Les « Gnassingbé » du Togo : Un demi-siècle au pouvoir !

Etienne Eyadema Gnassingbé, militaire, est l’une des figures emblématiques du Togo. Au pouvoir par coup d’Etat, Eyadema renverse Nicolas Grunitzky le 13 Janvier 1967. Il devient officiellement Président de la République du Togo le 14 Avril de la même année. Comme beaucoup de présidents africains, le nouvel homme fort du Togo fonde le Rassemblement du peuple togolais qui a dirigé le pays jusqu’en 2012 avant d’être dissout et remplacé par une autre parti qui lui aussi, sans surprise, ne ‘perd’ jamais à des élections.

A la suite de son décès le 05 février 2005 et un coup d’Etat constitutionnel soutenu par l’armée, Faure Gnassingbé est nommé président du Togo. Malgré la pression des membres de l’opposition, de la communauté internationale et de l’union africaine, il renonce à être président jusqu’au terme du mandat normal de son père. Faure annonce ainsi une élection dans les 60 jours.  Ensuite, il renonce à la modification de la Constitution votée en toute hâte au lendemain de la mort de son père. C’était pour évincer le président intérimaire Fambaré Ouattta Natchaba. Ce dernier était le président de l’Assemblée nationale qui est longtemps bloqué par l’armée togolaise à la frontière du Bénin. Depuis, il n’a jamais « perdu » aucune élection, et sa légitimité reste toujours contesté par l’opposition; comme d’ailleurs celle de son père et prédécesseur qui a fait 38 ans sans partage au pouvoir.

De 1967 à 2017 : 50 ans de gouvernance des « Bongo » au Gabon

Ali Bongo Ondimba, Président du GABON, Commons Wikimedia, (Crédit Photo: DigitalTeamGabon)

D’abord c’est le père Oumar et ensuite le fils Ali. Depuis son indépendance, la Gabon n’a que trois présidents de le République. Après la mort de son premier président en Léon Mba, Omar Bongo (avant sa conversion en l’islam Omar Bongo s’appelait Albert) devient le numéro 1 du pays en 1967. Ceci est grâce à la nouvelle Constitution de 1966 qui prévoit que le président de la République et son vice-président sont élus ensemble sous forme d’un ticket électoral. L’homme a dirigé le Gabon avec une main de fer. Omar Bongo fonde alors son parti démocratique gabonais. Son règne est marqué par une série d’assassinats de ses opposants politiques. Son principal adversaire Germin Mba est assassiné en 1970 et aucune piste ne mène à Omar Bongo. En 1977, le pays assiste à la mort du poète Ndouna Depeaud, assassiné dans des conditions mystérieuses, toujours aucune preuve qui implique l’homme du Gabon. Lors de la présidentielle de 1979, Omar Bongo, candidat unique, est réélu avec 99,9% des suffrages. Un  3e mandat en 1998 et 4e en 2005, Omar Bongo est décédé le 08 Juin 2009.

Le Gabon ne s’est pas encore séparé des « Bongo ». Après la mort du père, c’est au tour du fils de prendre le relais comme dans une monarchie. Ali Bongo Odimba, vice-président du parti démocratique gabonais, est choisi par le parti pour l’élection présidentielle qu’il remporte officiellement avec 41,73% des voix le 03 Septembre 2009.

Candidat à sa propre succession en 2016, Ali Bongo fera face à un opposant de taille Jean Ping. Le fils de Bongo Omar remporte encore ces joutes électorales avec 49,8%. Mais la victoire est contestée par l’opposition en l’occurrence le candidat Jean Ping.

José Eduardo Dos Santos : 38 ans au pouvoir

José Eduardo dos Santos, Commons Wikimeida (Crédit Photo: Fabio Rodrigues Pozzebom Agência Brasil)

Il est actuellement celui qui, encore vivant, a le plus duré au pouvoir sur le continent. José Eduardo Dos Santos est depuis 1979 Président de l’Angola. A la suite de la proclamation de l’indépendance du pays, l’homme exerce les fonctions de ministre des Relations extérieures en 1975, puis de premier ministre adjoint et ministre du Plan et avant de déposer ses valises au palais présidentiel angolais le 10 septembre 1979.

Paul Biya du Cameroun : 35 ans de régime présidentiel, qui pour déraciner le « Baobab » ?

Rencontre paul biya et bayero fadil. Crédit Photo: gettyimages

Nommé premier secrétaire général à la Présidence en 1968, puis Premier ministre d’Ahidjo en 1975, Paul Biya est sans doute un homme du sérail. L’homme devient le président de la République du Cameroun le 6 Novembre  1982 après l’annonce radiodiffusée par le président Ahidjo de sa démission le 04 Novembre. Malgré une série de tentative de coup d’Etat, Paul Biya est toujours à la tête du Cameroun. Et ne semble pas disposé à partir.

Sassou-Nguesso : et de deux,  la terreur congolaise fait 31 ans de pouvoir

Président du Congo Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, Crédit Photo: bakolokongo.com

C’est le 25 Octobre 1997 que Sassou-Nguesso se proclame Président de la République du Congo Brazzaville ou la deuxième  fois. C’est lui-même qui a promulgué un acte fondamental et a aménagé une transition de durée flexible après quatre mois de conflit. Le 18 février 1979, le comité central nomme Sassou-Nguesso président provisoire et ainsi le 3e congrès extraordinaire du parti. Celui-ci se tient en fin Mars de la même année. Alors Sassou Nguesso nomme Louis Goma premier ministre et conserve lui-même le poste de ministre de la défense. Il aussi adopté le 08 Juillet une nouvelle Constitution par un référendum. La chute du mur de Berlin, la fin de l’apartheid et la libération de Nelson Mandela ont suscité de grands bouleversements qui n’ont pas épargné le régime de Sassou Nguesso. Ces évènements ont déclenché un certain activisme dans le microcosme politique et une grande attente dans l’opinion nationale d’où le mécontentement populaire et l’agitation sociale qui ont déclenché la grève générale des 14 et 15 Septembre 1990.

Robert Mugabe : des « pères de l’indépendance », 30 ans de gouvernance

Robert Mugabe May_2015 (cropped), Commons Wikimedia. (Crédit Photo: Press Service of the President of Russia)

Il est président de la République du Zimbabwe depuis le 3 décembre 1987. Robert Mugabe est aujourd’hui considéré comme l’un des « pères de l’indépendance ». Robert Mugabe a été l’un des chefs de la guérilla qui a combattu pour l’établissement d’un pays souverain et ségrégationniste. Mais ses détracteurs lui reprochent un recul des libertés individuelles depuis les années 2000. Cela n’empêche pas que Mugabe reste toujours populaire auprès d’une partie de la population du Zimbabwe.

Omar El-bachir du Soudan : Depuis 28 ans, le Général toujours dans les rangs

Omar El Bachir du Soudan, dailymaverick (Crédit Photo: Simon Allison)

Il est le 5e Président après un coup d’Etat militaro-islamiste en 1989, le 30 Juin plus précisément, le général Omar El Bachir renverse le gouvernement élu du premier ministre Sadeq al-Mahdi et s’empare du pouvoir. Il avait le soutien de l’islamiste Hassan Tourabi, dirigeant du Front islamique national.

Isaias Afwerfi :  « Depuis 24 ans, je suis à la tête de mon pays »

President Isaias Afewerk, Président de l’Erythrée (Crédit photo Freedom4E)

Qui dit Erythrée, pense à Isaias Afwerfi. L’indépendance de son pays est proclamée le 27 Avril 1993 à la suite du référendum organisé deux jours plus tôt. Et tenez vous bien, le 24 Mai, jour de l’indépendance effective, saias Afwerfi est élu Président de l’Assemblée Nationale et le même jour il est désigné président de l’Etat par els membres de l’Assemblée. Depuis lors, l’homme ne quitte pas le pouvoir.

Kagamé :  23 ans à la tête du pays des mille collines 

Président du Rwanda Paul Kagamé, Commons Wikimedia (Crédit Photo: Марковски Veni Markovski)

Élu pour un troisième septennat à la tête du Rwanda, Paul Kagamé est sans doute l’homme fort du pays des mille collines. Il a joué un rôle prépondérant lors du génocide de 1994. Suite à sa victoire militaire, son pari le Front Patriotique  Rwandais avait établit un gouvernement d’unité nationale sur la base des accords d’Arusha. Ceux-ci excluaient les partis qui soutenaient les forces génocidaires, notamment la CDR et le MRND. Après la fin du génocide, Pasteur Bizimungu devient le Président de la République du pays le 19 Juillet 1994 et Paul Kagamé devient aussi le vice-président et ministre de la Défense. C’est en 2000 que le surnommé « l’homme du Rwanda » est élu président du pays. Le 04 Août 2017, est reconduit jusqu’en 2024.

Idris Deby Itno : 21 ans de pouvoir, toujours le 1er Chef Suprême du Tchad

Idris Deby Itno, Président du Tcahd, Commons Wikimedia (Crédit Photo: Rama)

Il a le destin du Tchad depuis 1996, son premier mandat présidentiel. Lors du premier scrutin pluraliste au suffrage universel depuis l’indépendance du pays, Idris Deby Itno ouvre son gouvernement à une partie  de l’opposition.  Lors de son investiture, il promet la tenue d’une conférence nationale ayant pour tâche principale l’élaboration d’une nouvelle constitution. Mais il est toujours le Président de la République tchadienne.

La RDC du Kabila : « 20 de règne, nous sommes toujours la RDC »

Joseph Kabila, Président de la RDC, Commons Wikimedia, (Crédit Photo: MONUSCO)

Laurent Désiré Kabila, son nom est collé au Congo. Un homme d’Etat engagé contre le régime de Mobutu. Déjà en 1967, il devient le chef d’un maquis de Hewa Bora dans les montagnes de l’extrême Sud du Kivu. Kabila sénior était aussi commerçant qui tirait ses bénéfices dans le trafic de l’ivoire et de l’or dont lui seul détenait le monopole dans son maquis. L’homme a réussi alors a renversé Mobutu après une longue lutte ou beaucoup de sangs a coulé dans le pays. Après un retrait diplomatique et politique, Laurent Désiré Kabila ; est mort dans des circonstances non encore éclaircies.

Après l’assassinat de Laurent Désiré Kabila le 16 Janvier 2001au cours de la 2e guerre du Congo, son fils Joseph Kabila  devient le président de la République démocratique du Congo. Il est alors le plus jeune Chef de l’Etat kino-congolais. L’homme a tété à la tête de l’AMP, alliance pour la majorité présidentielle. En 2002, Joseph Kabila a créé le parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie(PPRD).

C’est en 2006 qu’il est déclaré vainqueur du second tour de l’élection présidentielle par la Cour Suprême de Justice. En 2011, il est réélu mais son principal adversaire feu Etienne Tshisekedi  conteste les résultats et se proclame Président de la République.

Abdelaziz Bouteflika : 18 ans à la tête de l’Algérie

Adelaziz Bouteflika, Président d’Algérie. Commons Wikimedia (Crédit Photo: Ricardo Stuckert PR)

Il est le 5e Président de la République algérienne et populaire. Depuis le 27 Avril 1999, Abdelaziz Bouteflika est à la tête de l’Algérie. Il détient actuellement le record de longévité à la tête du pays. C’est en décembre 1998 qu’Abdelaziz Bouteflika décida de se présenter en qualité de candidat indépendant à l’élection présidentielle anticipée de 1999. Il est alors élu président de la République avec près 74% des voix à l’issue d’un scrutin en cours duquel tous ses adversaires se retirèrent pour dénoncer les conditions d’organisation du vote. L’homme est réélu en avril 2004 au premier tour de scrutin d’une élection multipartite.

En Asie, en Europe et en Amérique, c’est moins fréquent, mais en Afrique c’est presque pas extraordinaire: les présidents qui font jusqu’à près de deux décennies et même plus de trois décennies au pouvoir. De Dos Santos en Angola, jusqu’à Kagamé au Rwanda en passant par Mugabe au Zimbabwe, ils sont plus d’une dizaine à fairr plus de 15 ans de règne.