Certains Guinéens font le lien entre le buzz suscité par les fautes en français de la ministre Sanaba Kaba et son limogeage mercredi.  La ministre de l’action sociale, de la promotion de la femme et de l’enfance est connue pour ses fautes, même à la télé, fait observer par exemple Fodé Kouyaté, président de l’Association des bloggeurs de la Guinée (ABLOGUI); même s’il ne peut confirmer le lien entre ces deux faits.

 

Le démenti du compte officiel du gouvernement à propos du compte twitter truffé de fautes et attribué à la ministre ne convainc donc pas. Il y a quelques jours, une série d’activités relayées sur le compte incriminé a provoqué une vague de réactions sur Internet. Plusieurs Guinéens ont tourné en dérision ces posts. Ce buzz se calme à peine que la ministre est évincée de son poste.

Sanaba Kaba, l’exemple d’une négligence sur les réseaux sociaux ?

Les réseaux sociaux sont de puissants outils de communications. Ils sont des couteaux à double-tranchant, avertissent souvent les spécialistes de la communication digitale. Sans grande culture du numérique et en sous-estimant la force des réseaux sociaux, on se fait du bad buzz. C’est sans nul doute ce que la ministre Sanaba Kaba va apprendre à ses dépens.

Sur un compte facebook au nom de la ministre Sanaba Kaba, la présentation de la ministre est erronée. Il y est écrit ‘’ministre de l’action social’’, erreur soulignée en rouge sur cette capture

Mais au-delà, cette actualité guinéenne repose le réel problème du personnal branding, surtout pour les personnalités. Faut-il se laisser aller, rédiger à la va-vite, sans soin ; en négligeant la grammaire et l’orthographe ? Certainement pas ! Et c’est bien valable pour tous les usagers. Si l’on tiendra rigueur aux personnages publics, ceux qui utilisent ses nouveaux outils devraient garder à l’esprit qu’ils forgent leurs personnalités de demain.

 

Le Buzz Sanaba Kaba, que retenir ?

Les abréviations à outrance, les argots et même les fautes fragrantes sont de nature à décrédibiliser. Et, pour les personnes publiques, ces manquements ne peuvent que conduire à des situations fâcheuses. C’est pourquoi, les comptes officiels de personnalités et institutions devraient être aux mains de professionnels de la communication digitale. Le cas Sanaba Kaba devra servir d’exemple pour bien de responsables et leaders africains sur le web.

Les autorités guinéennes ont tenté de dénoncer le compte attribué à la ministre, sans en dire davantage sur le vrai ! Voilà qui réconforte l’argument de ceux qui ne croient pas en la version officielle. Le compte créé en août 2017 pourrait être l’œuvre d’une novice faisant ses premiers pas sur twitter et qui s’est confronté à la dure réalité. Si Sanaba Kaba devrait s’exprimer sur twitter, elle, comme toutes autres personnalités guinéennes, devrait confier cette mission à des professionnels.

 

Pour finir, les gouvernants ne devraient plus prendre à la légère le tort que cause aux apprenants, la banalisation des règles d’orthographe et de grammaire sur les réseaux sociaux. De quoi penser à de réelles adaptations des systèmes éducatifs.