Volontaires, ils sont secouristes, brancardiers, guides touristiques, serveurs de café à la salle de presse, etc. Certains vivent le premier  grand événement de leur histoire.  Habillés en tee-shirt orange, blanc ou vert, les couleurs nationales ivoiriennes,  ils sont au four et au moulin sur les différents sites des 8emes jeux de la francophonie à Abidjan. Sollicités, ils sont serviables jusqu’au bout. A quelques heures du clap de fin, des bénévoles accrédités retiennent le meilleur de cette interaction humaine.

« Nous avons été beaucoup approchés par les athlètes et les visiteurs. Les membres des délégations étrangères voulaient connaître les accès du Palais des différentes compétitions,  vu que le palais des sports est vaste », indique Touré Antoine, volontaire au service billetterie. Antoine et ses collègues sont installés à l’entrée du Palais des Sports, juste après le cordon de sécurité. Assis sur un banc, ils proposent le journal officiel des jeux aux visiteurs. Heureux, Antoine relate avoir noué des contacts importants. « La billetterie joue également un rôle d’accueil. Au début, des visiteurs avaient des doutes sur la gratuité de l’entrée. Ils venaient à nous pour se renseigne », note-t-il.  Antoine reste marqué par des membres de deux délégations particulièrement. « Ils n’étaient pas méfiants, ils souriaient tout le temps. Cela me facilitait le travail. Je suis content de prendre part à cet événement. Le volontariat fait partie des valeurs solidaires », conclut le jeune homme.

Antoine -pemier à droite- et ses collègues sont installés à l’entrée du Palais des Sports

Antoine -pemier à droite- et ses collègues sont installés à l’entrée du Palais des Sports

Comme Touré Antoine, Yolande Marina Togbapou, volontaire dans le volet tourisme ne cache pas son enthousiasme. « Je suis très contente de ce que je vis. Je n’ai jamais vécu un si grand événement », confie-t-elle à l’esplanade qui sépare l’arène de lutte au terrain de basket-ball. Si la jeune fille est si contente, selon elle, c’est parce qu’elle échange avec les touristes autour de la culture ivoirienne et de leur culture d’origine. « Je leur parle beaucoup de l’aloco et du garba, les  plats locaux. Je leur demande également des informations sur la nourriture de chez eux. C’est quelque chose de formidable », apprécie-t-elle le brassage culturel au-delà des jeux. La jeune fille a même conduit des délégations à Agban village, au centre d’Abidjan.  « Je leur ai montré un exemple de village dans la ville. Ils ont beaucoup apprécié », se réjouit-elle. Le rêve de Yolande est de voir son pays  la Côte d’Ivoire organiser régulièrement ce genre de rencontres. « Ce serait bien pour l’épanouissement de la jeunesse », croit-elle.

Lire aussi : 8èmes jeux de la francophonie, le sexe en attraction à Abidjan

Une autre actrice, un autre voyage. Diabaté Nahawa, secouriste volontaire. Elle est secrétaire médicale dans la vie active et coordinatrice de jeunesse à la croix rouge. La bénévole spécialisée capitalise le fait de s’être frottée à des athlètes de différentes nationalités et de s’être sentie utile. Même s’il n’est pas évident dans son domaine d’échanger dans une ambiance détendue avec les athlètes. « Nous nous rencontrons dans des situations d’urgence. Lorsqu’ils sont blessés, nous les brancardons jusqu’aux responsables du Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gpsm) », précise  Nahawa.  Elle revient sur quatre cas particuliers. « Jusqu’à ce samedi matin (29 juillet), j’ai personnellement eu à gérer deux cas de blessés au judo, un cas sur le terrain de football et un tennisman de table. Le tennisman a été touché au front par la balle adverse. On ne pouvait pas causer en profondeur dans ce genre de cas. Mais cela a été une belle expérience pour moi », est-elle convaincue.

Diabaté Nahawa, secouriste volontaire

Diabaté Nahawa, secouriste volontaire

Les volontaires des 8emes jeux de la francophonie sont repartis dans 17 commissions au total. Ils sont le prolongement du comité d’organisation. Leur accréditation les autorise à accéder à au moins 10 sites sur 12 que comptent les jeux. Un kit de bénévolat leur est distribué afin de faciliter le service. Pour être recrutés, ils ont dû s’inscrire en ligne. Les prestations des volontaires sont appréciées des visiteurs. « Même quand on sent qu’ils sont fatigués, ils ne froncent pas les sourcils. J’aime le plus cet aspect. D’habitude dans le service public, quand on est fatigué, on ne fait pas d’effort. Mais ce qui se passe à la francophonie est différent. Si tous les travailleurs du secteur public copient cet exemple, c’est une bonne chose pour la Côte d’Ivoire », encourage Ange Kacou Anicet, étudiant en fin de cycle, visiteur au Palais des Sports pour la lutte traditionnelle.

Placés sous les signes de la solidarité, de la diversité et de l’excellence, les jeux d’Abidjan mobilisent 4000 participants de 84 Etats et gouvernements de la francophonie. Au départ 700 à être attendus, ils sont à l’arrivée 900 journalistes dont 300 internationaux à couvrir l’événement.  C’est ce qu’indique Mahaman Lawan Sériba, directeur du Comité international des jeux de la francophonie (Cijf). Tout ce beau monde est géré avec l’apport non négligeable des volontaires.