a cinq enfants ou plus, alors que chez 36 d’entre eux, le taux de fécondité est de 4,0 ou plus. Ce sont des chiffres inquiétants sur un continent où il y a déjà 233 millions de personnes affamées ou sous-alimentées dans la région subsaharienne. Si on ajoute le fait que le nombre d’Africains vivant dans l’extrême pauvreté est passé de 280 millions en 1990 à 330 millions en 2012 « en raison de la croissance démographique », selon une étude de la Banque mondiale de 2016, il devient encore plus clair que le taux de fertilité généralement élevée du continent doivent être abordés franchement et d’urgence ».

Que faire?

Avec autant de pauvres et de gens mal nourris, il y a lieu de se demander : est-il nécessaire de faire encore des enfants qui vont encore souffrir de malnutrition et de pauvreté ? La bonne nouvelle est que le taux de fécondité des Africains diminue et que, peut-être, le nombre de pauvres diminuera aussi au passage.

« Dans les années 1960-65, le nombre d’enfants par femme était de 6-7. Aujourd’hui, il est tombé à moins de 5. Sans parler des zones urbaines où ils se situent autour de 3 à 4 », dit le démographe burkinabè Jean-François Kobiané à Jeune Afrique. Et il ajoute : «Si le taux de fécondité poursuit sa diminution, nous nous retrouverons d’ici une ou deux décennies dans une situation où il y aura davantage de personnes actives (les 20-64 ans) que de personnes dépendantes. C’est une opportunité, car les actifs pourront davantage investir dans l’éducation de leurs enfants, être davantage productifs et pouvoir épargner. Autant de facteurs de croissance, dans lesquels il faut investir massivement ».

Malheureusement, beaucoup de femmes qui ne désirent pas forcement avoir beaucoup d’enfants ne savent pas comment prévenir les « grossesses non désirées ».

Pour pallier ce problème, neuf pays africains se sont mis ensemble en 2011 dans ce qu’ils ont appelés le Partenariat de Ouagadougou pour donner l’opportunité « aux femmes africaines de décider combien elles veulent d’enfants, quand et avec qui ».

Si tous les pays Africains épousent ce projet, la question démographique cessera peut-être d’être l’« épée de Damoclès du développement africain ».