Alors que les Rwandais se rendent aux urnes ce 4 août, Diane Rwigara, une candidate qui a été empechée de participer à cette élection, dénonce une farce dans une tribune publiée jeudi août 2017 dans le Washington Post.

“Le président Paul Kagame sera éventuellement couronné comme un roi incontesté du Rwanda et continuera à gouverner le pays dans un climat de peur et de manque de libertés fondamentales. En prolongeant ses 23 ans de pouvoir, Kagame nie aux Rwandais l’occasion d’expérimenter la toute première transition pacifique du pouvoir dans leur pays. Les millions de Rwandais qui vont aux urnes n’exerceront pas leurs droits démocratiques, mais participeront à une cérémonie forcée et mise en scène qui ressemble plus à un exercice de couronnement qu’à une élection démocratique”.

La jeune femme de 35 ans a fait la Une des journaux en mai dernier. Alors qu’elle venait d’annoncer qu’elle était candidate à l’élection présidentielle, des photos d’elle nue, “truquées” selon elle, ont commencé à circuler sur Internet. Diane est convaincue que c’est l’œuvre du pouvoir pour la discréditer.

“Je sais comment fonctionne le parti au pouvoir, le Front patriotique rwandais (FPR). Il ne s’interdit rien rien si vous osez le défier ou vous opposer à lui. Si le FPR est tellement aimé au Rwanda comme il le prétend, pourquoi a-t-il si peur que j’entre en compétition avec lui?”

Scrutin sans enjeux

La commission électorale a finalement disqualifié madame Rwigara de la liste des candidats, disant qu’elle n’avait pas le nombre de signatures requises, ce qu’elle nie: “En disqualifiant ma candidature à la présidentielle, la Commission nationale électorale a prétendu que j’avais échoué à rassembler les 600 signatures requises, malgré le fait que j’avais soumis plus de 1 100 signatures. Seules 572 signatures ont été jugées admissibles; les autres, y compris les signatures de mes collègues, ont été rejetées comme invalides”.

Les observateurs s’accordent que le scrutin de ce vendredi est sans enjeu et que le président Pau Kagame va « gagner » sans surprise.

Alors que les critiques ne cessent de dénoncer son autoritarisme et sa  volonté de se maintenir au pouvoir, ses soutiens pensent que plus il restera au pouvoir, plus il transformera le Rwanda en un pays moderne comme l’a fait Lee Kuan Yew au Singapour.

Le Singapour se porte beaucoup mieux parce que Lee s’est offert pendant 31 ans, malgré l’opposition extérieure. Avec le leadership de Kagame, il en va de même pour le Rwanda”, écrit  Kristian Agaba dans le Washington Post.