« Rendez-vous ce soir chez Fatimata ». Ce morceau à succès que l’on doit au groupe « Las Maravillas de Mali », a fait danser toute l’Afrique de l’Ouest sur des générations. Mais ce que beaucoup ne savent pas de l’orchestre qui l’a composé, c’est qu’il a vu le jour grâce à Boncana Maïga. C’est en 1965, sur le modèle de l’orchestre Aragon qu’il crée sa bande avec d’autres musiciens maliens, envoyés comme lui à Cuba pour étudier et devenir professeur de musique.

La suite de l’aventure est à la fois plaisante et douloureuse. Belle vie à Cuba, musique, chants… Rien n’avait véritablement manqué à la bande dont le destin va changer avec le coup d’Etat de 1968 au Mali et l’avènement de Moussa Traoré. 1970. Las Maravillas sont rapatriés chez eux. Mais le contexte politique va leur créer un autre destin. Entre rester ou partir, la vie leur offrait deux passerelles. Boncana Maïga s’exile en Côte d’ivoire. Les autres restent au pays. Le groupe est écartelé. Aujourd’hui, tous sont morts. Sauf « le vieux » animateur de Stars parade sur TV5 qui s’est adjugé une belle carrière à la télévision.

Boncana Maïga (au milieu) lors de sa conférence de Presse à Cotonou

A 82 ans, Boncana sera le lead d’une nouvelle aventure voulue par le producteur français Richard Minier. Ce gros amoureux des Maravillas s’est donné pour religion de remonter l’histoire du groupe. Depuis 1999, il y a travaillé, collectionné des archives inédites, entendu des témoignages. Grâce à ses négociations, une nouvelle version du disque « Rendez-vous ce soir chez Fatimata » sera enregistrée avec d’autres musiciens du continent. Parmi eux, le Béninois José Alapini alias Jospinto. On annonce aussi la participation de Mory Kanté à ce vaste projet. Le 25 septembre prochain, ils embarquement sur Cuba pour une résidence musicale de 15 jours. Ils ne seront que trois chanteurs accompagnés par les plus célèbres musiciens du conservatoire cubain. Ils joueront devant les autorités cubaines et feront le tour du monde à travers une tournée internationale qui les conduira aux Etats-Unis, au Canada, à l’Olympia, en Inde, au Japon, en Chine, Aux Emirats arabes…, a expliqué aux journalistes béninois, Boncana Maïga de passage à Cotonou.

« La télévision a pris le dessus, mais je retourne à mes vieux amours », sourit le vieux Boncana. Une belle programmation assurée par Universal qui devrait durer toute l’année 2018 et le débat de 2019. Le maestro Boncana Maïga câline autour de ce projet, deux sous-projets. Le premier, vivre la renaissance de son orchestre, chose pour laquelle il s’est longtemps battu et l’autre, retourner à Cuba, sur les traces de ses 20 ans et surtout serrer la main à Raoul Castro.