L’actualité sociopolitique de ces derniers jours, au Togo, caractérisée par « une tension rare », ne laisse pas indifférentes les églises Evangéliques Presbytériennes (EEPT) et Méthodistes du Togo (EMT). Dans une lettre publiée ce jeudi 24 août elles disent être « convaincues que la mise en œuvre rapide de réformes constitutionnelles et institutionnelles prenant en compte les aspirations profondes et légitimes du peuple togolais constituerait une solution opportune à la situation de tension que le pays vit depuis un certain temps ».

Sous le titre « appel à la paix et à l’unité », les deux grandes communautés religieuses du Togo sont revenues sur le contenu d’une lettre pastorale publiée par elles en juin dernier et qui prédisait la situation qui prévaut actuellement dans le pays marquée par des manifestations de contestation du pouvoir réprimées dans le sang.

« Dans notre exhortation pastorale de juin 2017, nous vous avions invité à vous engager dans le Pèlerinage de la Justice et de la Paix. Après avoir fait l’état de la situation socio-politique de notre pays, nous vous avions demandé d’éviter un certain nombre de comportements tels que le tribalisme et « l’ethnicisme » qui constituent de véritables dangers pour notre vivre ensemble. Nous avions également attiré l’attention des acteurs politiques sur l’urgence des réformes car disions-nous : « la lassitude qui s’observe au sein de la population ne doit pas nous conforter dans nos sécurités en misant sur un sentiment de désintérêt. Cette lassitude peut au contraire, s’avérer dangereuse dans la mesure où elle peut constituer le lit pour le développement des positions extrémistes et donc menacer la stabilité et la paix du pays » », ont rappelé les deux églises co-signataires des déclarations de juin et de ce jeudi.

« Malheureusement les événements survenus le 19 Août 2017, à Lomé ainsi que dans les grandes villes du pays, ont confirmé la pertinence de notre analyse et renforcé nos craintes », ont constaté les églises, invitant les uns et les autres, face au climat sociopolitique qui prévaut, à une introspection et à réexaminer, à la lumière de sa conscience, les actes que posés ces derniers temps  ainsi que les paroles et messages mutuellement lancés les uns les autres.

« Nous vous rappelons que notre unité en tant que peuple est le fondement de notre vivre ensemble. Autant que cela dépend de vous, évitez les attitudes et les langages susceptibles de discriminer et/ ou de stigmatiser telles ou telles composantes ethniques de notre pays. Car au-delà de nos différences, nous sommes des fils et des filles d’un même pays et la lutte pour la démocratie ne doit être dirigée contre aucun groupe ethnique en particulier », a poursuivi la déclaration.

Les deux églises concluent en condamnant les actes de violence qui ont malheureusement ôté la vie à certaines personnes et rappellent avec force le caractère sacré et sanctifié de la vie. Elles invitent à s’abstenir de toutes représailles ou vengeance ainsi que des actes de provocation ou de destruction de biens publics susceptibles de compliquer davantage la situation actuelle.