Les professionnelles ou travailleuses occasionnelles du sexe, envahissent les maisons closes où, en toute discrétion, elles rencontrent leurs clients. Et passent des moments « torrides » dans la discrétion, avant de repartir, comme si de rien n’était, loin des regards indiscrets.

Du centre-ville à la banlieue, en passant par certains quartiers résidentiels de la capitale, les maisons closes poussent comme des champignons. Le  sexe y est banalisé. L’alcool et parfois la drogue y sont consommés sans retenue. Dans une atmosphère détendue. Ces « maisons de passe » sont gérées par des hommes comme des femmes. Le business, qui en découle, semble prospérer.

Des maisons closes tous les 1000m² à Grand-Yoff

Grand-Yoff, un quartier populeux de Dakar, trois, voire quatre jeunes peuvent se partager la même chambre. «Les emplois du temps, pour tout ce beau monde, ne sont pas les mêmes. Les uns travaillent le jour, tandis que les autres, la nuit. Pire, certains, sont sans emploi. De ce fait, quand l’un d’entre eux veut passer de bons moments avec sa copine, c’est difficile de préserver son intimité pendant des heures », nous explique un jeune garçon rencontré chez le vendeur de café.

A peine a-t-on dépassé notre interlocuteur, on nous indique une maison close non loin de l’Eglise Saint-Paul de la localité. C’est juste une route sablonneuse qui est fortement fréquentée menant vers cette maison.

A première vue, rien ne présage d’une telle activité dans cette maison. Sobrement peinte en ocre, le sol carrelé, des femmes et des enfants vaquent à leurs préoccupations au rez-de-chaussée. Mais ce tableau ordinaire contraste, de loin, d’avec le business qui s’y pratique ou on peut lire difficilement « Ici, la passe est à 5000 Francs CFA et un rabais est possible, si… ».

« La chambre c’est à 5000 Fr CFA pour deux heures d’horloge. La demi-journée est facturée à 10 000 francs. Mais je pourrais vous faire le prix maison puisque vous êtes un nouveau client. Il vous suffit juste 7000 francs »

Le décor et l’ambiance changent plus on monte les escaliers. Arrivé au premier étage, un bureau du gérant est en face. Leuz (pseudo) il s’appelle. Un long couloir nous mène vers les chambres fermées avec des numéros écrits en bleu. C’est ici, derrière ces portes, que « l’activité » se déroule.

Leuz la trentaine, est en plein travail. Après le passage d’un couple de circonstance, il refait la chambre avant l’arrivée de nouveaux visiteurs. Sans conditions, l’homme explique ce qui fait dans ce lieu. « La chambre c’est à 5000 Fr CFA pour deux heures d’horloge. La demi-journée est facturée à 10 000 francs. Mais je pourrais vous faire le prix maison puisque vous êtes un nouveau client. Il vous suffit juste 7000 francs », nous confie-t-il croyant être face d’un client.

Ici on y trouve des personnalités qui préfèrent ces lieux à la place des hôtels ou auberges. Doudou (nom d’emprunt) a choisi les maisons closes pour plusieurs raisons. « J’ai épousé par obligation ma cousine. C’est une tradition dans notre ethnie (ndlr : ethnie peulh). Je ne l’aime pas du tout et je suis forcé à vivre avec elle. Du coup, je viens ici pour satisfaire mes désirs sans tambours ni trompette », lâche-t-il.

Un autre lieu, autre décor mais même activité. Nous sommes quartier au « Diamono », près du centre de santé Talibou Dabo. Ici, le cadre est plus spacieux et plus attrayant.

Sur les étagères, des bouteilles de toutes les formes sont exposées et superposées. Nous sommes dans un bar. En réalité, ce bar est un prétexte pour les nombreux clients qui le fréquentent masquant le véritable business en cours dans cet endroit. Les prix des chambres diffèrent selon la nature de celles-ci. Celles climatisées n’ont pas la même tarification que celles non climatisées, nous dit Kolé, nom d’emprunt.

Mais attention, il y a erreur, si l’on pense que seuls les époux fréquentent ces maisons closes. En effet, certaines femmes infidèles, n’hésitent pas à les investir, histoire de pouvoir se taper un moment d’intimé avec un copain, qu’elles chérissent plus que leurs époux légitimes.

Comme pour la prostitution déguisée dans certains salons de massage, les maison closes sont une réalité de plus en plus répandue dans la capitale sénégalaise.