L’or, l’argent ou le bronze. Les sprinteuses africaines ne chôment pas en médailles aux Jeux de la Francophonie 2017. Ce mardi 25 juillet, elles sont en vue sur le podium du stade Félix Houphouët -Boigny d’Abidjan. En début d’après midi, c’est l’hymne nationale du Burkina Faso qui retentit après la finale du 100m haies féminin. « Cela me fait beaucoup plaisir d’avoir remporté les jeux de la francophonie au 100m haies. Je n’étais pas très sûre de gagner parce que la française est une concurrente très dangereuse. C’est elle que je craignais le plus. J’avais trébuché après la première haie et j’étais déséquilibrée », est heureuse Marthe Koala, la Burkinabè qui débute au couloir numéro 4. Elle est sacrée médaillée d’or avec un temps de 13s32. Une performance améliorée aux dires de la sprinteuse. Cette dernière est applaudie par ses compatriotes qui scandent son prénom depuis les tribunes. Marthe Koala est suivie par Lett Pauline (13’32) de la France et Madex Elaine (13’44) du Canada.

En 13’59, l’Ivoirienne Rosvitha Okou dit « la piqûre », reste aux pieds de la marche. Un crève-cœur pour elle qui très tôt, à 13 ans, a été piquée par le virus de l’athlétisme. « C’est parti d’un jeu, de ma résidence avec une amie à l’époque, et de là, voyant ma vitesse de pointe, elle m’a proposé de venir à une séance d’entrainement avec elle. Je vis à Paris, en région parisienne. Ce n’est pas toujours facile à combiner avec mes activités de tous les jours. Ce soir, je suis déçue. Je cours devant le public ivoirien et je n’ai pas pu monter sur le podium », se désole-t-elle.

 La première médaille d’or ivoirienne est féminine

 Sa déception est un sentiment partagé par le public du “Félicia“. Mais l’amertume sera de courte durée. Si ce n’est en individuel, c’est en équipe, au relais 4x100m féminin, que les Ivoiriennes offrent sa première médaille d’or au 8è pays hôte des jeux. Le coup d’envoi est donné à 16h45mn. Encouragées par les vivats du public, Ziketh Karel, Gaha Mireille Parfaite, Adeline Gouenon et Ta Lou Marie Josée, dans un élan digne de gazelles, avec panache, se transmettent le témoin. Ta Lou Marie Josée, termine la course avec une longue distance (44’22). A son arrivée, c’est l’extase. Les cris de joie fusent des gradins. Les officiels de Côte d’Ivoire pouffent de soulagement depuis la tribune officielle. Rosvitha Okou, oublie sa déception pour partager la joie de ses compatriotes. « C’est sûr que dans leur discipline, Ta Lou et autres sont les reines. Actuellement, des filles dominent internationalement et nationalement. Il est clair que nous qui ne sommes pas connues à leur niveau nous ne pouvons que les féliciter et les encourager. Nous pratiquons un sport qui est individuel. Quand l’un gagne, cela fait plaisir à tout le monde », se réjouit-elle. Les sprinteuses camerounaises, arrivées deuxième en 45’23, ne boudent pas non plus le plaisir. C’est avec fierté qu’elles pavoisent le long de la piste avec l’assurance de décrocher l’argent, abandonnant le bronze aux canadiennes, arrivées en 45’84. Ce, sous les hourras du public déjà conquis.

« L’Afrique est une terre d’athlétisme. Les marocaines sont actives sur les longues distances. Et au sud du Sahara, les filles sont au devant sur le sprint »

Fernand Dedeh, consultant sportif ivoirien suit le parcours des athlètes africains depuis l’ouverture des jeux. Interrogé, il partage son analyse sur les sprinteuses africaines. « L’Afrique est une terre d’athlétisme. Les marocaines sont actives sur les longues distances. Et au sud du Sahara, les filles sont au devant sur le sprint », constate-t-il. Et de poursuivre : « Les jeux de la Francophonie sont un passage en revue des graines, des espoirs, des futures championnes. A Abidjan, on note la percée, on découvre ou redécouvre des athlètes qui vont faire parler d’elles dans les prochaines années. La relève est assurée », est-il convaincu. Il se félicite du parcours des Ivoiriennes, sorties la plupart, du Centre de formation de Yamoussoukro, la capitale politique au centre du pays.

« Les sprinteuses africaines montent en puissance. Les Etats africains devraient mettre en place des infrastructures pour mieux les aider sur place. On remarque que beaucoup d’entre elles, s’entraident en Europe. L’organisation des jeux en Côte d’Ivoire est une aubaine en termes d’infrastructures pour les athlètes locales. Les pays ne devraient même pas attendre d’organiser les jeux pour se mettre aux normes internationales », suggère Daouda Coulibaly, secrétaire général de l’Union nationale des blogueurs de Côte d’Ivoire (UNBCI). En attendant, les compétitions se poursuivent au stade Félix Houphouët-Boigny. Les promesses de médailles ne manquent pas pour le sprint féminin issu du continent africain.