Son nom est presque inconnu de la majorité des congolais, et pourtant, il représente l’espoir du Congo en matière de boxe.  Laury Pembouabeka, dont le nom signifie richesse en langue likouba (parlée dans la Cuvette située au Nord du pays), est le champion africain de boxe dans la catégorie de moins de 91 Kilos. Il a remporté la médaille d’or en Juin dernier lors des championnats africains de boxe tenus à Brazzaville, une première pour la République du Congo, obtenant ainsi le visa pour la participation du Congo aux Championnats du monde  de boxe prévus à Hambourg, en Allemagne fin Août.

85 kilos pour 1.75 mètres de taille, Laury Pembouabeka est l’aîné d’une famille de quatre enfants.

Son père a pratiqué le karaté, ce qui lui a donné plus jeune, le goût des arts martiaux. Militaire de son état avec grade de capitaine au sein des Forces Armées Congolaises, Laury Pembouabéka également Capitaine des Diables Rouges du Congo en boxe, pratique la boxe depuis plus de quinze ans aujourd’hui et ne manque pas d’ambition :

 « Il y a un adage qui dit : beaucoup de sueur à l’entraînement, moins de sang au combat si bien que j’ai relancé mes entraînements pour Hambourg. Il sied de signaler que je suis le premier Congolais à être champion d’Afrique poids lourd. Et je serai le premier Congolais à être champion du monde amateur poids lourd ».

Laury Pempouabeka
Laury Pembouabeka

Les préparatifs décevants de Laury Pembouabeka

Cette ambition noble de faire briller haut les couleurs tricolores du Congo n’est pas suivie des mesures adéquates. Depuis en effet sa brillante victoire aux derniers championnats africains, Laury Pembouabeka a été presque oublié et n’a à ce jour, pas pu effectuer de stage de préparation pour les mondiaux d’Allemagne. A peine un regroupement est-il prévu à Kintélé dans la ville de Brazzaville, ce qui ne semble pas suffisant pour se préparer à un championnat de niveau mondial.

Contre mauvaise fortune, Laury fait désormais donc bon cœur, tout en espérant voir un miracle se produire :

« Nous sommes quatre Congolais qualifiés pour Hambourg et les quatre nous allons hisser haut le drapeau national du Congo à Hambourg. »

 Pour son manager Ray Gassaki, la situation de son poulain laisse perplexe. Il n’est pas sûr de pouvoir l’accompagner en Allemagne.

Laury Yannick Pembouabeka a, grâce à la médaille d’or obtenue en Juin dernier, acquis une renommée qui dépasse les frontières nationales. Une médaille qui a donné un nouveau tournant à sa carrière de boxeur. Désormais, il veut se mettre à la boxe professionnelle et abandonner la boxe amateur sur laquelle il a passé plusieurs années de sa carrière.

Une ambition combien légitime pour ce jeune homme qui a débuté sa carrière au sein du club Ring Talas de Brazzaville, club dont est issu d’ailleurs l’actuel coach des Diables Rouges en boxe.

 Champion de Brazzaville et du Congo à plusieurs reprises, Laury compte à son actif une quarantaine des combats. Toutefois, le manque des infrastructures adéquates pour un meilleur encadrement des boxeurs au Congo et une préparation des athlètes à certaines compétitions constitue un handicap pour les boxeurs, d’où un appel aux autorités compétentes à prendre également la boxe au sérieux et à encourager les boxeurs qui défendent les couleurs tricolores de la Nation.

 Le travail dure, les entrainements quotidiens sont et demeurent pour le moment ces moments privilégiés de préparation, car dit-il, pour faire de la boxe professionnelle, je dois beaucoup travailler.

« J’aimerais un jour faire comme Anaclet Mwamba, qui est comme une idole pour moi dans la boxe ».

 Armé d’une conviction hors pair, Laury Yannick Pembouabéka promet de travailler encore et encore pour un jour arriver à ses fins et devenir une nouvelle référence de la boxe au Congo.

Détenteur depuis 2009 d’une licence en économie des ressources naturelles et de l’environnement obtenue à l’université publique Marien Ngouabi, Laury aime écouter la musique, notamment le Ndombolo en vogue sur les deux rives du fleuve Congo.

Friand de coucous et de la banane au poulet, Laury aime déguster ce plat ensemble avec son épouse et son petit garçon de 4 ans.

Laury Pembouabéka ne désespère pas, malgré les conditions difficiles auxquelles lui et l’équipe des boxeurs congolais font face dans leur préparation.