Un regard. Un battement de cil. Une posture de départ de course. Des maillots qui laissent deviner des courbes ou des formes. Le coup d’envoi d’une discipline peut déclencher des coups de cœur ou des coups de foudre sur les sites des VIIIème jeux de la francophonie et conduire au sexe. Les  athlètes et les visiteurs sont exposés à la tentation du fruit défendu. Et, beaucoup ne s’en privent pas, selon des confidences recueillies.

 Au deuxième jour des jeux, Yves s’est acoquiné d’une participante européenne. « J’ai une petite amie ici à Abidjan. Mais la tentation était forte. La fille  était ma voisine dans les gradins du stade Félicia au Plateau. On commentait ensemble les sauts en hauteur. C’est ainsi que tout est parti », confie l’Abidjanais.

« Le sexe, ça décompresse plus que tous les discours. Certains sportifs  en demandent avant d’être sur le terrain. C’est une demande du corps »

« Les entrainement collectifs, les exercices poussés, le corps à corps imitant parfois les mouvements sexuels peut créer des envies soudaines. Pour certains, c’est un stimulant.  Le sexe, ça décompresse plus que tous les discours. Certains sportifs  en demandent avant d’être sur le terrain. C’est une demande du corps », indique pour sa part  F. F un athlète venu d’Afrique du Nord qui requiert l’anonymat.

Par ailleurs, on parle facilement  sexe autour des jeux. Sur les réseaux sociaux, les internautes se galvanisent. « Il y a de quoi fréquenter les sites des jeux. Vous pourrez y rencontrer votre moitié chers célibataires »,  «  Les filles sont belles. Les garçons en forme », lit-on dans des commentaires.

Un stand d’aphrodisiaque aux 8e jeux de la Francophonie à Abidjan

Nana Blakissa, exposante venue du Niger présente un stand d’aphrodisiaque au village des partenaires à Treichville.  Lorsque vous approchez la bonne dame pour en savoir davantage, elle vous fait goûter une poudre de baobab. Sur le palais de votre  bouche, vous pourrez sentir le goût épicé du gingembre agrémenté de sucre. A côté de cette poudre, Nana Blakissa offre le choix entre plusieurs produits aux dénominations évocatrices. « Serrer, coller », « mari pleuré »,  « miel magique », « cassé lit » et « c’est où c’est agréable ». Ces produits solides ou liquides, ont la propriété de raffermir le vagin, selon l’exposante. Ils offriraient ainsi, une cure de jouvence pour le plaisir des tourtereaux pendant le rapport sexuel.  Même la nuit tombée, le stand de Nana est fréquenté ce jeudi 27 juillet.

Plus de 120 mille préservatifs distribués

Est-ce  pour contenir les effets secondaires de ces stimulants sexuels ? Ironie du sort. Les préservatifs s’arrachent comme de petits pains. Au village « Akwaba » qui abrite  4000 athlètes à Marcory, ce sont 120 mille condoms  qui sont distribués depuis l’ouverture de la compétition. C’est ce qu’indique le Comité national des jeux de la francophonie.

« Les jeunes sont de plus en plus demandeurs d’informations. Quand on les sensibilise et que vient le temps de choisir les gadgets, ils préfèrent le préservatif au tee-shirt »

 Au village des partenaires à Treichville, le sexe n’est pas non plus  un sujet tabou. Les organismes de lutte contre les comportements sexuels à risques s’activent. « Les jeunes sont de plus en plus demandeurs d’informations. Quand on les sensibilise et que vient le temps de choisir les gadgets, ils préfèrent le préservatif au tee-shirt », indique un exposant.

Le Fonds national ivoirien de lutte contre le Sida, l’Onusida, l’Unicef, le ministère ivoirien de la jeunesse, le district d’Abidjan, etc. En somme les partenaires sont sur la même longueur d’ondes en termes de sensibilisation. Les affiches alignées sont sans ambages. « Jeunesse saine pour une Côte d’Ivoire émergente en 2020…Jeunesse de Côte d’Ivoire, engageons-nous contre les comportements à risque ».  Ou encore : « 8eme jeux de la francophonie, zéro nouvelle infection au VIH, je m’engage. Je m’engage, tu t’engages, le Sida dégage ».

Stand de sensibilisation l’Unicef sur les comportements à risque

Si les jeux aiguisent la tentation au sexe, ils sont également vecteurs de solutions.

Ogoula Latif Jérémie, représentant de la délégation gabonaise, est spécialisée dans la danse HIP HOP et la danse de création. Ce volet culture attire le plus les jeunes depuis le début. Convaincu du rôle social de la danse, le concurrent pense qu’elle peut être une réponse aux comportements sexuels à risques. « Il appartient aux danseurs, aux chorégraphes, aux porteurs de message de s’allier au porteur de la culture chorégraphique afin de faire passer le message. Dans nos villages, on vous dit, telle danse est pratiquée pour la joie, pour les funérailles, etc. », croit-il.

Kader Sy Savané, chargé de Communication à Africa web festival, exposant, emprunte le même élan. Pour lui, éduquer à une meilleure utilisation du numérique peut aider au changement de comportement à risques. « Nous initions les jeunes à l’entreprenariat numérique. Nous insistons sur les bonnes pratiques sur le net », précise-t-il. Autrement, il faut utiliser le net pour une occupation nette.