Les élections se font sur la base des lignes ethniques au Kenya. Le président sortant Uhuru Kenyatta, un Kikuyu, était en compétition avec Raila Odinga, un Luo, et chacun mobilise sa base en essayant de gagner le soutien des groupes ethniques minoritaires.

Si le scrutin s’est déroulé au Kenya dans le calme, la tension est toujours réelle, dans l’attente des résultats provisoires.

« Les données provisoires publiées sur le site Web de la Commission électorale (IEBC) indiquent que, sur 95,3% des résultats, M. Kenyatta est en tête avec environ 54,3%, contre 44,8% pour M. Odinga », rapporte la BBC.    Des chiffres que le candidat de l’opposition Odinga a jugé « faux » et « fictifs », accusant la Commission électorale de ne pas montré les preuves.

Ces tensions avant la déclaration des résultats définitifs fait penser que le camp qui perdra risque de ne pas reconnaitre le verdict des urnes. Ce qui risquerait de faire retomber le pays dans la violence, à moins que les protagonistes ne fassent preuve d’assez de compromis pour épargner leur pays d’un bain de sang.

Union nationale impossible ?

Sagesse, c’est ce que l’ancien président américain, Barack Obama, dont le père est Kenyan, a demandé aux candidats de témoigner. D’après le journal The East African, Obama s’est adressé aux Kenyans dans un communiqué  en ces termes: « J’invite le président Kenyatta et M. Odinga, et tous les autres Kenyans à agir conformément au proverbe: « Nous n’avons pas hérité  cette terre de nos ancêtres, nous l’avons emprunté de nos enfants.  » Et d’ajouter : « « En tant qu’ami du peuple kenyan, je vous exhorte à travailler pour un futur défini non pas par la peur et la division, mais par l’unité et l’espoir ». Sera-t-il entendu? Il le faudra.

Après les élections, il y aura forcément des gagnants et des perdants.  Mais l’enjeu est que le gagnant puisse être légitime, parce qu’ayant été désigné par la majorité des votants, et être prêt à rassembler pour que tous les Kenyans puissent être fiers de leur gouvernement. Sera-t-il le cas ? L’éditorialiste Charles Onyango-Obbo en doute. La raison en est que les coalitions se font sur des bases ethniques.

« La conséquence de tout cela est qu’un président victorieux du Kenya n’a aujourd’hui pratiquement aucune liberté pour aller au-delà de son alliance électorale pour amener les gens de l’extérieur afin de donner à son gouverneur un visage national. Cela ne fait que renforcer le ressentiment et l’aliénation que nous avons vus lors de cette élection ».

Il y a au moins une bonne nouvelle : les prisonniers ont pu voter pour la première fois. « Au moins 167 détenus dans quatre prisons ont voté mardi dans les élections kenyanes », rapporte The East African