L’Ivoirienne Marie-Josée Ta Lou, une valeur sûre de l’athlétisme féminin africain est à la conquête du monde. Celle qui n’a plus rien à démontrer sur les pistes africaines se frotte désormais valablement avec la crème mondiale des athlètes. Si l’on connaît dans les moindres détails, ses performances et exploits de ces dernières semaines, il demeure que certains aspects de sa vie sont méconnus d’une grande partie de ses admirateurs.

L’athlétisme au détriment du football

Marie-Josée Ta Lou a vu le jour le 18 novembre 1988 à Abidjan dans une famille modeste. Son père instituteur est décédé très top. Sa mère est secrétaire. Elle est issue d’une fratrie de quatre enfants dont trois frères. Dans son enfance, elle ambitionnait déjà de réussir pour que sa génitrice soit fière d’elle.

La jeune Marie-Josée s’entiche du football et compte y faire carrière. Elle s’entraîne régulièrement à la grande déception de sa mère qui a tenté plusieurs fois de la dissuader de suivre cette voie (football féminin) qui ne paie pas en Afrique.

La future sprinteuse découvre l’athlétisme sur le tard. « J’ai commencé l’athlétisme tardivement. Avant, je jouais au football. Mais mon frère ne voulait pas que je continue parce qu’il avait peur que je devienne un garçon manqué. Comme il était professeur d’éducation physique, il avait remarqué que je savais courir. Et ses amis lui disaient que je battais les garçons à la course, sur 60 ou 80 mètres », confie-t-elle dans des propos rapportés par rfi.fr. Et d’ajouter : « Un jour, je suis allée à une détection, pieds nus et sans entraînement. J’ai battu toutes les filles qui s’entraînaient depuis longtemps. J’avais dû courir le 200 mètres en 26 secondes ». Ainsi débute une carrière qui sera marquée de frustrations, de déceptions, d’espoirs et de joies.

Etudes de médecine puis de comptabilité-Finance en France

La mère qui refuse que sa fille unique embrasse une quelconque carrière sportive l’incite à faire plutôt les études et aller le plus loin possible. Elle poursuit sa formation en médecine pendant deux années en France. Elle change ensuite de filière et s’inscrit en comptabilité-Finance.

Une bourse d’athlétisme pour la Chine

En 2010, Marie-Josée bénéficie d’une bourse de la Fédération ivoirienne d’athlétisme pour aller s’aguerrir en Chine. Elle n’était pas seule. Il y avait également Wilfried Koffi Hua, son compatriote. Tout se passe bien pour ce dernier. Mais elle passe trois années jugées inutiles.  « J’ai téléphoné au président de ma Fédération pour lui dire que je ne voulais plus rester en Chine et que je préférais rentrer en Côte d’Ivoire. Je lui ai aussi dit que si je n’avais pas de réelle  possibilité de progresser, j’allais reprendre mes études sérieusement, parce que j’étais fatiguée », se rappelle-t-elle sur rfi.fr.

Passage  au CRDD de Dakar

Le Centre de développement régional de la Fédération internationale d’athlétisme (CRDD) de Dakar au Sénégal qui forme ses pensionnaires pour le haut niveau l’accueille en 2013. Un choix payant puisque l’Ivoirienne a avoué que si elle a été dans ce centre plutôt, elle aurait été « au top ». C’était en 2016, à la vielle des Jeux Olympiques des Rio qu’elle a fait cette confidence à un reporter de la radio mondiale.

Privée de JO 2012

Bien que préalablement qualifiée et donc retenue pour prendre part aux Jeux olympiques de Londres, en  2012, les autorités de son pays lui signifient qu’elle ne peut plus faire le déplacement. Faute de ressources financières, dit-on, Murielle Ahouré  lui est préférée. Un mauvais souvenir qu’elle peine à oublier jusqu’aujourd’hui.

Son premier succès

Marie-Josée Ta Lou commence à faire son trou en 2012 lors des Championnats d’Afrique organisés au Bénin. Elle y décroche le bronze sur 200 mètres. Même médaille au relais 4×100 mètres.

Poisson d’Avril

En 2016, une partie de la presse locale annonce que Marie-Josée Ta Lou quitte l’équipe de la Côte d’Ivoire pour celle de la France. Ce qui suscite un tollé et soulève des critiques dans l’opinion le temps qu’elle ne se rende compte qu’il ne s’agit là que d’un poisson d’Avril. Une blague de mauvais goût, dirait un autre.

Les personnes importantes dans sa vie

En dehors de sa maman qui s’est résolue finalement à accepter son choix et à l’encourager, Marie-Josée Ta Lou compte sur les soutiens de son grand frère qui lui a mis le pied à l’étrier,  son coach Anthony Koffi et son compagnon…

Athlète africain de l’année

L’Association des Comité olympiques nationaux olympiques africains (ACNOA) désigne la sprinteuse ivoirienne, l’athlète africain de l’année 2015.

4è aux JO 2016

Au Brésil, aux JO 2016, Marie-Josée Ta Lou termine au pied du podium (quatrième)  respectivement sur 100 et 200 mètres. Avec des pleurs.

Surnommée par les uns la Reine du sprint africain, et par les autres  la « sprinteuse de poche » à cause de sa petite taille, à 28 ans, 1,59m pour 50 kilos, celle qui fête son anniversaire le même jour que la commémoration de l’indépendance de Lettonie, du Maroc… impressionne par son talent même si c’est sur le tard.