« Ce jeudi 20 juillet 2017, le Président de la République du Burundi, Son Excellence Pierre Nkurunziza est attendu en Tanzanie pour une visite d’Etat au cours de laquelle il s’entretiendra avec son homologue tanzanien, Son Excellence Dr John Pombe Magufuli », dit un communiqué de la présidence du Burundi.

Cette visite d’Etat à première vue banale est un événement presque historique étant donné que c’est la première fois que le président Burundais quitte le pays depuis plus de 2 ans. La dernière fois, il s’était rendu à Arusha en Tanzanie même le 13 mai 2015, où il devait rencontrer les autres chefs d’Etat de la Communauté est Africaine pour, entre autres, discuter de la crise burundaise. En son absence, son ancien chef des services secrets, le Général Godefroid Niyombare, a tenté un coup d’Etat, qui a vite échoué.

Pour beaucoup d’observateurs, le fait qu’il n’a plus quitté le pays depuis est un signe qu’il ne faisait plus confiance à personne, surtout pas aux Généraux de la police et de l’armée sur lesquels, pourtant, il assoie son pouvoir. Contesté par l’opposition et la communauté internationale qui l’accusent de briguer un troisième mandat « illégal » et de violations massives des droits de l’homme, il craint que l’un ou l’autre des  « hommes forts » du régime puissent profiter de cette crise de légitimité pour perpétrer un autre coup d’Etat en son absence.

Ce n’est pas par hasard qu’il est parti en Tanzanie avec les principaux généraux, à savoir le très craint ministre de la Sécurité publique Alain Guillaume Bunyoni, le chef d’Etat-major de l’armée Prime Niyongabo et le chef des services de renseignement Ntakarutimana.

La Tanzanie, principal soutien de Nkurunziza ?

Ce n’est pas par hasard que Nkurunziza choisit la Tanzanie pour sa première visite extérieure de son troisième mandat contesté. La Tanzanie est l’un des trois pays frontaliers du Burundi, à coté du Rwanda et de la République Démocratique du Congo. Alors que Nkurunziza entretient des relations très tendues avec le président rwandais Paul Kagame, qui n’a pas hésité de le critiquer en l’accusant de « massacrer » son propre peuple, la Tanzanie a gardé de bonnes relations avec le pouvoir de Bujumbura. Avec son homologue ougandais Yoweri Museveni, le président tanzanien John Magufuli a récemment plaidé pour que l’Union européenne lève les sanctions contre le Burundi.