« Beaucoup d’entre nous ont de mauvais rapports sexuels et ne sont pas capables d’être honnêtes par crainte d’être considérées comme immorales si elles en discutent ». Ce tweet donne le ton d’un débat intitulé #FutureAfricaSex, organisé le 4 août sur Twitter par des féministes africaines qui veulent discuter le futur du sexe en Afrique. Tout y passe, de la dénonciation des viols à l’éducation sexuelle, en passant par la liberté des homosexuels.

@JustNanaAma : « D’ici 2030, nous devrions tous convenir que le viol est un crime et que le violeur mérite la prison et notre mépris. Et la victime notre gentillesse ».

@amgodiva : « Mon #FutureAfricaSex comprend l’éducation sexuelle pour tous, y compris LGBT. L’éducation sexuelle sur les nombreuses sexualités africaines, non seulement l’Hétéro »

@amgodiva: « Un grand #FutureAfricaSex serait une époque où les femmes et les filles ne seraient pas honteuses pour leurs appétits sexuels ».

@satangnabaneh: « Dans mon #FutureAfricaSex, les femmes auraient le droit légal d’avorter. L’avortement sans risque est la clé! Nos corps ! Nos choix »

Une initiative parmi tant d’autres

Nana Darkoa, une blogueuse et activiste ghanéenne qui a co-organisé ce débat , explique dans un article publié sur This Is Africa ce qu’elle entend par le futur du sexe:  » Lorsque nous pensons à l’avenir du sexe en Afrique, nous devons réfléchir à notre réalité actuelle. Les femmes continuent d’avoir un accès limité à une santé reproductive complète. Même dans les situations où la loi nous en donne accès, les systèmes de soins de santé, la stigmatisation et un fondamentalisme religieux croissant nous empêchent d’accéder pleinement à une gamme de services de santé reproductive« .

#FutureAfricaSex est une des nombreuses initiatives des féministes africaines qui veulent discuter de leur vie sexuelle sur le continent, même si le sujet reste tabou dans beaucoup de pays du continent. Ces espaces de discussions incluent le blog Adventures from the Bedrooms of African Women (les Aventures des Chambres des femmes Africaines) où les femmes partagent des histoires sur leurs sexualités.

C’est le cas aussi du blog Hola Africa, où les homosexuels discutent de leur vie sexuelle.

Toutes ces plateformes sont en anglais, ce qui laisse penser que les femmes anglophones sont en avance sur leurs consœurs francophones en ce qui concerne les discussions sur leur sexualité.