Conscients du rôle qu’ils doivent jouer, des jeunes blogueurs des trois pays se sont rencontrés et ont échangé à Abidjan, sur invitation de l’ONG Radio Nederland Internationale (RNW(, présente en Afrique à travers plusieurs plateformes dont This Is Africa, Habari RDC et Yaga Burundi.

Les Burundais qui sont en pleine crise ont surtout voulu apprendre des jeunes ivoiriens comment gérer au mieux celle-ci, car la crise ivoirienne connaît relativement un meilleur dénouement depuis quelques années. Les Congolais, eux ont voulu s’enquérir des expériences ivoiriennes et burundaises comment prévenir et amortir le choc des crises qui se profilent à l’horizon, chez eux. Le président congolais se maintient au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Son entourage ne cesse de multiplier des subterfuges pour le maintenir encore plus longtemps, alors qu’un consensus avec l’opposition lui donnait déjà une année de transition pour organiser les élections, la volonté politique n’est pas au rendez-vous et une deuxième année hautement risquée s’annonce déjà.

Quelques blogueurs autour d’un responsable de Rnw

Reproduire le schéma ivoirien et l’appliquer au Burundi

Armel Ras est éditeur chez Yaga Burundi, la plateforme de 70 blogueurs burundais.  » Les crises électorales ne sont pas un scenario d’un seul pays, dans plusieurs pays africains c’est souvent le cas. Mais ce qui est bien avec la côte d’ivoire c’est qu’elle semble avoir transcendé la crise, les belligérants ont dépassé leurs divisions! C’est ainsi qu’on espère reproduire le schéma ivoirien et l’appliquer au Burundi pour quitter la crise électorale dans laquelle on est plongé depuis 2015« , s’est-il confié.

« Quant aux blogueurs congolais, nous pensons plutôt qu’ils peuvent apprendre de notre expérience. Car nous sommes nous dans une crise, eux sont dans une pré-crise. Alors c’est avec plaisir que l’on pourra partager notre expérience pour qu’ils évitent au mieux les dégâts dans leur pays », a-t-il ajouté.

La côte d’ivoire et le Burundi  vont inspirer le Congo

«  Il y a deux grandes occasions qui nous sont offerts nous blogueurs congolais, d’abord les Burundais gèrent déjà une crise, et ils la gèrent avec tact. Disons qu’ils nous ont précédés dans cela. Yaga Burundi a raconté des histoires sur la crise sans les exacerber. Nous espérons ainsi apprendre à se comporter comme eux. Puis, les ivoiriens ont eu une méthode particulière a gérer et raconter les crises nées du conflit Ouattara et Gbagbo sans les exacerber. Ces deux cas sont très enrichissants pour nous congolais, car si l’on ne fait pas très attention, la crise congolaise qui pourrait survenir serait pire que les deux. Ces échanges d’expériences sont donc très importants car nous apprendrons sur le style et la forme de raconter et d’écrire des histoires pour éviter au mieux les blessures », a confié Didier Mukaleng Makal, éditeur et blogueur congolais de Habari RDC.

Une blogueuse congolaise avec Daouda Coulibaly de la Côte d'Ivoie
Une blogueuse congolaise avec Daouda Coulibaly de la Côte d’Ivoie

Ne tombez dans pas les jeux des politiques chers Blogueurs burundais et congolais

Daouda Koulibaly, secrétaire général du très populaire Union des blogueurs de la Côte d’ivoire UNBCI, et l’un des blogueurs ivoiriens avec qui les Congolais et Burundais ont discuté sur la façon dont ils ont géré au mieux la crise de 2010-2011 en Côte d’Ivoire. Pour lui, les blogueurs doivent penser aux intérêts supérieurs que égoïstes quand ils se trouvent sollicités par des politiques.

« Tout ce que nous allons dire aux Congolais et  aux Burundais c’est de mettre l’intérêt de la nation au-dessus de tout. Nous avons, chacun, des obédiences, des sensibilités différentes. Mais le pays est au dessus de tout. Il ne faut pas utiliser son aura, sa célébrité pour pousser les gens dans l’erreur, pour les influencer vers un mauvais choix. Blogueurs dites aux gens  » Aller voter, c’est vote droit. Apres le vote rentrez à la maison ». Vous blogueurs, le seul conseil que je peux vous donner :  » Ne tombez pas dans les jeux des politiques, car le moment venu il y aura ceux qui vont vous proposer de l’argent ou des postes de travail! N’acceptez pas! », a conseillé Daouda Koulibaly.

Les blogueurs des trois pays ont aussi profité d’une formation en écriture non-fictive avec l’écrivain à succès Abdouraman Waberi, professeur d’université aux Etats-Unis.