Vous êtes connu pour la promotion de Kluiklui. En quoi cet aliment est spécial?

Mon choix s’est porté sur le kluiklui parce que j’ai voulu redorer le blason d’une recette traditionnelle appréciée mais qui a perdu de son prestige. Etant resté dans ses formes les plus basiques, le kluiklui, pourtant nutritif et savoureux, est devenu un aliment que l’on ne mangeait pas fièrement, parce qu’assimilé aux classes défavorisées. Ce qui était évidemment une fausse perception et non une réalité. Le challenge était donc de donner une nouvelle jeunesse, un souffle nouveau au kluiklui, pour qu’il trône sur les tables d’ici et d’ailleurs.  Nous devons « rebrander » l’Afrique, mettre ses richesses en valeurs, et moderniser notre patrimoine sans en altérer l’essence.

« La clé réside, selon moi, dans la résilience, la persévérance, l’abnégation, l’exécution, et l’anticipation. Il faut se remettre en question constamment et écouter le marché »

Comptez-vous vendre le Kluiklui en dehors du Bénin ?

Oui, notre ambition est de  couvrir l’Afrique. Nous allons démarrer par la conquête de la sous-région dans les tous prochains mois, et amplifierons ensuite notre présence sur l’ensemble du continent, courant 2018. Le but est donc de vulgariser le Kluiklui d’Agonlin, mais également l’ensemble des produits que nous proposons.

Peut-on dire de vous que vous que vous avez réussi ? Et quelle est selon vous la recette pour réussir en tant qu’entrepreneur ?

Je pense qu’il n’y a pas de recettes type. La clé réside, selon moi, dans la résilience, la persévérance, l’abnégation, l’exécution, et l’anticipation. Il faut se remettre en question constamment et écouter le marché. Car bien souvent, la plupart des réponses et solutions dont vous avez besoin proviennent de lui, si vous savez tendre l’oreille.

« Je regarde le monde et la société, repère les opportunités susceptibles de me faire prospérer tout en améliorant mon environnement. Mais gardons à l’esprit que même si l’on possède des talents ou prédispositions, le dénominateur commun de tout succès, c’est le travail »

Vous vous définissez comme un serial entrepreneur. Comment devient-on un serial entrepreneur ? Est-ce que ça s’apprend ou c’est inné ?

Aucune école ne nous apprend à devenir serial-entrepreneur. Je pense que certaines personnes, comme moi, ont le désir de réaliser de grands projets dans différents secteurs pour impacter la communauté. Je ne suis pas cloisonné et  ne m’enferme dans aucune case. Je regarde le monde et la société, repère les opportunités susceptibles de me faire prospérer tout en améliorant mon environnement. Mais gardons à l’esprit que même si l’on possède des talents ou prédispositions, le dénominateur commun de tout succès, c’est le travail.

Quel est le rôle de l’Internet dans votre business ?

Internet est un des piliers de mon business. Lorsque j’ai démarré il y a quelques années, sans grandes ressources, la seule option que j’avais était d’exploiter les nouveaux média : Internet, le mobile, etc. Les réseaux sociaux particulièrement m’ont permis d’accélérer la croissance et de doper la notoriété de mon entreprise. Aujourd’hui encore, même si nous diversifions les canaux via lesquels nous sommes présents, Internet reste la pierre angulaire de notre politique de communication. C’est aussi une porte d’accès merveilleuse sur le monde, potentiel outil de développement international.

Régis Ezin. Sources: Archives

Quels sont les entrepreneurs qui vous inspirent le plus ?

Je suis très admiratif du parcours de Jack Ma, le fondateur d’Alibaba. Toutes les qualités requises pour être un véritable leader et chef d’entreprise à succès se retrouvent chez cet homme qui a eu 1000 raisons de ne pas y croire. Aujourd’hui il est à la tête d’un empire qu’il a imaginé dans son esprit et matérialisé à force de travail. Il donne également beaucoup de son temps, à travers des conférences dans le monde entier, dont il se sert pour partager son expérience, et inspirer les populations, notamment la jeunesse.

Dans la même veine, et plus près de nous, les Nigérians Aliko Dangote et Tony Elumelu. Le premier pour avoir bâti un conglomérat des plus puissants, grâce à ses qualités stratégiques, et le second pour sa philosophie, l’africapitalisme, et son implication dans la construction d’une élite entrepreneuriale africaine au sein de la jeunesse, à travers sa Fondation.

Les entrepreneurs qui réussissent beaucoup aiment lire. Est-ce que c’est aussi votre cas ? Quels sont vos livres préférés ?

Je suis un féru de lecture, et j’adore également écrire. J’avoue que depuis quelques mois, disposant de moins de temps, je regrette de ne pouvoir être toujours aussi assidu. Pour garder le cap, je mise sur les e-book que je peux consulter partout et écouter en faisant autre chose. Je n’ai pas vraiment d’auteurs préférés, mais j’affectionne la plume d’écrivains tels que Paulo Coelho, Guy des Cars, ainsi que la pertinence d’un Robert Kiyosaki ou encore d’un Napoléon Hill.

Quel conseil pouvez-vous donner aux autres jeunes Africains qui veulent créer leurs entreprises ?

Si personne ne croit en votre idée, alors peut-être que c’est la bonne! Foncez, croyez en vous, et en votre projet. Investissez-vous sans limites mais ne laissez pas la passion vous emporter; gardez une part de réalisme, car c’est seulement ainsi que vous pourrez vous remettre en question et améliorer progressivement votre projet. Le monde vit à l’heure africaine.