Monsieur Edooard, vous venez d’être classé parmi « Les 35 jeunes qui font bouger l’espace francophone en 2017 ». Comment vous sentez-vous ?

Edooard: Super. Je pense que c’est une des récompenses inédites que l’on a lorsqu’on veut être motivé pour la suite de sa carrière! J’en suis heureux.

Vous avez créé le magazine BTENDANCE il y a 6 ans. Comment est né ce projet ?

Edooard: Oui, BTENDANCE est un projet de moi et mon co-fondateur Ismael Amed. Nous souhaitions à la base réaliser un magazine valorisant la mode ivoirienne et celle de la sous-région comme le font d’autres pays anglo-saxons… Nous avons commencé par une page Facebook avec des postes et des publications sur l’univers de la mode nationale et internationale. Ce qui a suscité de l’intérêt des personnes d’ici et d’ailleurs. De fil en aiguille nous avons aiguisé notre sens du goût, ce qui a donné cette version de BTENDANCE que vous connaissez avec des couvertures mensuelles du contenu dynamique et lumineux plus un READING qui est une version feuilletable du webmag.

Quelques pages de couverture de B tendance 2
Quelques pages de couverture de B tendance 2

Quel regard portez-vous sur la mode ivoirienne ?

 La mode ivoirienne a perdu la splendeur qu’elle avait dans les années 80, 90 et début 2000. Avant on disait sans complexe PARIS LONDRES NEW YORK ABIDJAN…. Maintenant, beaucoup de choses ont changé… Nous sommes au ralenti, même s’il faut admettre qu’il y a quelques créateurs de talent qui font la fierté de notre nation à l’international. On garde l’espoir !!!

Pourquoi ce ralenti?

Tout est une question de discipline créative… Beaucoup de stylistes font peu d’efforts (finitions, productivité, créativité) et c’est bien dommage… Je pense que la mode ivoirienne a un grand potentiel, ce qui donne envie d’espérer que les choses changeront et que nous retrouverons nos forces des années passées!!!

Qu’en est-il de la mode des autres pays de la région ? Y’a-t-il un pays qui vous inspire particulièrement ?

La mode de la sous-région est fabuleuse… Celle du Mali, du Sénégal, du Bénin pour parler de l’Afrique Francophone… Mais personnellement, je trouve la mode Nigériane extraordinaire et suis inspiré par le tout créatif de ce pays… !!

Quelques couvertures de B tendance 3
Quelques couvertures de B tendance 3

La presse a des difficultés financières partout en Afrique. Et vous, comment financez-vous votre magazine ? Est-il profitable ?

Oui…! Nous ne sommes pas à l’écart de certaines difficultés, cependant, nous avons l’appui de certaines personnes exceptionnelles qui croient en nous et croient au fait que le magazine apporte le meilleur de la créativité afro culturel!!

Qu’est-ce qui différencie BTENDANCE  des autres magazines? En quoi est-il unique ?

C’est le fait d’être avant-gardiste et inspirer toujours.

Quel conseil donneriez-vous à d’autres jeunes africains qui veulent créer des projets innovants ?

Je pense que chacun de nous a des capacités de faire des choses exceptionnelles. Dieu ne nous a pas mis sur terre pour dormir. Il faut bosser dur pour mériter ce qu’on a, il faut aller de l’avant et se dépasser… Même si le succès est là il est bon de se dire constamment qu’on est au niveau 0. Et que demain n’importe qui peut nous dépasser et nous recadrer!